Psychologie de la solitude, G. Macqueron, ed Odile Jacob

26082010

Psychologie de la solitude, G. Macqueron, ed Odile Jacob dans Lectures utiles 9782738123329

Voici un ouvrage pour un questionnement salutaire et rédigé dans un langage clair, sans lexique obscur, qui permet une première approche de cette problématique intéressante.
En effet, la problématique de la solitude est au coeur de la Dépendance Affective. Il s’agit souvent de l’éviter à tout prix, quitte à poursuivre des relations toxiques ou à remplir son agenda en risquant le burn out…

Sans aller jusqu’à ces extrêmes caricaturaux, on ne peut faire l’économie de cette réflexion lorsque l’on souhaite quitter cet état de Dépendance…

Le questionnement de l’auteur occupe les deux premières parties de l’ouvrage :

  • Comment se fait-il que nous associions le plus souvent la solitude à des mots négatifs alors qu’elle est indispensable à la réalisation du « connais-toi toi même «   socratique ?220px-Gnothi_Sauton_Reichert-Haus_in_Ludwigshafen dans Lectures utiles
  • Quelles sont les différentes formes de « solitude/souffrance »  ? Trois sont évoquées : la solitude du célibataire, la solitude du marginal ( malade, isolé géographiquement, socialement, sans emploi…) et la solitude affective ou solitude qualitative : se sentir seul bien qu’avec les autres…

Une conclusion s’impose : pour sortir de ce rapport douloureux à la solitude, il faut apprendre à en faire une expérience humaine et donc essentielle.

Nous voilà donc dans la troisième partie du livre qui propose dans les chapitres 8 à 16 une approche de cet enseignement avec des propositions d’exercices concrets.
L’auteur en effet propose une approche comportementale et sa bibliographie fait d’ailleurs aux ouvrages de Linehan fondamentaux dans cette approche. Cette auteure a principalement travaillé à mettre en place un protocole de soins pour les patients « limites » ou « borderlines »  et elle aborde notamment la question de la gestion des crises ; elle travaille auprès de patients suicidaires et a beaucoup réfléchi à la mise en place d’un protocole permettant d’apprendre au patient à sortir de ses schémas répétitifs destructeurs. Elle fait appel à des équipes pluridisciplinaires regroupant thérapeutes, coaches, psychiatres, éducateurs, services à la personne…

G. Macqueron lui aussi propose des conseils pour gérer les situations de crise dans un langage clair et en ne choisissant que quelques exemples mais en les décrivant efficacement.

Il s’agit donc d’apprendre à gérer ses émotions pour ne plus se mettre en danger ou saboter ses relations ou se plonger dans des grandes souffrances ou devenir incapable de gérer ses responsabilités sereinement…

Dans le cas de la DA, la solitude est le plus souvent fuie… certains en plein déni pourraient donc affirmer que la solitude n’est pas leur problème, qu’ils ont plein d’amis … mais à y regarder de plus près tout ceci cache fréquemment une intense solitude affective et un réseau social éphémère, changeant, une réelle difficulté à investir le durable et l’équilibré…

En réalité, la seule perspective de la solitude peut provoquer la panique.

Ce livre sera donc aidant pour enfin apprendre dans un premier temps à sortir des crises que ,malgré toutes ses précautions, le DA à l’ emploi du temps de ministre ne peut certains jours éviter  : face à cette abominable solitude ne serait-ce que lorsque la personne aimée lui fait faux bond ou n’a pas de temps pour lui… (le DA vit un vrai drame d’autant plus fort que l’autre l’accuse de dramatiser) puis dans un second temps à apprendre à construire des relations d’une plus grande qualité et enfin : ne plus se fuir et apprendre à aimer rester avec soi, seul(e) !

Ce livre peut donc nous servir de tremplin pour expérimenter la grande aventure de la conquête de soi, enfin oser en se sentant accompagné, la démarche comportementale étant fondamentale dans la guérison de la DA.

Le DA n’a donc pas à gérer une anxiété sociale à proprement parler (le livre aborde  cependant longuement cette problématique en cas de nécessité) mais par contre, il doit apprendre à  sortir des relations fondées sur le besoin ou le reparenting (désolée, j’adore ce mot et pour le dire plus clairement, de manière un peu expéditive, c’est quand on prend la personne aimée pour son soignant) , relations parfois uniquement fondées sur cette solitude fuie et la solitude affective est donc le lot commun du DA qui a beau vouloir nous faire croire qu’il n’a aucun problème à se faire des relations…

Les chapitres 8 et 9 intitulés respectivement Repérer les situations problèmes et Apprendre à s’organiser nous invitent à faire un bilan des situations dans lesquelles le sentiment de  solitude risque de déclencher une crise d’angoisse. Il propose ensuite de mettre en place une organisation de l’emploi du temps pour éviter de vivre ces moments de solitude problématiques.

Cependant, si l’avantage de ce livre est de proposer une démarche pratique pour échapper aux crises, il faudra ensuite petit à petit engager une démarche pour se familiariser avec la solitude et pour la dédramatiser. Le risque – bien mis en avant par l’auteur d’ailleurs- serait de se préparer un emploi du temps trop chargé et les DA connaissent cette fuite en avant et ce sentiment d’urgence.

Cependant, les exercices proposés sont utiles car l’auteur conscient de cette dérive possible a proposé des situations qui mettent déjà la personne au contact d’elle-même dans un cadre reposant tout en évitant un contact trop brutal avec la solitude ( aller au sauna, se faire masser, cueillir des fleurs, écouter de la musique sont des exercices qui permettent d’éviter une confrontation immédiate avec la solitude , l’exercice étant de plus limité en temps).

L’étape suivante consiste donc à apprendre à entrer en contact avec soi. Le chapitre 13 propose une démarche d’accession à la pleine conscience dérivée du concept de Mindfulness cher à l’approche bouddhiste et aux thérapeutes comme Linehan qui en fait un pilier de son traitement. Il s’agit d’apprendre à être complètement conscient du moment présent, à entrer en contact avec ses sens et ses sensations en laissant défiler ses pensées sans s’y arrêter. On aura reconnu une approche présente dans le yoga, la sophrologie, la méditation.   Tout ce qui permet d’améliorer l’ancrage dans le présent est utile.

Cependant, ce livre ne permettra pas d’en faire un apprentissage guidé, il faudra pour cela choisir une méthode qui nous convient et lire d’autres ouvrages sur le sujet. Les textes de Krishnamurti sur la solitude sont d’ailleurs une excellente entrée en matière !

L’ouvrage permet également d’aborder la création de relations durables et équilibrées (chapitre12) et de gérer ses débordements émotionnels (angoisse, panique) (chapitre 13).

Nous voilà au coeur de ce qui est si prégnant et difficile à changer chez le DA !

Surtout lorsque l’auteur nous demande de commencer par faire un bilan des qualités de nos relations… alors que nous sommes souvent conscients de la pauvreté relationnelle de la plupart de celles-ci mais que nous sommes effrayé(e)s à l’idée d’y mettre un terme même lorsque la personne a dépassé nos limites, a foulé nos valeurs aux pieds…

On peut toutefois commencer par apprendre à se familiariser avec les 5 étapes d’une relation et les franchir sereinement ou pas mais sans les brûler comme nous en sommes si coutumiers. Les voici :

  1. inconnu
  2. public
  3. personnel
  4. privé
  5. intime. (voir livre pour les détails pages 210/211) (voir pour la théorie : Altman et Taylor, 1973, théorie de la pénétration sociale)

Il faudra également garder à l’esprit les affirmations suivantes :

-Je poursuis la relation si elle est agréable uniquement.

- Je risque des demandes respectueuses en évitant la passivité plaintive.

- J’apprends à régler les conflits dans la mesure où leur coût reste gérable.

- Je fais le serment de m’éloigner des relations nocives.

L’autre devra donc cesser d’être cet objet consolateur, ce doudou consolateur contre lequel on se met parfois violemment en colère comme l’enfant contre son jouet.

Un chapitre est enfin consacré à la gestion des émotions et je vous renvoie ainsi à un autre article dans le prolongement de celui-ci qui s’intitulera « Baromètre et bibliographie de mes émotions »… (à venir)

Pour prolonger votre approche de ce sujet fondamental, je vous conseille :

 (la gestion des émotions dans plusieurs troubles suit une approche comportementale appropriée également dans le cadre de la DA):

  1. Retrouver son équilibre de Dominique Page,ISBN 978-2-7381-1833-2,
    octobre 2006, 150 x 195,
    224 pages. 
    http://www.odilejacob.fr/0207/2284/Borderline.html
  2. Les troubles bipolaires, chapitre 6 : la phase de thérapie comportementale et cognitive, Année : 03/2009 Nombre de pages : 244, ISBN 13 : 9782100519156, http://www.unitheque.com/medecine/Les_troubles_bipolaires-28720.html
  3. Manuel d’entraînement aux compétences pour traiter le trouble de la personnalité état limite, Editeur  Medecine & Hygiene (editions) ISBN : 2-88049-129-0 , Nb. de pages : 215 pages , octobre 2000http://www.decitre.fr/livres/Manuel-d-entrainement-aux-competences-pour-traiter-le-trouble-de-personnalite-etat-limite.aspx/9782880491291
  4. De l’amour et de la solitude, Jiddu Krishnamurti, Éditeur : LGF, Paris Collection : Le Livre de poche 30182 Spiritualités Description : 251 pages; (18 x 11 cm) EAN13 : 9782253109877 http://www.mollat.com/livres/jiddu-krishnamurti-amour-solitude-9782253109877.html.
  5. Une chanson magnifique qui énonce le paradoxe de la solitude : « je ne suis jamais seul avec ma solitude » de Moustaki http://www.dailymotion.com/video/x2rfse_moustaki-ma-solitude_music

Bonnes lectures et audition ! 

 

 




Jeter votre victime intérieure aux encombrants !

6082010

Encombrante victime Licenciez la victime en affrontant sa panique.

 

L’ouvrage de Melody Beattie, Vaincre la codépendance , comporte un chapitre intitulé Supprimer la victime.

Ce chapitre me semble fondamental pour toute personne entamant son chemin vers l’autonomie, voulant devenir son ou sa meilleur(e) ami(e).

L’obstacle fondamental à l’évolution me semble en effet consister en cette position débilitante que le dépendant peut être amené à adopter, inconsciemment le plus souvent : celle de victime.

Des exemples :Encombrante victime

- j’attends que l’autre m’appelle parce que j’ai peur qu’il ou elle me trouve ceci ou cela …

- j’accuse l’autre de cruauté ou d’indifférence ou de mauvaises intentions parce qu’il n’a pas fait ce que j’attendais de lui…

- je reproche à l’autre d’avoir choisi de vivre à la campagne alors que je suis allergique au pollen au lieu de voir que je n’en ai même pas parlé avec l’autre;

- je trouve que l’autre est radin ou égoïste parce qu’il ne me rend pas son invitation ;

- je suis déprimé(e) à cause de l’autre qui devrait m’aimer plus (dis comme cela, cela montre l’énormité de cette position qui est très infantile aussi );

- j’en veux à l’autre de ne pas avoir pris son maillot de bain alors que cela me semblait clair pour moi qu’on allait se baigner ( à changer par d’autres objets ou décisions qui n’ont pas été clairement posées )

- je souffre parce que l’autre part en vacances seul alors que je viens de partir une semaine avec les enfants pour le soulager et que je le trouve ingrat mais je me contente de soupirer…

Des dizaines d’exemples seraient valables et je suis sûre que vous commencez à voir ce dont je veux parler, non ?

Et le plus difficile, le plus douloureux, le plus révolutionnaire sera de l’admettre, de sortir du déni, de regarder en face cette béquille émotionnelle qui finalement justifie la persistance de la position de dépendant, qui entrave l’accession à l’autonomie. Se voir comme une personne qui se complait dans cette position, cela fait un choc !


Je dirai que la victime peut ainsi rester dans les jupes de maman. Métaphoriquement parlant.

Je vous livre d’abord une citation tirée du chapitre 8 du livre de Beattie cité plus haut :

«  Ne plus chercher à savoir ce que veulent les autres au lieu de cela, insister pour qu’ils me demandent ouvertement ce qu’ils attendent de moi. Demander sincèrement ce dont j’ai besoin. Ne plus chercher à s’occuper des responsabilités des autres. »

Le problème consiste à passer le cap. Il est simple de lire ces phrases, de les approuver mais c’est la peur, la panique qui pose problème.


Lorsque je me vois en train de demander ce dont j’ai besoin, j’anticipe la réaction de l’autre et je peux me sentir terrorisé(e) à l’idée de déplaire, de choquer, d’être rejeté(e) ou que la relation prenne fin.
De même, il est beaucoup plus confortable de m’interroger sur les sentiments, les actions des autres que de penser aux miennes et d’y réfléchir, de les écouter, de les modifier, de les approuver ou les remettre en question.
Parce que, du coup, ce ne sera plus de la faute de l’autre mais de la mienne, du moins, je serai responsable de ma vie au lieu d’attendre et de pouvoir rejeter les problèmes, les difficultés sur l’autr.Et cela fiche la trouille, alors, je commence demain promis en attendant je continue à lui en vouloir, c’est plus confortable…

 

Accepter la peur, la jauger, l’accueillir, lui parler, respecter cette partie de notre personne qui tremble, qui hésite, lui laisser de la place mais pas toute la place.Et puis, se jeter à l’eau pour commencer à vivre sa vie et ne plus rester ce nourrisson réclamant d’être nourri.

Vivre, ce n’est pas seulement choisir, comme dit la même auteure dans un autre ouvrage (Vivre c’est choisir), c’est aussi accueillir ses peurs et les dépasser au lieu de les faire taire en quittant la partie et en laissant sa partie aux autres.

Je peux hésiter, trébucher, mal faire, me tromper.

Comment commencer à ne plus se positionner en victime et à affronter ses peurs ?

Là aussi, il ne faut pas croire que cela se fait en une journée.
Il faut, chaque jour, avancer un peu.
Toutes les occasions du quotidien sont les bonnes.
Se donner la priorité : écouter ses émotions, apprendre à les reconnaître. Se donner le droit de changer d’avis.

Je voudrais passer du temps avec lui ou avec elle. Mon désir est immense. Mais je suis en colère car l’autre ne m’accueille pas. Mais je n’ose pas lui dire que j’aime sa présence et que je désire être avec lui, en parler avec l’autre : que puis-je proposer ? Tout en réajustant ma position selon la réponse de l’autre. C’est le plus difficile car si l’autre ne répond pas à mes attentes, je risque de tout bloquer ou de tout dénigrer par peur de me montrer vulnérable alors que si je me laisse le droit de m’ajuster à chaque instant, que je reste dans une relation vivante qui respire, je peux me sentir libre, constructeur de ma vie.
Il faudra alors reconsidérer la douleur et la tristesse et les accueillir eux-aussi : non plus comme des émotions qui me submergent, me détruisent, viennent de l’autre mais comme une phase incontournable de mes deuils (même tout petits).

Et je peux là aussi choisir de faire le deuil en renonçant mais en même temps laisser germer la prochaine élaboration, le prochain projet, la prochaine relation, je peux garder une position d’espoir, ouverte sur la vie.


Cette attitude a révolutionné mon quotidien depuis presque un an.
Je vis des émotions très riches et très intenses aujourd’hui, beaucoup plus nuancées et authentiques qu’avant. Il m’arrive de souffrir et que cela me touche énormément. Mais comme je ne me positionne plus en victime, il s’agit alors d’une étape obligée sur le chemin de mes deuils et de mes naissances, le cycle de la vie est en moi, je l’accueille et je ne cherche plus à me crisper et à posséder, diriger ou rejeter la faute sur l’autre.
C’est excessivement difficile mais pour rien au monde je ne voudrais être à nouveau cette victime qui reproche aux autres à chaque instant son sentiment d’abandon, de solitude, d’échec…

Alors, débusquons à chaque instant cette victime qui prend possession de notre vie et nous met dans une position d’impuissance catastrophique et de vulnérabilité exacerbée.

J’attends vos exemples : comment aujourd’hui avez-vous agi pour ne pas vous positionner en victime mais en acteur ou actrice de votre vie, respectueux, respectueuse de l’Humain.
Car le dépendant doit aussi apprendre le bon dosage. Apprendre à ne pas écraser l’autre pour surmonter sa dépendance. Apprendre à être calme, posé, à s’affirmer tranquillement.
Waouhhh quel programme, ne trouvez-vous pas ?





Krishnamurti et la dépendance : « She says one is a marvellous philosopher… »

13062010

Freedom

Jiddhu Krishnamurti est un penseur et philosophe extraordinaire selon moi, hors du commun.

Je parle au présent car la pensée de ces grands auteurs me les a rendus immortels et, dans le chemin qui me conduit sur les rives de L’Indépendance… j’aime à me savoir accompagnée par eux… comme quoi, lorsque l’on cesse de rechercher la compagnie des vivants pour supporter sa solitude intrinsèque… on peut encore avoir recours à cette consolation de l’âme en se rabattant sur les morts … je me moque de cette manie qui sans doute ne me quittera pas : je ne peux m’empêcher de dialoguer, d’ailleurs je en pense pas que le dialogue soit malsain, c’est pour moi plutôt l’art de se maintenir relié auu monde, d’accepter l’ouverture et non plus un besoin irrépressible de se fuir à travers l’autre … qu’il soit mortel ou immortel …

Bref (en suis-je capable ?), bref, ce grand penseur a mis au coeur de sa réflexion la question de la dépendance.

Ce n’est pas une problématique si moderne !

Cela me plaît d’ailleurs en ce moment de partir à la recherche de cette thématique à travers les âges !

Bon, revenons à nos pensées moutonnantes, Jiddhu a un humour fou dans sa réflexion sur la dépendance, je vous livre un extrait, en anglais car je trouve cela intéressant de lire ses mots, puis, ma traduction, car traduire et trahir sont de la même origine alors quitte à affronter une trahison, je préfère qu’elle soit mienne …

Réflexion sur la nécessité pour les dépendants et dépendantes de prendre confiance en nous et d’oser, alors en voici un exemple pratique !

Donc, our Jiddu said :

« Neuroticism is the result of dependence.
One depends on one’swife, on the doctor, one depends on God or on the psychologists. One has etablished a series of dependences around one, hoping that in those dependences one will survive. And when one discovers that one cannot depend on anybody, what happens ?

[...] Can one be free of it, no depending on one’s wife, psychologically of course ? One will not do it because one is frightened, one wants something from her, sex or this or that. Or she encourages one with one’s ideas, helps one to dominate, to be ambitious, or says one is a marvellous philosopher.

(J’adore ton autodérision Jiddu !)

[...] But see that the very state of dependence on another may be the cause of the deep psychological neurosis. When one breaks that pattern, what happens ? One is sane ! One must have such sanity to find out what thruth is.

[...] Not to depend on anything means one is alone ; all one, whole – that is sanity, that sanity breeds rationality, clarity, integrity. »

Voici la traduction que je propose sachant que pour traduire le jeu de mots anglais reposant sur l’utilisation de « one » signifiant l’individu, moi, quelqu’un, correspondant au « on » français, je proposerai de traduire « one  » par ego signifiant « moi » en latin et en même temps individu … Je lui adjoindrai une majuscule / Ego sera donc notre personnage. Il est à remarquer que Krishnamurti lui-même pratique l’autodérision en parlant de lui à travers ce « one » quand il parle de sa femme qui le complimente ( « elle dit que Ego est un merveilleux philosophe… »).
« La névrose est le résultat de la dépendance.

Ego depend de sa femme, du docteur, Ego depend de Dieu ou des psychologues. Ego a bâti une série de dépendances autour de lui, espérant qu’en leur sein,  il serait en sécurité. Et lorsqu’Ego découvre qu’il ne peut dépendre de personne que se passe-t-il ?

[...]Est-ce que Ego a le choix de ne plus dépendre de sa femme -psychologiquement bien sûr-  Ego ne jettera pas sa dépendance parce qu’il est effrayé, Ego veut quelque chose de sa femme, du sexe ou ceci ou cela … Ou elle encourage Ego à développer ses idées, à dominer, à être ambitieux ou elle lui dit qu’il est un merveilleux philosophe.

[...]Mais voyez comment cette relation de dépendance à l’autre peut être la cause d’une profonde névrose.Quand Ego fait voler en miettes cette structure relationnelle, que se passe-t-il ? Ego est sain ! Ego a besoin d’être sain d’esprit pour trouver ce qu’est la vérité.

[...]Ne plus dépendre de rien signifie être seul, tout seul, entier dans cette solitude – c’est cela être sain d’esprit et c’est le terreau sur lequel se développeront rationalité, lucidité, intégrité  »

 

En conclusion, cette phrase du penseur :

« La vérité est un pays sans chemin. La vérité est ce que tu es ». 

Cette réflexion permet de comprendre en quoi l’état de dépendance affective empêche l’individu qui en est affecté de vivre sa vie. Car il règne en lui une telle confusion, ses limites sont tellement floues et fluctuantes, fixées le plus souvent par autrui, qu’il ne s’est jamais trouvé.

Jamais je ne voudrais retourner dans cet état où tout se brouille sans cesse, où tout est conditionné par l’extérieur. C’est terrifiant. La névrose de la dépendance affective  est un pays qui vole les âmes des malheureux qui y sont jetés en pâture.

Bon courage à vous tous et bonne lecture. Cet auteur est un guide incomparable selon moi. 




« L’incapacité d’être seul ». Essai sur l’amour, la solitude et les addictions.C. Audibert. Payot.2008

27022009

A. Analyse et remarque perso ( à lire éventuellement)

Excellent ouvrage pour comprendre la problématique de la solitude chez le dépendant affectif.

En effet, être seul ou être avec l’autre provoque toujours le même constat angoissant et usant : « cela va finir, on va se quitter, cela ne va pas durer », constat polluant le moment présent partagé avec un ami ou un proche, constat rendant les moments de solitude déchirants : nous vivons la mort des autres quotidiennement, un départ, c’est une tragédie. Bien sûr que ceci n’est pas forcément nommé ou conscient, cela peut être le corps qui parle … nausées, vertiges, ventre noué, tremblements…

Cette incapacité a donc toujours un lien avec l’addiction, le dépendant affectif est dans l’addiction, toujours, dans une ou plusieurs ! 

Souvent, on soigne son addiction sans se rendre compte que derrière elle, c’est la dépendance affective qui tire les ficelles …

Car  une addiction est pour le dépendant affectif le mécanisme de survie qu’il a trouvé ! imaginez donc qu’une addiction peut en cacher une autre tant que le dépendant n’a pas appris à se faire à l’idée de finitude, de mortalité.

Il faut avoir fait le deuil de sa vie intra-utérine pour pouvoir vivre ! Il faut naître au monde, « couper le cordon » est une expression juste et simple. Nous ne sommes donc pas encore « nés » lorsque nous sommes DA (= dépendant affectif). !!!

Donc, pour échapper à la souffrance de la solitude, je mets en place (en attendant ma naissance et j’espère qu’elle ne tardera pas à 40 ans …lol comme dirait ma fille) certains mécanismes :

  • je mange (pas beau)
  • je bois, (beurk)
  • je dépense, (ouille)
  • je collectionne les amants, (mamamia)
  • je joue, (bingo)
  • je me drogue, (patatras)
  • je dors… (pfuitttttttt)
  • j’ai des conduites à risque… (badaboum)
  • je parle avec des onomatopées pour rester jeune ( warf warf warf)… non, là, c’est un intrus.

En effet : si vous n’êtes pas sûr d’être vivant, ou si vous ne parvenez pas à l’accepter, il faut y aller à fond pour rester toujours dans le flou, le fondu, l’irresponsable, le moelleux, le sucré, le doux, l’impersonnel… tout ce qui recrée l’ambiance de notre vie utérine, car  nous n’avons pas appris à profiter des bonheurs de l’indépendance, de l’exploration, de la différenciation, de l’intimité…notre enfance ne nous a pas permis cette découverte.

Il faut donc sortir de l’indifférenciation, se créer une nouvelle peau plus solide, contenante (voir le livre très complexe d’Anzieu : Le Moi-Peau), affronter l’idée de la mortalité et profiter de cette nouvelle liberté… Quel chemin !

B. Citations (à lire absolument)

Mais avant,  voici quelques citations de cet ouvrage qui montre bien le lien entre cette solitude-détresse et les addictions.

Son Avant-Propos présente la problématique et la structure de l’ouvrage (page12) :

« Que sont les angoisses de solitude ? Qu’est-ce que l’incapacité d’être seul, dans l’absence comme dans la présence des autres ? En quoi la relation addictive peut-elle être une solution à cette incapacité  et qu’est-ce qui la différencie d’une relation d’amour ordinaire ? Comment les addictions fonctionnent-elles face aux éprouvés de solitude ? … »

P15, la définition de l’incapacité d’être seul et de sa conséquence : « La solitude, comme la mort, est un sujet fondamental en psychopathologie car c’est à partir de sa capacité à accepter son destin d’être-seul et d’être-mortel que l’humain organise sa propre existence. »

P22 : la conséquence avec l’enfant (et donc le parent dépendant affectif sera souvent « toxique », voir ouvrage « Les parents Toxiques » de Susan Forward ») « Certains adultes ne permettent ainsi pas assez à leur enfant de jouir de ces moments de solitude, car ils se montrenttrop présents, trop stimulants, tropexcitants, trop angoissants ou trop dépendants de cet enfant qui a d’ailleurs parfois comme fonction inconsciente d’éviter la solitude de son (ou ses) parent. »

P. 65 Au sujet de la boulimie : « La boulimie, en entretenant la sensation de vie dans le corps, écarte momentanément la crainte de son anéantissement, mais elle empêche le sujet d’accéder à l’acceptation de l’idée de mortalité. »

P. 209/210 : Le sommeil comme solution : » Lorsque les sujets tentent de sortir de leur repli, ils imaginent avoir sans cesse à se défendre de l’autre. Jusque-là, ils pouvaient parfois se croire nés pour être ermites. Mais, c’est au milieu des autres qu’ils découvrent à quel point le contact est coûteux. Toute forme d’échec est alors considérée comme très grave. Le conflit est intolérable, le rejet ne l’est pas moins. [...] Certains peuvent même décrire une sorte d’addictionau sommeil, comme si dormir, se mettre en léthargie, avait cette même fonction qu’ont certaines « drogues » contre la souffrance de solitude. »

Bonne réflexion ! Accepter l’idée de la mortalité, c’est donc pouvoir commencer à organiser sa vie et donc ne plus être au coeur d’une tempête permanente qui ravage tout et nous empêche d’être tranquille !

 

 




Trop aimer : progression et guérison d’après Robin Norwood

13022009

Le schéma que je retranscris ici se trouve aux pages 286/287 de l’édition de poche « J’ai Lu » du livre Ces femmes qui aiment trop.

 

 

 

 

 

 

 

PHASE INITIALE

Comportement trop responsable, trop protecteur acquis dans une famille affligée de dysfonctions.
Attirance envers ceux qui ont besoin d’elle. 

 

Grand besoin de contrôler  les autres : choix d’un partenaire irresponsable qui invite à ce comportement.
Tentative d’aimer son conjoint de la façon qu’elle aimait ses parents malades.
Début de la dénégation de l’état de la relation.
Dépendance émotionnelle de son partenaire accrue.
Efforts pour ne pas contrarier son partenaire.
Sentiments de culpabilité.
Besoin urgent de discuter de son problème avec son partenaire.
Doute de ses perceptions.
Attention portée sur le comportement de son partenaire.
Excuse du comportement de son 

partenaire auprès d es autres .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PHASE

CRITIQUE

Obsession de dissimuler ses problèmes.
Sentiments d’échec.
Comportement agressif envers son partenaire : désir de vengeance.
Remords persistant au sujet des disputes avec son partenaire.
Vains efforts répétés pour contrôler son partenaire.
Colère et ressentiment à la suite de promesses et de résolutions non respectées.
Tentative d’éloignement géographique avec son partenaire.
Perte d’intérêts.
Famille et amis évités.
Problèmes d’ordre professionnel et financier : assume les responsabilités de son partenaire.
Ressentiment irraisonné.
Manifestations de maladies nerveuses.
Alimentation excessive ou négligée.
Problème d’ordre médical : utilisation de tranquillisants.
Possibilité d’un développement d’une dépendance à l’alcool ou aux drogues.
Détérioration physique.
Début de périodes de dépression, prolongées.
Liaisons extra-conjugales, abus de travail, intérêt obsessionnel pour des préoccupations extérieures.
Facultés intellectuelles amoindries : découragement.
Ressentiment des gens normaux.
Frayeurs indéfinissables : paranoïa.
Incapacité d’agir.
Obsession de son partenaire.
Epuisements de toutes les tentatives de contrôle.
Violence accrue envers son conjoint et ses enfants.
 

 

PHASE CHRONIQUE

Menaces de suicide et tentatives
Troubles émotifs graves chez soi et ses enfnats.
Echec total admis.
Persistance de l’obsession du partenaire dans un cercle vicieux.
Consent à chercher de l’aide.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REHABILITATION

Désire sincèrement être aidée quoi que son partenaire fasse.
Apprend que trop aimer est une maladie.
Apprend qu’elle peut guérir que son partenaire reçoive ou non de l’aide.
Fait face à son impuissance (incapacité).
Début d’une thérapie de groupe.
Rencontre avec des femmes qui aiment trop en voie de guérison.
Début de pensée positive.
Appréciation des avantages possibles d’un nouveau mode de vie.
Mise de l’importance sur soi plutôt que sur son partenaire . Atténuation des craintes à propos du futur
Reçoit de l’aide dans le traitement de sa dépendance d’une drogue.
Retour de l’estime de soi.
Assiduité aux réunions de groupe.
Disparition du désir de « s’évader » : capacité de dire « non ».
Pensées réalistes.
Cesse de donner du pouvoir à son partenaire.
Efforts loués par ses amis du programme.
Développement d’intérêts sains.
Nouveau cercle d’amis stables.
Reçoit de l’aide pour faire le point sur sa vie.
Renaissance des idéaux et de la spiritualité.
Equilibre émotif accru.
Appréciation de ses progrès.
Disparition graduelle du besoin de contrôler les autres.
Premiers pas vers l’autonomie.
Regain de la confiance des enfants.
Souci de son apparence.
Identification précoce des rationalisations (mécanismes de défense).
Satisfaction non basée sur le comportement de son partenaire.
Prise en charge de sa vie (responsabilités accrues).
Mode de vie éclairé et intéressant permettant de viser à des objectifs encore inégalés.



Ces femmes qui aiment trop de Robin Norwood

13022009

Mon livre de chevet. Celui qui depuis huit mois m’apporte de l’aide presque quotidiennement.

Beaucoup de thérapeutes refusent d’entendre parler de « dépendance affective » et minimisent ce problème ou, effectivement, ne le prennent pas comme une maladie qui peut conduire à la mort comme toutes les dépendances (à l’alcool, à l’argent,  à la nourriture, aux drogues, aux médicaments…). 

Or, bien qu’étant fondamentalement ouverte à la psychothérapie, à la psychanalyse, en connaissant l’utilité, les bienfaits, je suis entièrement d’accord avec Robin Norwood pour l’avoir vu chez ma grand-mère, chez ma mère, chez moi et déjà chez ma fille qui heureusement parviendra peut-être à sortir de ce cercle infernal si je le brise et je m’y atttache, donc, la dépendance affective est une maladie chronique grave qui a la même évolution que l’alcoolisme.

La première fois que j’ai lu cela, j’ai rigolé et jeté le livre. Je pense que cela dérange d’entendre cela. Cela remue. On préfère traiter Norwood de cinglée, de dire : « c’est les autres ! « .
Pourtant, j’ai repris le livre, je l’ai lu, relu, rerelu… et j’ai compris pourquoi j’avais eu ce premier moment de rejet : elle avait mis en plein dans le mille !

D’ailleurs, l’état physique et psychologique de ma mère suivait exactement le schéma qu’elle décrivait et je lui emboîtais le pas. 

L’évolution des patients atteints de  dépendance affective est sensiblement la même que celle des patient(e)s alcooliques. Et même si cet étiquetage de « dépendant affectif » dérange, laissons de côté le mot, ce n’est pas lui qui est important mais la réalité qui se cache derrière lui !

Dans son ouvrage, Robin Norwood parle des étapes à respecter pour s’en sortir après avoir décrit clairement les étapes de cette maladie. Elle conseille de rejoindre des groupes de parole sur le modèle des Alcooliques Anonymes. cela peut agacer, on peut ne pas adhérer à cette solution, quoi qu’il en soit, ce livre restera toujours pour moi celui qui a eu le mérite d’appeler un chat un chat et de me donner des explications claires, pratiques, utiles.

Grâce à cet ouvrage, je mesure des progrès. Mon bien-être augmente. bien sûr, c’est un combat et il y a des jours où je suis KO et où j’ai peur d’avoir à tout recommencer. Mais non. 

Accepter de progresser pas à pas, d’entrer dans une vie plus paisible, parfois étrangement calme, c’est aussi difficile et le corps et l’esprit parfois  se cabrent comme des chevaux sauvages, réclamant leur bonne vieille angoisse, leurs bons vieux conflits etc.

Dans le prochain artccle, je vous transcrirai les étapes de cette maladie chronique telles que Robin Norwood les décrits, cela aide à se situer.

Bon courage et souvenez-vous : ce qui compte, c’est aujourd’hui !







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