Gérer le doute avec le « faire comme si » pascalien.

23092010

lechemin1.jpgIl arrive que je me sente très forte, vivant presque des moments de triomphe en comparant tous mes moments de sérénité, mes relations plus riches, mes activités choisies et pleines de joie avec ces journées sombres des années passées. Et ce blog est un lieu qui m’apporte beaucoup, j’adore venir y écrire et il m’accompagne dans mes journées comme le grand-frère que j’aurais aimé avoir ou comme l’ami imaginaire de mon enfance, bref, ces moments-là sont exquis et à tel point que… l’outrecuidance fait que j’ose me dire : 

- » Enfin j’en ai fini avec cette foutue dépendance affective ! »

Et c’est vrai que j’en ai bien fini avec la phase chronique et dégénérative de cette maladie mais pour autant, il m’arrive encore fréquemment de vivre des rechutes ( j’en ai déjà parlé) ou plus humblement : d’être face à  un doute …

Ainsi, lorsque ces dernières semaines j’ai été témoin de la descente aux enfers d’une de mes amies vivant une rupture amoureuse dévastatrice, je me suis demandée : suis-je bien certaine de ma guérison ou n’est-ce qu’une rémission ?

Ce qui pourrait sembler pour d’autres une introspection maladive m’apparaît au contraire pour nous les DA comme une problématique permanente et fondamentale :

Comment vivrais-je  si cet autre que j’aime tant venait à rompre ou à mourir ?

Et donc ai-je eu raison d’avoir l’aplomb d’affirmer à cette amie en désespérance que je ne vivrais plus jamais ces souffrances intolérables, mortelles, consécutives à un départ perçu comme un abandon si d’aventure mon homme me « lâchait » ?

J’ai calmement affirmé à mon amie que j’en étais sorti non pour l’accabler davantage, la diminuer mais bien pour lui ouvrir la voie d’une solution possible autre que la mort. 

Car elle a vécu une relation dans laquelle un fossé incroyable s’est creusé entre l’amour profond et l’engagement intense qu’elle vivait de son côté du lien et de l’autre le rejet qu’elle a reçu : il a rompu pour une autre.

Dans ces cas-là, cela paraît toujours immonde. Car de l’extérieur il y a celui qui dans le couple s’est investit et celui qui a refusé cet investissement. Et pour des raisons qui semblent toujours dégueulasses. Lorsqu’un être meurt d’amour, l’autre a toujours le mauvais rôle. Il est illusoire de croire qu’il peut se barrer sans souffrir.
Une rupture est en effet toujours brutale pour celui ou celle qui ne la souhaite pas.

Mais l’intolérable commence lorsque dans cette rupture du lien, un être réalise qu’il avait construit avec l‘autre une relation dans laquelle sa vie était en jeu. Même celui qui quitte peut réaliser que sa vie était en jeu dans cette relation.


Cette dépendance extrême, je l’ai connu entre mes quatorze ans et mes trente cinq ans !

Donc, au moment même où je disais à mon amie, qui avait pris l’initiative de me le demander, que jamais plus je ne mettrai ma vie en jeu pour un homme, un doute a commencé à poindre sous la forme d’interrogations.
Vous savez, une petite voix intérieure, ironique, canaille, presqu’ une voix d’allumeuse, en tout cas la voix de la mauvaise conscience :

- Dis-donc, t’es vraiment sûre que si ton mec se barrait avec une autre tu serais aussi décontractée que maintenant ? T’es vraiment sûre que tu ne serais pas anéantie ?

Ces interrogations ont été aisément balayées car je suis certaine que je n’aurai plus jamais envie de mourir à cause d’un homme ou que je ne souffrirai plus jamais le martyre dans mes relations amicales ou amoureuses. 

L’incapacité à vivre sans l’autre, il s’agit de cette défaillance extrême que vit le DA. 

Il ne s’agit ni d’une théâtralisation, ni d’une exagération : il s’agit d’une défaillance.

J’ai appris à ne plus revivre des situations, des relations, à ne plus avoir de pensées automatiques nuisibles, à développer ma valeur, mon autonomie, à prendre conscience de tout l’amour que les autres m’avaient donné depuis ma naissance, à en faire un trésor précieux qui est à tout jamais à moi et j’y puise tellement dans les moments difficiles que je en peux plus me perdre. 

Et puis, il y a cette douleur intolérable que ma mère est en train de vivre depuis des années, ma mère qui est en train de mourir de cette incapacité à vivre sans mon père ; sa grande détresse -par pudeur je n’en livrerai pas ici les détails- m’émeut tellement et me révolte aussi que je ne peux plus attenter au cadeau qu’elle m’a fait en me donnant la vie. J’ai vu chez ma mère l’intolérable, l’indicible. Le seul enseignement que j’ai pu et voulu retirer de sa souffrance, son combat hallucinant et de son autodestruction, c’est de stopper le cycle familial en prenant soin de moi et de mes enfants.

Partant de là, j’aurais pu croire que toute personne anciennement DA est préservée dès lors qu’elle refuse de nuire à sa vie et de rester dans le déni.


Je me trompais : pour connaître la sérénité et vivre des relations épanouissantes, il fallait maintenant attaquer un chemin moins accidenté mais beaucoup plus exigeant : faire confiance à l’autre demande d’être capable de faire le pari pascalien : prendre conscience que nous avons tout à perdre en n’y croyant pas …

lechemin2.jpg

Et faire confiance à l’autre demande un changement de point de vue radical : 

Et s’il était possible de vivre dans la continuité, sans coupures ou sabordages répétés du lien ? sans retrait prolongé ou fusion passionnelle ? sans être vidé de soi ? sans être ravagé régulièrement ?

Et si l’autre n’était pas ce salop mais un autre moi dont les tentatives même incohérentes ou inacceptables n’en restent pas moins émouvantes  dans ce qu’elles révélent de souffrance chez l’autre ?

Il faut alors aussi en finir avec le narcissisme qui accompagne fréquemment la DA. Pour masquer la faille intime se faire le spécialiste de l’apparence et de l’illusion. Echapper à l’intime. Vouloir être admirable. Offrir son extérieur et vivre un chaos intérieur permanent.

Faire le pari de la confiance, c’est être capable d’accueillir le doute en le détrônant de son piédestal ; il n’a plus droit de vie ou de mort sur nos relations, il n’est pas plus vrai que le reste.
Car dans la dépendance affective, le doute est permanent : alors ce qui est une position critique louable devient une tyrannie insupportable car tout est analysé, pondéré, rien n’est cru, la paranoïa détruit tout sur son passage et dans les formes extrêmes débouche sur des délires.

Or, étymologiquement, le doute c’est la peur ! Douter, c’est ne jamais savoir ce qui est vrai, c’est être en permanence dans l’incertitude, dans le vacillement, le vertige qui est par définition angoissant. Vivre dans le doute, c’est faire de l’angoisse sa demeure, c’est devenir fou à force de voir tout ce qui est mais sans lien, tout est côte à côte, rien n’est pondéré, nuancé .

Par exemple, si je regarde une femme dans la rue et que ma compagne s’en aperçoit,  elle ne voit plus que ce regard et rien d’autre. Ma compagne ne voit en moi qu’un traître. Car, pour elle, plus rien d’autre n’existe que ce regard. J’ai beau la regarder avec amour, elle n’est plus que dans le regard que j’ai eu pour l’autre femme.

Et ce doute là qui ronge les relations amoureuses, il me fallait encore l’admettre et le surmonter. 

Pour cela, j’ai pensé que le doute devait être contrebalancé systématiquement par une affirmation contraire : si je comprends que je suis victime d’une hallucination lorsque le doute surgit ( on peut même appeler cela un délire paranoïaque ) je peux apprendre à mettre en place une compensation : » le faire comme si « .

Melody Beattie en parle dans ses ouvrages parmi d’autres outils de méditation.

Il s’agit de faire comme si la relation n’était pas en danger. 

(Il ne s’agit bien sûr pas de devenir stupide et de ne pas tenir compte des signaux que le bon sens prend en compte, je n’incite ni à la naïveté, ni à l’imprudence )

A chaque fois que ce doute surgit, peur diffuse, appréhension déclenchée le plus souvent par un événement insignifiant pour la majorité d’entre nous mais pas pour les DA ( retard, regard différent, silence, changement d’habitudes, promesse de peu d’importance non tenue, désir absent pendant quelques jours, coups de fil plus espacés, présence d’autres personnes, soirée non partagée, dispute ou désaccord anodin etc), il s’agit immédiatement de lui opposer un « je fais comme si la relation n’était pas en danger et si tout était ok ».
Ainsi, dans le cas où mon homme a un retard imprévu, je fais comme si cela était ok, je peux alors calmement voir s’il est nécessaire que je l’appelle pour lui demander posément s’il sait à quelle heure il rentre ; je peux aussi le prévenir que je ne l’attends pas ; je peux même lui parler de mon inquiétude liée à un retard mais sans en faire un reproche etc 

A ce moment-là, la relation change entièrement de dynamique car je sors de la victimisation et de la persécution.

Au début de l’exercice, il s’agit de jouer un rôle. Mais très vite, la peur liée à la situation anxiogène s’affaiblit voire s’efface laissant enfin place à l’échange et au bien-être. 

Le faire comme si fonctionne donc comme un auxiliaire de confiance. Il vient contenir la peur et ne plus la laisser prendre toute la place. 

 

 

 

 




Affirmations.1. Stopper ses relations improductives.

21082010
  • Ces affirmations sont à cultiver, nourrir, imprimer, et elles doivent faire partie des phrases qui nous accompagnent chaque jour.
  • Elles sont éventuellement à personnaliser et leur rôle est de pouvoir venir se substituer aux phrases intérieures nocives qui viennent nous parasiter lors des « crises » que nous vivons ; elles peuvent aider à surmonter un moment intense de solitude, d’angoisse en étant des repères positifs auxquels nous pouvons nous référer en attendant que la tempête s’arrête.
  • Elles peuvent également venir nous encourager lorsque nous mettons en place un nouveau comportement, lorsque nous faisons quelque chose qui nous fait peur car inconnu.
  • Enfin, il est intéressant de les écrire sur des supports que nous créons, d’en faire des oeuvres d’art (pourquoi pas les peindre, les transférer sur un tee-shirt, en faire un collage, les mettre en musique… ).

 

  1. Je développe ma joie en multipliant ses sources.
  2. J’accepte l’être qui m’accompagne tel qu’il est.
  3. Je vis ma vie pleinement en être responsable.
  4. Je laisse émerger mes sensations douloureuses, je les accueille et les respecte.
  5. Je cesse toute tentative de contrôle sur les êtres qui m’accompagnent.
  6. Je dirige mes efforts vers moi.
  7. J’abandonne le recours à des situations excitantes pour échapper à mes angoisses.
  8. Je ne laisse à personne le pouvoir de me ballotter affectivement.
  9. J’aborde calmement les vrais problèmes en parlant de moi et non de l’autre.
  10. Je cesse toute dramatisation .
  11. Je sors de la position débilitante de victime.
  12. Je considère une vie équilibrée comme une vie enrichissante.

 




Sortir de la dépendance affective demande un apprentissage !

20062010

« Toute évolution relève de changements. Ceux-ci demandent souvent un effort conscient. L’automatisme adéquat n’arrive qu’en un second temps.  »

Lucien Auger in S’aider soi-même, introduction.

Allégorie de la victime
 Nous avons beaucoup de mal à approcher la dépendance affective comme un déficit de compétences de l’individu dans son acquisition de l’autonomie. 

Or, ce qui est selon moi nécessaire pour pouvoir commencer à sortir de cette dépendance, c’est la prise de conscience que l’accession à l’indépendance n’est ni spontanée ni miraculeuse ni consécutive à une psychanalyse bien menée.

Je m’explique : tant que l’individu n’apprend pas des savoir-faire, des habiletés comportementaux il ne peut sortir de ses schémas problématiques et ne peut pas progresser vers l’autonomie. Il a beau avoir tout compris de sa problématique, il a beau avoir amélioré la connaissance de son passé, avoir évacué sa colère, avoir pardonné… il reste avec sa dépendance sur les bras, se remet en colère, se sent accablé, impuissant et se met à en vouloir à son psy (ou autre !) sauf si celui-ci a une manière de travailler qui conduit son patient à l’autonomie mais je crois que souvent ce n’est pas fait exprès, ce n’est pas verbalisé.

Là aussi, je m’explique : certains parents, certains thérapeutes ont de fait la capacité de conduire leurs enfants ou leurs patients à l’autonomie car ils ont eux-mêmes acquis cette compétence ; de ce fait, ils n’ont pas forcément conscience que leur manière de construire leur relation avec leur enfant ou leur patient évite l’écueil de la dépendance affective.

Du coup, toute personne qui n’a pas bénéficié de cet accompagnement et qui souffre de dépendance affective pense que cela vient d’elle ou qu’elle est victime des autres (y compris de ses parents). Ce n’est pas tout à fait faux mais la raison principale est que quelque chose de fondamental manque à cet individu pour devenir un adulte autonome et que le processus de séparation est incomplet ou déficient.

Le verbaliser, le présenter explicitement  comme « tu n’es pas encore autonome car il te manque des apprentissages, donc, si tu te mets au travail, si tu expérimentes, tu vas progresser et acquérir de l’autonomie, du bien-être, de la liberté... » est FONDAMENTAL.

Lire tous les livres du monde sur la dépendance affective ne suffit pas sans accompagnement pédagogique.
Je suis enseignante auprès d’adolescents. Et cette verbalisation est très efficace auprès de mes élèves. Et ce sont eux, grâce à l’échange qui se met en place, qui me permettent de comprendre ces mécanismes. 

L’accompagnement pédagogique peut être fait par tout adulte compétent, autonome, pédagogue qui présente ce travail non comme une aide mais comme un guide, qui met en place une dialectique. Sans dialectique, pas de progrès. 

Ce qui explique que les groupes de parole, le coaching, les thérapies comportementales soient plus efficaces pour aider l’individu qui veut sortir de la dépendance parce qu’il y a toute cette pédagogie qui se met en place, cette didactique de l’accompagnant qui réfléchit aux problématiques et cherche à construire une démarche concrète pour régler les problèmes et faire acquérir des savoirs au fur et à mesure de l’avancée du travail.

C’est une maïeutique qui se joue au quotidien, pas à pas. 

Voir l’accession à l’autonomie affective de cette manière apporte un soulagement considérable au dépendant car il ne s’agit plus d’une maladie incurable, mystérieuse mais d’un déficit d’apprentissage.

Depuis que je sais que je peux apprendre, j’ai retrouvé la joie et la motivation dans mon projet de vie car je suis devenue  actrice alors que d’autres approches me rendaient passives, comme un oisillon attendant la becquéé…

Vive l’apprentissage même si cela demande beaucoup de patience, d’énergie, même si l’échec est sur le chemin mais je ne suis plus une victime au sens étymologique du terme  :

  • un animal sacrifié car il veut absolument plaire aux autres quitte à y laisser sa peau mais qui ne peut faire autrement car il n’a pas d’existence propre , là simplement pour permettre aux autres de vivre !

Allégorie de la victime




La visualisation ou l’art d’éviter les passages à l’acte répétés.

14062010

rameaux.jpgLorsque l’on s’aperçoit que notre dépendance affective nous fait revivre périodiquement les mêmes scènes, que, par exemple, la peur d’être trompé ou quitté exacerbe notre jalousie ou fait que nous gérons mal notre ressentiment, évitant de montrer à l’autre colère, ressentiment… le problème c’est l’effet cocotte-minute :

- nous pouvons avoir des accès de colère ou des fureurs disproportionnées ;

- nous pouvons poser des actes que nous regretterons comme abîmer un objet, nous venger, chercher à en savoir plus sur l’autre, fouiller ses affaires, devenir à la limite parano…

- nous pouvons faire une scène à l’autre ou être subitement complètement renfermé, replié sur soi, complètement anéanti 

bref, nous pouvons vivre des moments qui sont vraiment gênants sur le plan relationnel  et il faut vraiment apprendre à mieux les gérer car ce sont  selon moi sont des moments d’intense angoisse et l’angoisse ne peut plus  alors se soulager que par le passage à l’acte.

Comment ne plus reproduire ces schémas récurrents qui nuisent à notre bien-être et peuvent abîmer nos relations ?

Par la visualisation:

Il s’agit de revivre une scène qui pose problème parce que vous avez eu un comportement que vous aimeriez éviter, il s’agit de fermer les yeux et de tenter de la revivre en détails :

- le lieu où vous vous trouviez;

- le moment de la journée, les lumières…

- les bruits, les odeurs;

- votre position dans la pièce;

-celle de l’autre ou des autres personnes;

- le déclic (geste, parole ou attitude ayant déclenché chez vous ce que vous voudriez modifier)

- la scène proprement dite vue de différents angles;

-la scène proprement dite vue au ralenti, en accéléré;

 

Puis, une fois que vous avez le film en tête, vous introduisez une modification, dans votre réaction  et vous vous repasser le film en voyant ce que cela apporte comme changement.

La modification, ce sont ou des paroles, ou une attitude ou des gestes différents qui vous permettent de répondre et non de réagir, c’est à dire de pouvoir exprimer ou vivre vos émotions sans perdre le contrôle de vous, en maintenant une communication respectueuse avec l’autre.

Petit à petit, vous augmentez votre palette, vous enrichissez votre fonctionnement et vous vous libérez de ces passages à l’acte catastrophiques.

Pour finir, un exemple :

A.Problématique :
- je suis angoissée car mon compagnon passe beaucoup de temps sur son ordi et je m’imagine qu’il me trompe;

- je ne dis rien pendant plusieurs soirées mais je me sens de plus en plus mal, je me sens abandonnée, j’ai peur mais je ne dis rien ou je boude ou devient cassante;

- je peux éventuellement me mettre à fouiller dans son ordi et à devenir obsédée par cela, tout savoir ;

- je peux utiliser le moindre indice comme preuve de trahison et lui faire une scène dramatique pour calmer mon angoisse, provoquant parfois la rupture !

 B.Solution :

- je revisualise une scène ou je me sens mal et ou j’ai fouillé dans l’ordi/ jerevisite une scène où j’ai hurlé que je méritais mieux que ça, qu’il était ignoble de me faire vivre ça etc

- je revis mes émotions pour les reconnaître;

-je cherche à diminuer leur intensité (parce que je sais par exemple qu’il passe toutes ses soirées avec moi et que même s’il me trompe, ce n’est pas en l’étouffant davantage et en le fliquant que cela va améliorer notre relation !) en relativisant et en visualisant une émotion plus petite;

- je « gomme » mon acte qui me met mal à l’aise et qui met en danger ma relation et je e remplace par d’autres (pour pouvoir disposer lors de la prochaine crise de plusieurs solutions ) : par exemple, je m’imagine que je téléphone à un ami pour me changer les idées, je m’imagine que je vais demander à mon compagnon s’il veut bien d’un calin , je m’imagine que je vais prendre un bain relaxant ou faire une promenade, bref je multiplie les possibilités et je les répète mentalement .

- lors de la prochaine crise, je tente de rester en contact avec mes émotions et de mettre en place ces nouvelles stratégies que j’ai répétées .

- la crise finie, je fais le point en étant indulgent(e) avec moi pour noter mes progrès et je peux recommencer la visuallisation, etc.

REMARQUE :

au début, il faut rester modeste et ne pas se lancer dans de grands discours présentant des risques de dérapage, il vaut mieux essayer d’éviter la confrontation et poser des actes courtois, qui permettent de dépasser le moment critique quitte à remettre la discussion avec l’autre à un moment où l’on sera capable de rester zen et raisonnable, de ne pas nous laisser emporter par la peur qui amplifie les problèmes. Il ne s’agit pas non plus d’enterrer nos émotions mais de les recadrer et de ne pas se laisser dicter notre conduite par elle …

Une de mes prof de yoga  a dit que « le mental est un singe qui s’agite dans les arbres et le yoga sert à calmer le singe… » ici aussi il s’agit de calmer le singe !

J’ai ainsi pu diminuer et même supprimer de nombreux comportements qui me posaient problèmes ; j’ai pu aussi mesurer que cela demande beaucoup d’essais et de patience ; mais je crois que c’est un cercle vertueux qui s’enclenche et que la relation s’apaise, l’autre a souvent conscience de notre volonté de ne plus dépasser certaines limites et nous pouvons éprouver du plaisir à savoir gérer ces moments plus respectueusement.

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Savoir séparer le bon grain de l’ivraie …

14082009

L'ivraieUne parole d’espoir aujourd’hui, aujourd’hui alors que j’ai du mal à garder le moral lorsque je m’aperçois combien je suis championne pour créer des relations avec des êtres superficiels !

J’allais me mettre à entonner la complainte de la fille qui n’a pas de chance et puis, je me suis ravisée, j’ai semble-t-il enfin compris le rôle que j’avais à jouer là-dedans : continuer à entretenir une relation qui, à défaut de me faire souffrir, ne me fait pas de bien, je dirai, risque même de m’appauvrir… oui, pourquoi, je me suis dit que dès aujourd’hui, je pouvais changer de cap et accorder du temps à ce qui m’enrichit !

Peut-être aujourd’hui ne sera-ce que ce projet de redécorer ma cuisine et qui m’occupe si agréablement en ce moment … ou le plaisir de me promener avec ma toutoune, mon cocker, ma belle et fidèle compagne … ou encore d’arroser mon jardin en écoutant de la musique classique (Albinoni, un régal)… ou même le sourire du mec de la poste que j’ai trouvé si charmant… ou le coup de téléphone à ma meilleure amie que je vais rejoindre mardi, bref, j’en ai des choses à cultiver et je peux laisser filer cette relation insatisfaisante… lâcher-prise sur elle, ne pas me mettre minable, ne pas m’en vouloir tant et tant et me sentir rejetée , bref, arroser les bonnes graines …

Je ne suis pas praticante mais j’adore les paraboles car je trouve qu’elles contiennent des enseignements intéressants, que je détourne d’ailleurs si besoin, plutôt, cela serait plus juste, que je m’approprie : « il faut savoir séparer le bon grain de l’ivraie »… Le jardinage nous en apprend beaucoup sur l’épanouissement, les cycles, la patience, la lutte, la résistance, la beauté,etc. Les ivraies sont donc pour moi toutes les relations qui sont stériles et que je m’autorise à ne plus garder ou entretenir … Sans en faire tout un monde, sans me sentir nulle… les mauvaises herbes poussent partout, toujours et avec une énergie incroyable, non ? Les relations inintéressantes aussi et l’expérience permet de les repérer plus tôt, de ne plus les confondre avec de belles plantes !!!emoticone

J’ai donc un sac à ivraies maintenant et je n’oublierai pas d’aller le jeter sur le tas de ma déchetterie émotionnelle… Je m’autorise à ne plus garder les fleurs fanées dans mon bouquet de vie, ni les fleurs malodorantes ou disgracieuses, le comble pour une fleur, non ? Et très subjectif aussi !




Savoir gérer le temps qui passe…

25052009

Métaphore de l'oubli

Le temps qui passe est pour moi une épreuve quotidienne.

J’ai beaucoup de mal à être dans le présent, j’oscille entre deux états : celui ou j’ai peur que le présent ne s’arrête, que les doux moments vécus ne prennent fin et cela fait que j’en profite beaucoup moins et que le temps s’accélère si je n’y prends garde … et celui ou le présent me semble morne, sans valeur, vide, triste, privé de ceux que j’aime et donc, je suis dans l’attente et je n’habite ces moments que rarement et péniblement.

Bien sûr, depuis que je suis une psychothérapie et que je prends ma dépendance affective à bras le corps, depuis que je lis beaucoup d’ouvrages sur ce thème, je me surprends dans ces deux états et j’essaie de changer petit à petit ce rapport au temps que je qualifierais de pathologique : l’incapacité de me laisser imprégner par les moments du passé heureux, l’incapacité de les incorporer afin de me renforcer, de m’enrichir et de me donner suffisamment confiance pour m’éloigner de ceux que j’aime sans avoir l’impression de vivre une déchirure, une perte inqualifiable ; je suis une sorte d’amnésique de l’amour …

J’apprends donc à revisiter toutes sortes d’expériences passées, de me les approprier, de ne plus vouloir m’approprier les personnes mais uniquement les émotions, les objets, les moments, les apprentissages partagés, afin de petit  à petit me rendre plus autonome et être capable d’affronter la réalité : tout lien sera rompu un moment ou l’autre mais je peux moi conserver toute cette richesse, la reconnaître, lui faire honneur, en cultiver la mémoire …

Bien sûr, j’ai l’impression que je vis un accouchement hyper douloureux car un seul chemin existe pour y parvenir : être moi et non pas l’autre, investir la relation et non l’autre, me détacher, expérimenter le lâcher-prise.

Je vis des nuits très difficiles car la nuit symbolise la solitude pour moi et la mort.

Auparavant, je cherchais refuge dans la nourriture ou dans la présence corporelle de mon homme qui jouait là une mère de substitution. Je ne veux plus vivre cela, je dois apprendre à prendre soin de moi.

Le plus merveilleux , c’est que ces nuits pendant lesquels j’apprends à me gérer, à être à l’écoute de mon corps , je bataille mais je suis fière de moi. Je me mets aussi à découvrir que la plupart des choses que je fais ne sont pas l’expression d’un désir, d’une envie mais d’une peur et je ne veux plus vivre cela.
Je ne veux plus faire quelque chose pour éviter d’entrer en contact avec moi, l’enfant morte de trouille face à trop de solitude.
Je pense qu’enfant, j’ai souffert de solitude et que je n’ai pas pu apprendre graduellement à me sentir à l’aise avec moi.

Vite, il fallait me fuir.
Il fallait fuir ce temps présent douloureux, vite vite, ne pas regarder, attention vertige.
Savoir gérer le temps qui passe, c’est accepter de souffrir dans un premier temps sans masquer cette souffrance.
Savoir gérer le temps qui passe, c’est habiter enfin sa propre maison sans la quitter toute les deux minutes.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est suspendre les dramatisations en s’enrichissant des moments passés et non en s’apauvrissant de tous ceux qu’on a perdus.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est accepter ce temps qui passe comme une fluidité vitale et non comme un rendez-vous rapproché avec la mort.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est se donner rendez-vous de plus en plus souvent.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est comprendre que le travail de deuil est un travail de mémoire et donc d’enrichissement.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est s’autoriser à être heureuse dès maintenant, sans conditions.

Métaphore de l'oubli




L’envie de rien, un symptôme critique.

4032009

blog.jpgIl m’arrivait certains jours d’être fauchée en plein vol.

J’utilise cette métaphore car elle colle vraiment à ce que je ressentais.


La veille, par exemple, je faisais des activités, normalement ou je me lançais dans des projets et puis, là, soudain, plus rien, aucun intérêt, incapacité à faire quelque chose, tout m’ennuie, je reste couchée, je dors, je vois tout en noir et je m’arrête là car comme a dit Michele dans son commentaire, je la cite « j’en passe et des pires ».

A. Les éléments déclencheurs.

Or, il s’avère que j’ai voulu savoir si certains faits, certaines situations, certains moments étaient davantage propices à la naissance de cet état paralysant et ravageur ( on a l’impression que tous nos efforts ou progrès de la veille sont balayés, réduits à néant) .

Je pense que la réponse est à la fois personnelle (nous fonctionnons tous différemment) et en même temps que l’on peut trouver des dénominateurs communs à ces éléments déclencheurs :

- ce qui arrive en première position dans mon cas, c’est la déception sentimentale (je vais expliquer car cela  dépasse le cadre de la vie amoureuse).

_ ce qui arrive en second , ce sont les difficultés à gérer les choses du quotidien, difficultés qui engendrent l’impression de « je ne vais jamais y arriver » et donc qui me conduisent au « à quoi bon ? » et à la paralysie évoquée ci-dessus. (j’en reparlerai dans un autre article)

- ce qui m’arrive également, en troisième position, ce sont les crises de « complexes » comme je les nomme : « je suis nulle, je ne sais rien, je ne suis pas belle, je n’ai rien d’intéressant, les autres ne me regardent pas » etc. (idem, autre article à venir)

Quand on regarde cela de plus près, les trois choses me semblent liées.

En plus, il faut signaler que la fatigue est un facteur extrêmement aggravant car, en général, je gère mal mon énergie, en dépensant beaucoup trop d’un seul coup et donc, le moindre imprévu me laisse sans force… et donc l’élément déclencheur se pointe et badaboum !

En plein dans l’envie de rien.

B. La déception sentimentale.

Qu’est-ce que je ressens et j’appelle « la déception sentimentale » ? Il s’agit d’une attente que je place dans l’autre, que ce soit un collègue, un ami, ou mon amant (j’emploie ce terme dans son sens ancien : celui que j’aime). Une attente qui s’avère être déçue et qui provoque un manque, une impression de vide, une tristesse.

Je vous donne des exemples:

-Je m’entends bien avec un collègue, une collègue et je me dis que je pourrais l’inviter à boire un coup pour papoter, en dehors des heures de travail et la personne refuse. Je me sens mal.

-Je fixe un rdv à un  ou une ami(e) et celle-ci annule ; mon ami(e) va passer de bons moments avec d’autres copains. Je me sens mal, je me sens exclue.

- Je passe un week-end génial avec mon amant et j’attends de ses nouvelles : la semaine passe sans aucun message. Je me sens très mal.

Je pourrais multiplier les exemples !

C. L’envie de rien : la méconnaissance de ses émotions.

Finalement, si je reviens à mes exemples ci-dessus, lorsque je me sens mal, je vais à ce moment-là, me replier complètement sur moi, car il s’agit à chaque fois de guérir d’une blessure qui est bénigne pour les autres mais grave pour moi !

Pourquoi justement est-elle grave ?

Parce que je ne gère pas mes émotions, parce que je suis entièrement focalisée sur l’autre dont ma survie dépend alors que je devrais être focalisée sur moi !

Derrière cette envie de rien, se cachent en réalité plusieurs émotions, pas toujours reconnues qui sabrent complètement notre énergie vitale, qui envahissent tout.

Je dois d’abord absolument arrêter de me focaliser sur l’autre et profiter de ce repli sur moi pour écouter ce qui se passe un peu dans mon corps. Pour décrypter la signification de « cette envie de rien ». Pour apprendre à reconnaître mes émotions.

 

D. Quelques pistes pour en sortir :

D’abord, arrêter de se traiter de tous les noms lorsque cela se produit. Lorsque vous n’avez envie de rien, acceptez-le, acceptez-vous comme cela.Ayez de la compassion pour vous.

Trouvez un endroit et un moment où vous pouvez vous asseoir ou vous allonger et vous décontracter et dites-vous : « d’accord, je n’ai envie de rien et je ne vais pas chercher à tout prix à m’activer. Je m’accepte comme cela. Je sais que cela ne va pas durer. » (les affirmations peuvent sembler ridicules mais  je vous garantis qu’elles aident énormément.)

A ce moment-là, essayez d’accueillir les émotions qui viennent en vous : cela ressemble à un « décrassage » : vous allez peut-être ressentir une grande tristesse :pleurez !

Vous allez ressentir de la colère (tapez dans des matelas, cela soulage) ou vous mettre à rire ! Cela peut prendre quelques minutes ou plusieurs heures.

Acceptez la peur aussi.

Puis, généralement, vous aurez une petite idée de ce qui s’est vraiment passé. Et là, il faudra le verbaliser : « oui, j’attendais un appel de mon amant mais il ne l’a pas fait et je me suis sentie abandonnée et j’ai imaginé qu’il se foutait de moi. »

Puis, il faudra trouver un moyen d’imaginer comment vous auriez-pu vivre cela autrement et de manière moins douloureuse.

Pour reprendre l’exemple ci-dessus, vous n’avez peut-être pas appelé votre amant par peur de le déranger, par peur de lui donner une mauvaise image de vous, par peur de le faire fuir… par peur de le perdre tout simplement. Mais le problème c’est que dans ce cas-là, vous vous interdisez tout simplement de vivre en coupant votre élan vital. Vous ne vous respectez pas et vous vous privez d’une connaissance précieuse : vos besoins !

Si cet homme est équilibré, il pourra vous dire de manière respectueuse que vous le dérangez, il pourra aussi vous accueillir chaleureusement, il pourra vous dire que vous avez bien fait d’appeler, il pourra vous dire plein de choses agréables.

Bien sûr, il pourra aussi vous dire qu’il n’a pas envie de vous parler et s’il n’est pas équilibré vous faire culpabiliser ou se moquer de vous ou être froid et distant.

Mais cela ne sera pas de votre faute ! C’est son problème. Et vous gagnerez du temps en comprenant que cette relation n’est aps assez douce pour vous. Vous gagnerez en estime de vous.

Peut-être que vous allez finalement l’appeler, échanger à ce sujet avec lui, formuler une demande et votre envie de rien aura disparu.

Effectivement, il y a des risques à exprimer ses besoins.

Mais ne pensez-vous pas qu’il y a encore plus de risques à ne jamais vous exprimer, à ne jamais vous respecter, à attendre que les autres devinent ce que vous voulez et le fassent ?

Vous connaissez déjà la réponse : être tourné vers l’autre de peur de le perdre, c’est se perdre soi-même et donc obligatoirement perdre les autres car une relation équilibrée se créé dans l’échange.

Si vous ne gérez pas votre côté de la relation, l’autre s’en va de toute façon, lassé de votre être fantômatique !

Courage, à chaque jour suffit sa peine ? NON !

Chaque jour apporte sa joie !

 

 

 




Liste d’exercices : la concentration

12022009

Voici une liste de petits exercices à faire pour apprendre à faire passer ses émotions et son corps avant les injonctions, appels, interventions de l’extérieur qui happent facilement les personnes qui dépendent trop facilement et trop rapidement des autres.

Mode d’emploi :

Le côté fantaisiste de certains exercices est volontaire. Il s’agit de permettre à votre créativité et à votre enfant intérieur de gagner en force et de ne plus se laisser toujours museler par les injonctions morales que les dépendants affectifs multiplient (ne fais pas ça , attention à ce que tu dis, sois souriante, ne te plains pas, excuse-toi, ne le mets pas en colère…)

A pratiquer quotidiennement en notant ses impressions. Quinze minutes, c’est bien. c’est peut-être un peu trop long au début. Commencez par 5 minutes, puis dix et enfin quinze. Ajustez la durée en fonction de vous ! Et oui, l’objectif étant de se découvrir, je vous laisse juge.

1. Choisir le numéro de téléphone dans les pages jaunes d’un professionnel qui vend un objet ou un service qu’il vous plairait de vous offrir. Par exemple : livraison de fleurs, massage, livres, fauteuil en cuir, salon de jardin, traiteur, professeur de musique etc… Téléphonez-lui et posez lui plusieurs questions sans vous engager. Notez ce que vous ressentez à la fin de l’exercice. Vous aurez peut-être l’impression d’agacer, de déranger mais essayer de garder un ton posé, aimable et remerciez votre interlocuteur.

2. Reposez les questions auxquelles vous auriez aimé dire NON et dites bien fort ce NON . A faire par exemple en voiture où on peut crier sans crainte d’être entendu . Voici des exemples :

-Tu peux me garder les mioches mardi, j’ai une réunion ? NON

- Tu me passes la voiture, j’ai une course à faire ? NON

- Tu pourras être là pour réceptionner le colis ? NON

- Tu pourrais emmener le petit au solfège ? NON

Ainsi, la prochaine fois, le NON viendra plus spontanément et cela sera une victoire quand vous parviendrez à le prononcer sans imaginer le pire.
Piège : les questions qui commencent par : « Ca t’embête pas si… » (sacré pourriture ces questions , elles sont piégées !)

Répondre carrément : Ca ne m’embête pas, ça m’emmerde ! Et tournez les talons.

Remarque : Le dépendant affectif doit dans un premier temps donner des signaux forts à son entourage de son changement . Il n’est plus la petite chose tremblante qui craignait d’être larguée parce qu’elle n’a pas voulu vous prêter sa voiture ou garder le môme tous les mercredis de l’année !

3. Asseyez-vous au milieu d’une conversation engagée ( au boulot, chez des copains, au café …) et écoutez sans intervenir. Essayez de trouver de l’écho en vous à ce qui est dit et osez vous faire vraiment votre opinion. N’allez pas dans le sens du groupe ou du meilleur pote ou de la personne qui vous semble sympa. Mais n’intervenez pas. recommencez plusieurs fois l’opération en intervenant posément si vous vous sentez assez au clair avec vous même et risquez des opinions personnelles sans chercher à convaincre votre auditoire à tout prix, sans vous excusez si vous vous faites remballer, sans vous aplatir, sas avoir honte, en restant naturel(le).

4. Invitez quelqu’un que vous appréciez  à une activité que vous aimez et ne vous justifiez pas ou ne vous dévalorisez pas.

(à suivre)

 

 




Apprendre à vivre pour soi-même

12022009

Il arrive que les choses aillent mal depuis le matin : j’ai souvent l’impression que mes sensations sont extra-sensibles : comme si tout ce qui m’environnait me parvenait démultiplié. Je suis bombardée de sensations et j’ai du mal à faire le tri !

Par exemple, je me lève et j’entends déjà le chien qui gratte à la porte, les chats qui miaulent, je vois mon fils debout en train de chercher quelque chose, ma fille, son visage me montre qu’elle est préoccupée, j’entends, je vois, je sens et tout cela me réclame ( tu parles, j’ai la folie des grandeurs !)… Je dois faire sortir le chien, donner à manger aux chats, donner les céréales et les chaussures marron  à mon fils, consoler ma fille, éteindre les lampes, faire sécher le linge, vérifier que le portail est bien fermé pour que le chien ne s’échappe pas etc… Je ne suis même pas réveillée, je meurs d’envie de faire pipi et l’alarme de mon réveil sonne encore !

Souvent, j’ ai l’impressiond’être au milieu d’un cataclysme et je ne comprends rien à cet enchainement des faits etje m’en étonne !

Quel rapport avec la dépendance affective me direz-vous ?

Ceux qui le vivent auront sans doute déjà compris.

J’en suis là parce que j’ai vécu pendant des années avec l’habitude de faire passer l’extérieur avant mon for intérieur : j’ai inversé le mode de fonctionnement de tout être humain ; je n’écoute pas mon corps, je guette l’extérieur.

C’est ce que l’on fait quand on est en danger. Je vis donc comme si j’étais perpétuellement aux aguets, comme une bête sauvage.
J’essaie d’apprivoiser l’extérieur, à défaut de m’apprivoiser.

Si je déchiffre sur le visage de l’autre du mécontentement, je modifie mon attitude, j’en tire des conclusions.

Cet oubli de moi, je ne le supporte plus.

Alors, à la cacophonie générale que je vous ai décrite ci-dessus, viennent maintenant se rajouter des voix :

- Va pisser, t’en meurs d’envie, le chien attendra !

- Réveille-toi, ton fils peut attendre !

- Arrête de prévenir ta famille quand tu vas aux wc, tu pars pas en expédition …

etc…

Ce matin, vers 9h , j’avais déjà l’impression d ‘avoir livré une bataille épuisante lorsque je suis rentrée chez moi, après avoir conduit mon fils à l’école et avoir promené mon cocker caractériel (je n’allais pas me simplifier la vie, faut pas pousser)… j’étais crevée et j’avais envie de me cacher et pourtant, ma journée de travail m’attendait encore.

Alors, apprendre à vivre pour moi, ce ne sera pas un luxe, mais la possibilité de dire « ta gueule » à toutes ces voix qui aboient dans ma conscience et je dois apprendre à cesser de me tourner vers l’extérieur comme s’il était un phare . (d’eau !)

Je dois donc découvrir, imaginer des exercices de concentration. La concentration sur soi de temps en temps, c’est vital.

Et je pars donc à la recherche d’exercices qui me seront utiles. J’ai quelques petites idées.

Comme de laisser le chien aboyer un quart d’heure sans intervenir. Je m’imagine toujours que les voisins vont débarquer au 5ème aboiement et / ou vont porter plainte… Alors qu’en fait, elle n’aboie que peu de temps … Si déjà la relation que j’ai avec mon chien est complexe, imaginez ce que cela peut donner avec mon homme ! (à découvrir dans les prochains articles).
PS : l’humour, cela sauve. C’est le seul outil utile que je possède selon moi dans ma trousse à outils avec sans doute des facilités (paradoxales) d’introspection. Car, cette introspection n’a rien à voir avec la compassion et la bienveillance qu’il  est fondamental de s’accorder.
Quand introspection rime avec juge sévère, il vaut mieux se révolter !







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