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Pour une pratique exploratoire du quotidien :une rééducation vitale.

4102010

Cela fait bientôt deux ans que j’ai commencé ce blog.

Cheminement Beaucoup de chemin parcouru mais je n’ai pas encore fini mon périple. Mes objectifs commencent à peine à prendre forme. J’ai décidé de mettre en ligne un journal pour pouvoir partager ce que je ne pouvais plus me résoudre à vivre seule. Depuis l’adolescence, j’ai vécu d’intenses souffrances toutes liées à ma difficulté à vivre seule ; je n’ai d’ailleurs pas été capable de vivre seule, vivant en couple des relations désastreuses, incapable de gérer mon argent, incapable de finir mes études correctement, ne devant mon salut qu’à des capacités intellectuelles suffisantes pour compenser mes errances et à mon obstination ; j’ai réussi un concours pour devenir enseignante et malgré des débuts chaotiques (une démission récupérée in extremis, des congés maladie fréquents) j’ai trouvé la force de m’accrocher à mon travail et à … mon compagnon du moment.

Dès que je me retrouvais seule, je passais mon temps repliée sur moi, morte de trouille, ayant peu de relations suite à de nombreux déménagements et un divorce. J’arrivais de temps à temps à fonctionner normalement pendant quelques mois, pleine d’enthousiasme, pleine de projets mais je trébuchais vite, toujours angoissée, toujours obsédée par mon compagnon et me sentant mal aimée, trahie, délaissée ; toujours cherchant à dire à mon entourage ce qu’il convenait de faire alors que je devais m’y reprendre à dix fois pour avoir le courage de mener une tâche à bien, étant sans cesse en train de m’analyser, me critiquer, me dévaloriser ; ayant des crises de colère, des crises de boulimie et toujours ces dépenses compulsives qui nuisaient à tout projet.

Voulant rompre tous les six mois, cherchant tous les six mois à déménager. Voulant tous les six mois changer de travail ou refaire mon intérieur. Une angoisse monstrueuse commençant à me bouffer le bide, mes intestins , mon dos ; beaucoup de difficultés pour dormir et pour éprouver du plaisir, à l’affût du comportement de mon compagnon, lui faisant des scènes de jalousie, lui reprochant tout, cassant des objets, complètement rongée par la colère et sans elle, abattue, mangeant et dépensant pour ne pas retomber, ne sachant pas faire autre chose que rien ou tout frénétiquement.

Et puis, un jour, j’ai eu tellement mal que je me suis couchée par terre et que j’ai attendu, je croyais que j’allais mourir, j’en pouvais plus, et je me suis dit  que je jetais l’éponge, que je restais là et que j’allais prier.

J’ai vécu quelques moments de grâce, mes larmes ont coulé, coulé, coulé et j’ai ressenti une sorte d’apaisement à travers lequel j’entendais la nature m’appeler, la sur le sol, j’étais en contact et j’entendais la nature ; je me suis sentie animale et des gémissements sont sortis de moi.
J’ai compris que j’étais un animal blessé et que je devais retourner auprès de ma Mère Nature pour guérir, qu’il fallait que je sois modeste et que je profite du soleil, de la lumière, des odeurs, de la douceur d’un contact, j’ai toujours eu des chats et je me suis sentie féline.


Depuis ce jour, la volonté d’apaisement l’a emporté sur la douleur et l’agitation ; je suis encore bien loin de la sérénité car ma blessure se rouvre encore et je vis  encore parfois des moments tempétueux ; mais ce n’est plus pareil qu’avant, ce ne sera plus jamais pareil,  une certitude, un guide sont là à mes côtés et me disent de faire confiance et de me laisser aller, de me recontacter à cette Mère Nature.

Je ne  sais pas si je peux appeler cela de la foi ; je sens que quelque chose de sacré est là ; la dimension de la condition humaine m’inspire le plus grand respect et la Nature est pour moi un temple. Je crois que j’ai commencé une démarche spirituelle ; auparavant, j’étais capable de réfléchir, de philosopher mais il me manquait cette prise de conscience et cette expérience du lâcher-prise.

Le quotidien est maintenant le compagnon avec lequel je souhaite avoir une relation riche, profonde, intense et respectueuse.

L’homme avec lequel je vis n’est plus ma divinité. Ce statut m’empêchait de construire avec lui une relation réelle, équilibrée. Je croyais qu’il pouvait tout pour moi et qu’il n’avait pas le droit d’être faible, malade, infidèle, désorganisé, qu’il devait être toujours disponible, toujours un amant parfait et sans désirs extérieur à moi.

Tout ceci était inconscient. Quand je me suis rendue compte de ce qu’impliquaient ma souffrance, mes douleurs, mes incapacités, mes exigences, mes demandes, mes agitations, mes dépenses, mes sermons, quand je me suis rendue compte que je refusais le quotidien, que je savais posséder plutôt qu’aimer, j’ai été horrifiée.

Il y a eu encore le déni, il est d’ailleurs  encore à l’oeuvre parfois. Il y a eu aussi le dégoût. Et puis, j’ai appris à me pardonner, à écouter mes cris d’enfant apeurée, à me consoler, à m’écouter, à me découvrir, à laisser le temps faire son oeuvre, à mettre en place des rituels, à me poser.

Pour vous donner une image, auparavant, j’avais du mal à faire deux fois de suite la même chose. Les autres m’ennuyaient vite. Aller deux fois dans le même magasin m’embêtait. J’aimais l’excitation de la nouveauté qui fait qu’on ne voit pas les défauts et que les autres ne nous connaissent pas non plus. Sans cette excitation, du mal. Des difficultés à vivre sans l’excitation de la nouveauté ; ne pas vouloir s’attacher, bouger pour éviter d’entrer en contact avec ma solitude intérieure, mon immaturité.

Et je vivais dans l’attente d’un événement, une journée à la maison et je pensais que mes enfants allaient s’ennuyer. Je fuyais le vide et courais après l’amour des autres tout en me cachant d’eux et en me heurtant à tous les vampires du coin,  proie idéale des narcissiques, championne du monde des compli-menteuses.

Une course folle et superficielle.

Quand j’ai commencé à apprivoiser mon quotidien, j’avais parfois du mal à me lever de mon lit et à marcher et j’ai dû réapprendre à marcher. Du moins, en sentant mes jambes.
Depuis presque cinq ans, je suis partie à la découverte de mon quotidien. Je n’étais jamais à ce que je faisais et j’étais toujours pressée. Je n’avais pas le temps donc souvent je ne finissais pas ce que je commençais ou je bâclais.

En quatre ans, j’ai appris : à tenir un agenda,  à être capable de découvrir  ce que j’aime vraiment , à construire une amitié -j’ai échoué plusieurs fois avant d’y arriver,  ayant eu  l’habitude de me lier à des personnes toxiques, reproduisant mon modèle relationnel familial  ; aujourd’hui, j’apprends tout doucement à  construire et entretenir des amitiés riches et équilibrées, respectueuses de l’un et de l’autre. A oser avouer mes faiblesses et à échanger avec vous. A transmettre aussi mes connaissances, mon expérience.

Ce quotidien là est très différent : il y a moins de clinquant, de grandes déclarations, de promesses grandiloquentes ; mais plus de chaleur, de sincérité, d’humilité, plus d’échange, de pudeur et rien ne se fait trop vite, je me sens acceptée telle que je suis; je sais vivre ma colère de manière respectueuse, je parviens à me souvenir des bonnes choses et à laisser mon compagnon vivre sa vie, je commence à accepter mon corps…

Ce quotidien là se déroule paisiblement jour après jour et la répétition et le rituel sont des éléments apaisants ; jour après jour, j’apprends à être plus sincère, plus juste, à oser dire ce que je ressens mais j’apprends aussi à respecter mes limites et celles des autres ; j’ai beaucoup à faire car il m’était plus simple auparavant de tenter de contrôler tout le monde autour de moi et de faire remarquer à mon entourage tous ses disfonctionnements … et j’accumulais ainsi les problèmes ne prenant pas le temps de les régler et en voulant à tous ceux qui m’en empêchaient …
Je sais maintenant que je n’ai plus à être paralysée par la peur, coincée dans le rôle de celle qui doit gérer les humeurs terrifiantes des grands et les consoler ; je peux maintenant enfin m’occuper de moi, apprendre à vivre ma vie.


Quand on en a fini avec le contrôle et l’intrusion, il faut faire face à un énorme chantier : notre vie est un vrai désastre ou tout est en bazar, où la logique, le bon sens et la stabilité manquent ; alors, courageusement, jour après jour, il faut remettre de l’ordre, se découvrir en acceptant de passer des semaines dans un état proche de la dépression profonde car à force de s’occuper des autres, on ne se connaît absolument pas et c’est si angoissant de se dire qu’on ne sait pas quoi faire ni par où commencer .
Ce chantier de construction personnelle, je l’appelle « la pratique exploratoire du quotidien » ; à travers un cheminement qui passe par les activités ancestrales de l’homme : se nourrir, s’abriter, échanger, se distraire, travailler … retrouver le contact avec ses valeurs. Apprendre à vivre.

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Vite mon « jeu favori » ou l’instructive rechute…

23082010

blog.jpgElle arrive toujours, quand on s’y attend le moins, la rechute… 

On se croit guéri, devenu suffisamment fort pour ne plus revivre les mêmes schémas, ne plus tomber dans les mêmes comportements nuisibles, puériles, risibles parfois mais qui furent longtemps nos seuls moyens de gérer la crise sans nous foutre en l’air car le DA a des fois tellement mal qu’il ne ressent pas l’envie de mourir, non, mais il a l’impression d’être foutu, mort, enterré et spectateur de son agonie, l’horreur absolue quoi, là, j’avoue, j’utilise l’humour pour ne pas vous effrayer mais soit vous avez compris, alors inutile de préciser la description, soit vous me prenez pour une cinglée ou une fille qui dramatise et vous faites certainement partie de l’entourage d’un DA, venu ici pour tenter de nous  comprendre,  en vain  et nous invectivant  une fois de plus de  : « arrêtez votre cinéma, votre  mélo, votre psychodrame… pas encore mort(e), c’est la centième fois que tu fais ta valise, tu devrais la laisser à côté de la porte, on gagnera du temps ?  »

Oui, ce jour fatal de la rechute est inéluctable.

Et ce jour-là, on se précipite immédiatement dans la malle aux souvenirs en s’écriant : 

« Vite, mon jeu favori !!!! »

Ainsi, nous avons eu l’habitude – inconsciente le plus souvent- de jouer un rôle pour attirer l’attention d’une personne de notre entourage, le DA ayant besoin de beaucoup de preuves d’amour, constamment, et se débrouillant souvent pour choisir comme compagnon une personne avare de démonstrations affective, tiens, tiens, pas de hasard, il s’agit de perpétuer notre mauvaise estime de nous, et d’entériner notre manière de fonctionner si bien ancrer : « je ne suis pas aimable, la preuve… »

Alors, la rechute, un jour de fatigue, un jour où la garde est baissée, où les nerfs sont à fleur de peau et ou une autre personne en tirerait la simple conclusion qu’il vaut mieux aller se coucher, ou rester chez soi ou se faire un ciné ou ou ou … pas nous, nous nous offrons pour pas un rond une séance grandeur nature de méli mélo…

  »Vite, mon jeu favori !!!!!!!!! »

Par exemple, notre DA (prenons une femme, pour flatter les statistiques )dépensière compulsive et paradoxalement, malgré des milliers d’euros de crédits,  elle assure un max du moins elle contrôle tout dans son foyer, elle est  accablée de responsabilités, la pauvre, elle a choisi comme compagnon un éternel adolescent, qui s’achète des foules de gadget mais n’a aucune épargne, roule en vélo et lui laisse le soin d’entretenir la voiture , n’ouvre pas ses relevés bancaires et n’a plus de sou le quinze du mois,  lui emprunte parfois de l’argent alors qu’elle a un découvert abyssal, bref, la fille qui est paradoxalement devenue dépensière compulsive parce qu’elle était hyperresponsable et vivait depuis sa naissance dans une famille irresponsable… payer pour les autres, les autres lui faisant payer, payer à la place des autres, payer pour que les autres l’acceptent, payer, payer, vous me le payerez …

Et donc son jeu favori à cette dépendante affective ( les comportements compulsifs étant souvent des moyens de gérer l’angoisse mais aussi de tresser des relations inextricables avec son entourage) qui se sent rejetée dans sa famille  et qui se considère aussi comme co-dépendante ( on est souvent aussi dépendant de ceux qui sont irresponsables car dépendants…) c’est « regarde comme je suis une fille beaucoup plus irresponsable que toi, j’ai plus d’argent, j’ai des dettes, ne m’en veut pas, aide-moi… ».
En jouant ce jeu, elle protège l’autre joueur, lui redore son image, prend toute la culpabilité, la responsabilité du désastre, se met dans la position du paratonnerre. 

Des variantes du même jeu : la fille super étouffante qu’il faut quitter, ou trop jalouse, ou trop pressante… face à un homme qui fuit, qui a peur de l’engagement, qui est instable et qui profitera de ce jeu pour quitter l’autre qui suppliera et obtiendra que l’homme reste mais à quel prix, et pour combien de temps, sans que lui n’ait à se remettre en cause… et on peut interchanger les sexes bien sûr…

Bref, pourquoi ce jeu favori de la part du DA ?

Je parie que vous avez deviné : parce qu’ainsi il a un bénéfice caché : il obtient enfin toute l’attention de son joueur préféré qui justement autrement a tendance à l’ignorer, oui, l’autre, l’aimé(e), l’adoré(e) devient enfin gentil et prévenant pour quelque temps et cela permet au DA de surmonter sa crise, d’avoir sa dose d’affection même si souvent il a honte de son comportement de quémandeur.

Voilà le jeu. et depuis qu’elle marcjhe sur le chemin de l’indépendance, en gérant ses problèmes et en lui laissant les siens, notre DA se retrouve avec un homme souvent méfiant, froid, inquiet, en colère, parfois même dépressif, ayant perdu ses repères, obligé de se remettre en question…

Que faire alors ?

Surtout ne pas abandonner ce chemin vers l’autonomie, vers la juste responsabilité, vers la dignité. 

Si le jeu recommence, être indulgent avec soi, se regarder faire, écouter ses émotions qui finalement en disent plus long que le reste : quelles émotions n’arrivaient pas à sortir ? les repérer et réfléchir, après la crise, calmement au moyen de les gérer sainement, en remplaçant le jeu malsain par une prise de risque saine : la demande (article à venir).
Se prendre en charge tendrement et quitter le jeu sur la pointe des pieds…

Sans dramatisation, sans culpabilisation.

Et, chaque fois, sentir que cela devient moins violent, moins long, moins fréquent, qu’il arrive même que le jeu n’ait pas lieu. Ce sont des sales moments à passer qui deviennent des apprentissages d’amour ! Oui car souvent le jeu est là à la place de l’intimité. Alors, sortir du jeu, gérer les émotions, c’est s’offrir un passeport pour l’intimité et cette lutte n’a aucun prix.

Ainsi, petit à petit, le jeu s’estompe, quitte la surface relationnelle, devient un habit trop grand, un costume que l’on garde dans son armoire comme un souvenir d’enfance bariolé…

On peut approcher l’autre sans en mourir à chaque fois et au début, simplement laisser l’autre à ses responsabilités sans lui refiler les miennes ou prendre les siennes.

Puis, avec du temps entre ces deux ex-joueurs, la solidarité pourra sans doute se nouer et ils parviendront ainsi à unir leurs forces dans la même direction en partageant le fardeau, en portant ensemble et de manière équilibrée leur relation.

Des jeux de collaboration pourront ainsi remplacer les jeux de pouvoir.

En attendant, bon courage et n’oubliez pas de rependre votre costume bariolé dans votre armoire à souvenirs, il pourrait encore servir…

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Quitter l’annuaire des abonnés absents, jeter la citrouille pourrie : le découragement dans la lutte du DA

18082010

blog.jpgCe soir, j’ai décidé de livrer un peu de mes émotions, de mes hésitations et de montrer vulnérable car je sais que c’est un luxe que je ne veux plus manquer de m’offrir et je sais également à travers vos messages que nous sommes nombreux et nombreuses à lutter pour ne plus nous laisser absorber par un ou plusieurs autres…

Tout d’abord, je trouve qu’il est si difficile de construire jour après jour ce blog, que je me sens parfois complètement découragée. Je me dis qu’il ne s’agit que d’une goutte d’eau et que cela ne sert à rien, j’ai souvent la même impression quand je regarde le chemin parcouru : je suis si vite tentée de retourner à mon comportement infantile et à avoir envie de jouer la petite fille malheureuse qui se fait avoir par tout son entourage, qui essaie d’acheter son entourage pour recevoir enfin un peu d’amour…
Oui, je sais maintenant m’arrêter au bord de la falaise, mais certains jours, c’est si dur, si douloureux, si compliqué, j’ai tellement l’impression d’être glacée de solitude et écrasée sous un fardeau que je me dis, tant pis, abandonne, lâche tout, ferme boutique, avoue dans ce blog que tu n’es qu’une usurpatrice qui tente de faire partager une expérience et accompagner d’autres naufragés, j’en deviendrais presque cynique, j’entends le chant des sirènes : appelle cet homme qui te donne l’illusion d’être aimée, va faire un peu de shopping, sois gentille avec tes copines et appelle-les, même celles qui prennent sans rien donner en échange… bref, j’ai envie de me rouler dans la dépendance et ses mirages si délicieux… mais qui ne durent que quelques instants et se transforment en citrouille pourrie avant minuit !

Voilà un titre d’article qui ne sera jamais bien classé dans les moteurs de recherche et qui fera errer les amateurs d’annuaires ou de courges…

En attendant, j’avoue, j’ai vécu 24 heures de découragement et je voyais se pointer les uns derrière les autres tous les jeux relationnels dans lesquels je m’empêtrais auparavant et que je fuis comme la peste maintenant, j’avais beau faire, c’est comme si autour de moi mes proches se déchaînaient et jouaient leur plus beau rôle…

Un festival : mon compagnon qui rejoue une énième fois la scène de la dispute avec sa fille au motif que la mère de celle-ci, son ex, est une alcoolique irresponsable et qu’elle ne sait pas s’occuper de sa fille mais dans le même temps mon compagnon ne s’occupe absolument pas d’elle (sous divers prétextes) et me voilà en train de gérer la gamine que ni l’un ni l’autre des parents ne gère et elle m’utilise à son tour pour me coller le rôle de la belle-mère autoritaire… résultat : je m’occupe d’elle pendant quinze jours, je lui file mon bureau perso car elle n’a pas de chambre… et elle prend la fuite dès que les obligations se profilent… je n’ai plus de bureau alors qu’elle ne vient que quelques jours dans le mois et son père pour se déculpabiliser me propose le sien…

Je pourrais continuer, tous les jeux auxquels on a voulu me faire participer cette semaine s’appellent : » t’es vraiment pas sympa ou t’es une mégère  » (jeu qui consiste à fuir toute responsabilité en faisant croire à l’autre qu’il est vraiment trop méchant et donc en vous collant le rôle du persécuteur /empêcheur de tourner en rond) ;   » arrête, cela me rend malade » (jeu qui consiste également à fuir en mettant en place un chantage affectif ou une pathologie exagérée, simulée, théâtrale pour me garder à distance, pour éviter d’avoir à se remettre en question, pour fuir une responsabilité et me la coller , rebelote…) !

J’ai passé trois semaines   à gérer trois enfants qui ont deux pères différents et deux mères différentes soit 4 adultes … et où étaient les 3 autres ????? !!!! Et je suis allée voir mes parents qui eux aussi se comportent comme des enfants … J’ai eu donc 5 personnes à gérer pendant une semaine.

Et il m’a fallu des années pour me rendre compte que c’était moi qui était responsable de cette situation en autorisant ces autres adultes à me fourguer leurs responsabilités.


Alors, je me suis sentie au fond du gouffre, l’impression de stagner, le découragement…
Surtout que pour toucher leur prime de déculpabilisation ces autres adultes s’arrangent pour que je pète un plomb et pour jouer à la « vilaine maman qui gronde trop ses enfants »…

Mais j’ai serré les dents, j’ai souri aussi et je n’ai pas pété les plombs. J’ai accusé le coup. Comme une ultime semonce de l’ennemi, un barroud d’honneur… Et je me suis dit que ce barroud annonçait ma guérison, s’ils se donnaient tous tant de mal et que j’étais encore debout, entière et finalement que, pour une fois, j’étais encore bien droite dans mes bottes et fière de moi, épuisée, dévastée par ce triste bilan de mon passé mais fière de moi.

Fière d’avoir su éviter l’engrenage de ces jeux : en utilisant l’humour, le lâcher-prise, la méditation, la respiration, la pensée positive, la prise de distance, les autosuggestions, l’explicitation des enjeux cachés…

Bref, fatiguée, découragée mais plus que jamais présente et incapable de croire un seul instant que la citrouille était un carrosse, plus envie de jouer. STOP

Je vais encore trimballer les conséquences de mes jeux passés pendant quelques temps, je vais encore avoir à gérer des séquelles mais je ne pourrais jamais plus perdre de vue ma dignité et je connais maintenant mes responsabilités. Je saurai les assumer sans jamais plus prendre en charge celles des autres ou négliger les miennes pour m’occuper de celles des autres ou me sentir coupable de ne pas en faire assez.
Je saurai laisser les autres s’empêtrer dans leurs difficultés sans interférer. Je n’aurai plus peur de quitter l’autre ou d’en être quitté. Je suis devenue clairvoyante.
La semaine dernière mon père me disait que « j’avais de la merde dans les yeux » et c’est vrai que depuis que je suis petite je ne vois pas clair, que j’ai une très mauvaise vue ; lui sous entendait que je ne me rendais pas compte de ce qu’il vivait, de ce que ma mère vivait et donc que j’étais une sorte d’inconsciente, irresponsable… en fait, il avait tort et raison.
Tort : je suis celle qui justement fout la merde en regardant et en voyant ( « il voit la merde dans mes yeux ! »).
Raison : ne pas voir m’a sauvée et cette semaine, tout ce que j’ai vu m’a profondément bouleversée, attristée et fait comprendre l’origine de ma dépendance affective : en quête d’amour, accepter d’être la méchante pour absoudre mes parents de toute responsabilité.C’était bien moi la responsable depuis toutes ces années.
Je ne sais pas ce qui en découlera dans les prochaines semaines, les prochains mois. Je pense que je ne serai pas à l’abri de quelques rechutes mais j’ai enfin gagné le sentiment d’être capable de me préserver de ces assauts, de me construire une vie paisible.
La dernière représentation a eu lieu. La citrouille était plus que pourrie. Je me sens à la fois triste ayant enterré mes illusions et en même temps sereine comme jamais.
J’ai compris que je pouvais compter sur moi. Que le découragement me donnait la mesure de ce que je prenais en charge et que je n’avais pas à faire.
Je vous souhaite de toujours garder une petite pensée de compassion et de tendresse pour vous, l’enfant que vous étiez, celui que vous êtes en train de voir naître pour ne pas que la citrouille pourrie vous empoisonne et que vous n’ayez pas l’impression que vous êtes condamnés à dépendre de ces relations si improductives !

Bonne route à vous y compris les jours de découragement. Je vais encore laisser ce blog en vie, les tentatives de sabotage ont échoué :) )

Ysyade.


Cheminement




Journal de ma dépendance. Le sentiment de solitude.

14062010

photo142.jpgFévrier 2009, il y a déjà plus d’un an,  je vis pour la énième fois un moment difficile, un de ces moments qui m’englue, qui me paralyse, le sentiment de ne pas arriver à sortir des mêmes impasses. Je tente de le décrire dans mon carnet, je vous le livre :

 » Je sais maintenant ce que je souhaite, ce qui me convient, les valeurs que j’apprécie et je trouve cela complètement ridicule de continuer les mêmes actes frustrants tout simplement parce que je vis toujours avec la peur de me retrouver seule.

Pas question de poursuivre une minute de plus dans ce sens, je veux affronter ma peur.

Cet après-midi, j’étais clouée au lit, incapable de faire quoi que ce soit, ayant le sentiment d’être dégoûtée de la vie mais en même temps, une voix me disait : « Accroche-toi, tu vas y arriver, là tu as pris un direct dans la « gueule » mais tu n’es pas KO, relève-toi, poursuis ton chemin, ce n’est pas une fatalité, ne te laisse pas bouffer. »

J’ai eu peur. Clouée au lit. Après une violente colère contre mon compagnon. Une de plus. Lui demandant un tas de choses. Nous nous  enfermons dans un silence hostile. [Provoquant chez lui un recul dont je comprends bien mieux la nature un an après]Ironie du sort, sur mon bureau, un de ces bouquins à la con dont le sous-titre claironne : « Qu’est ce qui vous empêche d’être celui que vous voulez être et de mener la vie dont vous rêvez ? »,  et qui finalement ne vous propose que des phrases et aucune véritable action à mettre en place…  et puis, quand je suis en plein dans une tempête affective, je sais moi, ce qui m’en empêche, c’est que j’aimerais que mon compagnon ne soit qu’à moi, mon poupon, ma chose et je prends conscience de cette horreur,  que la dépendance affective me transforme en ogresse, que je ne veux plus de ces impasses et que, en général, pour corser l’affaire, le dépendant se choisit un compagnon ou une compagne particulièrement abandonnique…

Bon. Ce jour-là, c’est encore le livre Ces femmes qui aiment trop qui va m’aider.

Et l’embryon de ma démarche. La seule piste sur laquelle je peux compter, la seule chose à faire maintenant que je suis arrivée au bout, je ne veux pas finir invalide ou cinglée, que sais-je, cette chose est si violente..

Je dois arrêter de contrôler les autres, de vouloir régenter la vie de mon compagnon même quand je crois que je le laisse libre, je dois me concentrer sur moi, sur ce que j’ai à faire, je dois enrichir mon quotidien, m’autonomiser, faire des choses seule, vraiment seule.Cela semble simple et évident. Les jours qui suivront me montreront l’ampleur de la tâche. Cela métamorphosera mon quotidienmais lentement (clin d’oeil à la révolution lente d’Ivan Illitch chantre de la simplicité volontaire, mouvement de pensée que j’apprends à découvrir et qui  m’apporte beaucoup dans la définition de mes priorités en remettant au centre de ma vie l’être et non l’avoir… )

Ancrer des rituels. Tenter des actes, essayer des activités, enrichir ma vie individuelle ..

Certains rituels sont des outils en cas de tempête … Voir ma rubrique « outils de survie »‘.

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Dependance affective : 2 juin 2O1O/ Se prendre à l’essai

13062010

ombreetmiroir.jpgJ’ai enfin accepté de faire un essai de moi … un moi au mois en quelque sorte …oui,tiens, je m’envoie ma lettre d’embauche : je me prends à l’essai !

Sans plus m’imposer les besoins, désirs, obligations et convenances de l’extérieur, d’autrui, du milieu ambiant.

  • Faut-il, par exemple, acheter une voiture, vivre dans une maison, être au sommet de l’échelle sociale, avoir un doctorat pour être quelqu’un de bien , quelqu’un d’admirable ?

Cette pression du « il convient » était mienne et faisait que j’errais d’objectif factice en objectif factice.

Je ne souhaite pas devenir excentrique ou marginale, je souhaite simplement pouvoir vivre mes envies et mes idées sans être ma pire juge ; parfois, je ferai la même chose que tout le monde, et avec plaisir en plus ; d’autres fois, je serai seule à le faire et ce sont ces fois là les cauchemars des dépendants affectifs, du moins me semble-t-il.

Il m’arrivait ainsi de relever la tête et de me dire :

- qu’est-ce que je fous ? J’ai pas envie de faire ça, c’est pas du tout mon truc à moi !

Par exemple : j’ai voulu passer au moins trois fois l’agrégation, je m’en tape ; j’ai voulu obtenir une licence de psycho, je m’en tape ; j’ai voulu m’inscrire dans la communauté OVS, ça me débecte ; j’ai ma face sur Facebook, ça me donne la gerbe, j’ai voulu devenir la reine de la déco d’intérieur, je me suis presque lyophilisée à force de superficialités, j’ai voulu être une fille, une mère, une soeur, une voisine, une amie parfaite et j’ai failli en crever… 

Bon? 

Ceci renouvelé des dizaines de fois provoque une angoisse terrible et un sentiment violent d’absurdité qui est très dangereux car le néant ainsi approché, il est difficile de continuer à trouver un sens à sa vie et du coup, tout devient sombre et compliqué.ombreetmiroir.jpg

Alors je me suis dit :

- Sois courageuse, après tout, la souffrance est là,, bien là, que risques-tu de plus en laissant tomber complètement ce qui t’est étranger te semble vain ? 

Le risque, c’était la solitude exacerbée.
Le risque, c’était le vide.

Le risque, c’était l’incertitude.

Le risque, c’était l’impasse.

- Et si je ne trouve rien ?

Le risque c’était de retourner dans l’ennui de mon enfance !

Mais la souffrance était bien là, grandissante.
Alors j’ai accepté de faire enfin le pas : de me prendre à l’essai. Sans rien d’accessoire. Moi. Nudité. Authenticité.

Plein de choses sont restées sur le rivage après mon départ, tous ces bagages inutiles (je pense à une parabole contenue dans le livre du Lâcher Prise de Guy Finley) depuis que jeme suis honorée de ma présence :

- La course aux diplômes ou le mythe de l’éternelle étudiante :

j’avais tellement besoin de faire croire que j’étais la plus intelligente, j’avais tellement besoin de faire plaisir à ma mère qui voulait que j’aille loin , loin – j’y suis allée : si loin de moi ! - 

- La course à l’apparence physique : sexy, plaire, ne jamais être éconduite par un homme… sentiment d’être un objet, malaise grandissantemoticoneemoticone… aujourd’hui, je préfère l’éco-conduite relationnelle CoolRire

- La course aux biens et aux loisirs : occuper mes journées, sortir, découvrir, faire les boutiques, être chic, avoir des nouveautés, me plonger dans ma piscine emoticone

Du coup, j’en ai déduit un contrat à écrire et à joindre à votre essai :

«  Aujourd’hui, balance tout ce qui ne t’est pas familier, proche, sincère,plaisant ; conserve ce qui tepermet d’assumer ton quotidien ou alors modifie ce qu’il faut jusqu’à ce que tes responsabilités te semblent acceptables et correspondre à ce que tu es vraiment. Garde toujours les pieds sur terre et n’hésite pas à faire plusieurs essais, à changer d’avis, à te tromper, à hésiter avant que de réussir, t’engager, bifurquer etc. Sois donc le conducteur de ta vie et l’administrateur de ta vie spirituelle. »

Mon pays était sauvage et inculte. Je n’ai pour l’instant pu m’installer que sur une petite parcelle et qui reste très exposée aux intempéries. J’espère pouvoir explorer bientôt d’autres aprcelles dès que j’aurai sécurisé mon camp de base.  ombreetmiroir.jpg

 

 

 

 

 




Hommage à l’adolescente que je fus.

6092009

8 janvier 2009.

Ce soir, il m’est extrêmement douloureux d’admettreque j’ai construit mon couple jusqu’ici sur une relation de dépendance et que mon compagnon est le plus souvent un partenaire distant, refusant l’intimité et en tout cas qui occupe beaucoup mon esprit, ce qui me pose problème car j’ai du mal à travailler parfois à force d’être obnubilée par ma relation…

J’ai du mal à croire qu’une  autre sorte de relation puisse se construire entre deux personnes. J’aierais pourtant la découvrir et la vivre. Mais, pour l’instant, ce n’est pas mon actualité. Mon actualité est de reprendre contact avec l’adolescente que je fus, de reprendre cotact avec cette personne et de l’accueillir, de la laisser éclore, lui donner quartier libre ; je veux encore abriter son rire si beau, si enchanteur, je voudrais la conduire de l’autre côté du rivage en l berçant, non pas exempte de cicatrices mais cicatrisée.

Retourner à elle, l’couter, comprendre ce qui s’est passé, à quel moment elle a basculé.

Très vite, il s’agissait de séduire et de faire plaisir.  sans jamais penser à son désir, sans jamais voir en l’homme autre chose qu’un chasseur tout puissant.

Je voudrais lui redonner la clé de ses richesses et ainsi reprendre la clé de mon trésor.

Je ne veux plus être dépouillée ou humiliée et en la protégeant et l’aimant, je prendrai soin de ce qu’elle fut et ainsi de ce que je serai  dorénavant.

Je vais faire le chemin en sens inverse pour aller à sa rencontre. Les intempéries seront nombreuses, les difficultés multiples mais je n veux plus jamais l’ignorer, plus jamais la laisser seule ; je la soutiendrai pour être réhabilitée à mes propres yeux.

Souvent, j’ai l’impression de m’être comportée comme une prostituée car celle que je fus accordais ses faveurs en échange d’un peu d’affection, comme un chien qui finit les restes et avec quel empressement !

Je pourrai rencontrer vraiment les autres quand enfin je me serai rencontrée.

Cela me rend triste de ne pas connaître l’intimité avec l’autre.  

 

 




Ce que l’amour n’est pas …la maladie d’amour

14072009

L'illusion d'amour

Ce qui est à l’origine de nos plus grandes soufffrances lorsque nous sommes un ou une dépendante affective, c’est le mot « amour » tel que la plupart d’entre nous et la société aussi le comprennent.

Depuis notre enfance, nous avons appris à « faire en sorte d’être aimé ». Nous n’avons pas connu l’amour inconditionnel. Il fallait respecter certaines règles pour être aimé, et le plus douloureux, le plus violent, le plus pervers, c’est que ces règles étaient implicites et que leur apprentissage et leur « détection » mobilisaient  notre énergie et notre concentration, nous happaient et nous rendaient indisponible à beaucoup de choses… mais tel n’est pas le sujet de cet article…L’amour inconditionnel viendra plus tard.

 Le sujet que je voulais aborder , c’est la définition de tout ce que l’amour n’est pas.

Depuis que je commence à faire le chemin pour apprendre à mieux me connaître, je me suis dit que finalement, cela serait déjà un grand pas, non pas de définir l’amour dans un premier temps, mais de définir ce qu’il n’était pas et donc, ce que je n’accepterai plus.

Merci à plusieurs amies dont les souffrances et les témoignages m’ont involontairement aidée à comprendre qu’il y avait erreur sur le vocable : l’amour, le vrai n’est pas destructeur.

Donc, l’amour n’est pas destruction.

L’amour n’est pas non plus obsession. Je ne veux plus jamais être squatté par quelqu’un qui est devenu mon obsession et m’empêche de vivre en dehors de lui.  (voir l’article : Pour en finir avec l’autodestruction )

Non, l’amour, le vrai, n’est pas une obsession.

L’amour n’est pas une insulte permanente, une déchetterie. Si des sentiments pour un autre vous amènent à entendre une petite voix intérieure disant : « tu n’es qu’une bonne à rien, tu es nulle, tu ne sais rien faire, tu es minable, tu es moche, tu es hystérique etc », alors l’amour n’est pas au rendez-vous.

Non, l’amour, le vrai, n’est pas une insulte.

L »amour n’est pas pollution. Il ne justifie pas le fait que vous soyez envahi(e) par toutes sortes d’idées pourries, noires, mauvaises, agressives, il ne justifie pas que votre corps devienne le réceptacle de toutes sortes de choses concrètes ou abstraites nocives. L’amour ne rend pas malade.

La maladie d’amour est une chanson qui fait la publicité pour une escroquerie, l’amour, le vrai  ne rend pas malade :

« Elle fait parfois souffrir tout le long d’une vie » Michel sardou. 1973

 Plus jamais je ne m’autoriserai à avoir envie de mourir ou de ne plus rien faire à cause d’un autre être vivant qui ne m’aime pas ou plus.  L’amour est une richesse et même quand il prend fin la tristesse et ledeuil ne doivent pas être cycloniques. Mais là, je suis déjà en train de définir ce qu’est l’amour… ce qui n’est pas le sujet de cet article…

L’amour, le vrai, n’est pas pillage. Si vous êtes de plus en plus vide, si vous vous dépouillez de vous au sens propre souvent, alors, ce n’est pas de l’amour.

L’amour n’est pas non plus violence, agression, vol, humiliation, intimidation, moquerie, indifférence, mutisme, abus sexuel, jalousie, enfermement, sacrifice, séduction, vampirisme, manipulation, chantage affectif, besoin, solitude à deux , égoïsme, idolâtrie, esclavage, sidération, emprise

Voilà ce que l’amour n’est pas.

Je vais donc faire en sorte de mettre à la porte de mon intérieur tous les imposteurs d’amour. Je pense que c’est un travail fastidieux, angoissant (exemple :comment vais-je faire si je refuse de lui rendre ce service, elle ne va plus m’aimer… ) mais qui, pour l’avoir déjà commencé depuis plusieurs mois, nous ouvre la porte d’un univers vraiment extraordinaire : nous et nos richesses que nous pourrons partager avec d’autres tout aussi riches et surtout respectueux de nos richesses …

Bon courage à vous !




Rendre service ou l’art de la codépendance !

30062009

Juillet 2009.

Je me rends compte que j’ai construit une bonne partie de ma relation sur du chantage et de la co-dépendance …

Je vous explique :

Mon compagnon a fait en sorte, consciemment ou pas , cela ne change pas les données du problème, que je me sente empêtrée dans de la culpabilité et de la crainte si je ne lui rendais pas toutes sortes de services… et le pire, c’est qu’il ne se rapproche de moi que lorsqu’il a un service à me demander, et là, cela fait froid dans mon dos…

Maintenant que je suis davantage responsable et équilibrée, j’ai la force et la présence d’esprit de lui dire non car je suis prête à prendre le risque qu’il m’ignore pendant un bon bout de temps, n’étant absolument plus d’accord pour ce jeu malsain et n’étant plus prête à brader mon affection …

Je découvre à cette occasion combien il lui est difficile de se gérer et de devenir responsable sans prendre appui sur moi… c’est donc moi qu’il remet en question et non lui… et le pire, c’est qu’il me fait donc croire que pour être aimée de lui, je dois lui rendre service et m’occuper de lui comme d’un enfant… par ailleurs, il ne sait pas accepter un geste d’amour sans y voir de l’obligation (je suis obligé de lui rendre la pareille, je dois …) Quel enfer il doit vivre, enfermé dans un système violent, étriqué et absolument dénué de respect et de confiance !

Par ailleurs, le chantage affectif comme arme ultime, c’est usant !

Du coup,  je me sens vraiment soulagée de ne plus accepter ce « contrat », de le dénoncer aussi souvent et aussi fort que je peux (je me trouve encore un peu molle) et je me sens libérée du poids de ses responsabilités qui ne me concernent plus !

Je suis aussi plus à même de savoir quand j’ai envie d’aider ou pas quelqu’un et cela sans aucune forme d’obligation ou de pression ou de manipulation et ce n’est qu’ainsi que je serai à nouveau capable de me rapprocher de lui , si cela est possible car je ne sais pas s’il sera capable de supporter mon retrait de son « jeu ».

Quoiqu’il en soit, et même si cela me coûte, cela me coûterait encore plus de me laisser à nouveau bouffer ou détruire par sa relation pourrie : on ne peut pas respirer sainement quand on est parasité par l’autre, ses problèmes, ses émotions, quand on est dépouillé sans même comprendre comment « l’amour » fait aussi mal !

Je me réveille : l’amour, c’est tout sauf de l’exploitation et du maternage imposé !

Bon courage à toutes et à tous dans votre chemin vers vous même …




« J’ai besoin de vous » . 1990. La problématique du vide et du besoin.

6032009

J’ai besoin de quelque chose, je suis en train de me demander de quoi ? Est-ce si évident ? Si je sais que j’ai besoin de quelque chose, je devrais savoir de quoi ! Vais-je vous duper en disant que je n’ai besoin de quelque chose qu’uniquement parce que je ne sais pas ce que je veux ?

Non, je tourne en rond !

Besoin : qu’est-ce ?

Une sensation profonde de manque, d’un vide à l’intérieur de moi. Réclamation du corps et de l’esprit. Je divague : je trépasse de bonne heure et non de bonheur. [Ce jeu de mots est un héritage familial, vous en trouverez souvent la trace dans mes textes, l’humour, même de mauvais goût, m’aide beaucoup à surmonter mes chagrins !]

Tiens : Besoin de bonheur. Evidence.

Tout au fond de mon regard, des paillettes distillent de la tristesse. Seule, seule, seule, je m’enferme : le monde est pourtant grand ouvert autour de moi mais ce sont mes besoins, des besoins de folie qui m’isolent des autres êtres vivants.

« J’ai besoin de vous ! », voilà ce que j’ai envie de dire de tout mon corps, j’ai besoin d »un quelqu’un qui accepte ce que j’ai à donner et qui me remplisse de ce don accepté !

« Vous » : est-ce cela le vide : je voudrai être pleine de « vous » et « vous » me videz ! Je ne sais pas ce que c’est. Je ne sais même pas qui « vous » êtes.

Je vous fantasme « beau » ou « belle » mais le problème vient de vos imperfections que j’ai du mal à tolérer car elles vous éloignent de moi !

Ce n’est pas mon histoire d’amour : il n’y a pas d’histoire, seulement deux présences qui se rejoignent quelquefois. Nous nous voyons si rarement !

L’amour se partage : je ne  partage rien, j’aime [commentaire de celle que je suis maintenant : c’est une erreur, ce qui est important c’est de comprendre que l’amour et le besoin sont deux choses complètement antagonistes ! on croit aimer ! la personne joue le même rôle qu’un objet ! c’est en fait un sentiment destructeur ]  mais il ne m’aime pas.

C’est cela qui me ronge : tout aboutit à rien dans mon coeur.

Je bute.

Il faut que je m’emploie à détruire l’obstacle…




Partenaire particulier cherche partenaire particulière…

1032009

J’écrivais il y a peu : souvent nous choisissons un partenaire irresponsable et je donnais des exemples, la colère était là … Finalement, après avoir réfléchi pendant des heures, chose que j’adore faire, je me suis dit qu’il fallait apporter une petite nuance à mon constat…

Nous craignons tellement de perdre ce partenaire (j’ai l’impression de ne plus être dans cette dynamique mais je sais que mes progrès sont modestes et que je ne serai jamais probablement totalement guérie de ma peur de l’abandon) que nous le scrutons, le contrôlons, le soutenons, le conseillons, le soignons parfois… à tel point que justement sans doute, cela l’encourage à ne pas prendre d’initiative ou à ne pas être  responsable puisque Super Nana est là !

Donc, notre peur et notre comportement renforcent cette « irresponsabilité »…

Même s’il est vrai que  nous serons attirées probablement, à cause de notre histoire, par un partenaire qui a déjà une forte tendance à échapper aux responsabilités ou à refuser l’intimité (2 choses différentes mais qui nous guettent) : plusieurs profils existent, pardonnez-moi mon côté caricatural mais cela aide parfois à comprendre et cela soulage aussi de rire de nos égarements :

Les profils rêvés  :

  • l’artiste (maudit, c’est mieux, incompris, c’est une bonne base);
  • l’homme enfant (à la Peter Pan !);
  • l’alcoolique/le drogué/ le joueur ;
  • l’excentrique, le marginal (parfois à tendance autistique, son côté « différent » nous attire et nous émeut) …

Il arrive que certains partenaires cumulent plusieurs de ces caractéristiques .

Dans tous les cas, nous n’avons pas le pouvoir de les changer ou les faire changer, nous n’en avons pas le droit non plus et finalement, grâce à eux, comme je l’ai déjà dit nous allons pouvoir régler un sort  à notre problème : arrêter de vouloir le contrôler (et je suis persuadée que vous ne vous rendez pas compte à quel point le contrôle envahit tout dans la vie d’un dépendant affectif, j’en reparlerai) .

Une seule chose à faire : s’occuper de moi, ne plus gérer l’autre.

Forcément, l’autre n’aura pas la même approche avec vous… 

Essayez !

 







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