De la rupture et de l’errance comme modalité relationnelle: Le DA, une âme en peine.

14092010

FreedomLe terme de « dépendant affectif » peut apparaître à bien des égards comme une simplification et une caricature d’une problématique inhérente à la vie de tout être humain : comment concevoir d’entrer en relation avec l’autre de manière durable, authentique et avec soi-même également sans se laisser aller, s’ouvrir, se montrer vulnérable et prendre ainsi le risque de la blessure ?

Ainsi pour plusieurs d’entre nous la dépendance n’est pas mauvaise en elle-même, la dépendance n’est pas à rejeter, la dépendance n’est pas un appauvrissement ou une incompétence mais plutôt la marque d’un abandon de soi provisoire nécessaire à la création d’une relation de qualité, encore plus inévitable dans des relations amoureuses …

Nous en venons ainsi parfois dans les commentaires ici postés à nous affronter entre ceux qui rejettent la disqualification complète de cette dépendance, ceux qui revendiquent la beauté et l’expérience incomparable du fusionnel dans la première étape d’un couple, ceux qui ne veulent pas que le mot « dépendant affectif » viennent nommer leurs relations passionnées, ceux qui au contraire vivent leurs schémas répétitifs de manque et de souffrance comme insupportables… mais dans tous les cas, quelle est la véritable problématique ?
Car finalement, ici, qu’est-ce que je nomme « dépendance affectif » ou qui est nommé « dépendant affectif » ?

La personne qui ne parvient pas à construire des relations durables paisibles, sans drames, sans ruptures brutales, qui ressent le besoin de se protéger avec une carapace, de se blinder ou qui au contraire s’en remet entièrement à un autre et se retrouve ainsi fréquemment avec la sensation de risquer sa vie à chaque fois que l’autre prend de la distance …  Bref, la dépendance affective ne désigne pas ici la capacité à se montrer vulnérable et à s’ouvrir dans une relation équilibrée et de confiance .

Il se trouve que les personnes qui se désignent ou se reconnaissent comme DA vivent depuis très longtemps dans le morcellement, y compris intérieurement ; c’est comme s’il y avait toujours en même temps de la déchirure et le besoin de recoller les morceaux, deux forces antagonistes en perpétuel combat ; il peut d’agir de s’exposer dans des relations où l’on se vide, se déchire soi-même et où l’on croit que tout donner de soi est suffisant pour s’attacher l’autre fût-il totalement impossible de s’investir dans une relation équilibrée et paisible , c’est donc entrer régulièrement dans la danse avec un autre qui  vous pille et vous laisse exsangue parce que vous aurez tout mélangé et accepté pour être  certain(e) d’être irréprochable et de vraiment mériter cet amour, c’est se détester jour après jour et ne pas être capable de faire les choix qui nous conviendraient car un autre ou une autre risqueraient de nous en vouloir et de s’éloigner de nous, c’est mettre fin à…continuellement puis faire demi-tour par peur de … c’est tenter à tout prix de savoir ce que veut ou pense l’autre pour se rassurer et faire taire nos déchirements, c’est sans cesse décider de… puis changer d’avis car… et donc tout ce qui est brisure, rupture, déménagement, changement, tentatives, essais, esquives, ébauches, rêves, passions, s’enchaînent, c’est des amis vite construits, vite perdus… des bouleversements permanents subis ou provoqués dans l’espoir de mettre fin à un autre bouleversement, c’est la fuite en avant et le cercle des ruptures qui se met en place et petit à petit une immense fatigue qui s’ancre dans les corps marqués …
Ce vers de Baudelaire me semble bien décrire cette lassitude conséquence de cette sorte d’errance émotionnelle (parfois bien concrète dans les parcours de vie : compagnons, compagnes, ami(e)s, liens familiaux, lieux de vie, carrière professionnelle, loisirs …)  :

« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans »

Et pourtant, le premier pas est de se recoller soi. De s’unifier, de « s’identifier » … comme si à l’inverse de Narcisse, si notre reflet était d’abord celui de l’autre quand nous nous penchons sur nos vies et que ce reflet qui n’est pas le bon est en plus fluctuant achevant de faire grandir notre angoisse, frayeur inscrite dès notre aube enfantine lorsque nous faisions le cauchemar de nous réveiller, seul(e) dans un lieu inconnu ou terrifiant, métaphore  ? j’esquisse une hypothèse … métaphore de notre arrivée au monde qui n’a pas de sens lorsqu’elle n’est pas accueillie comme lieu de la construction d’un échange nourrissant entre ce nourrisson et les autres, entre ce nourrisson et sa famille… ce nourrisson dans lequel les autres se reflètent, incapables de le regarder pour ce qu’il est et ce qu’il a d’unique . Nier la naissance !? Une projection qui remplacerait une découverte. Et le film commence avec dans le rôle principal un individu qui se pare de toutes sortes de costumes pour faire plaisir à son synopsis familial mais qui s’épuise en représentations et se sent de plus en plus vide^et qui crie :

- Vite, un peu d’amour, en perfusion, à profusion, de l’effusion …

Et il ne parvient plus à rapiécer les trous de ses habits de gala, et à travers eux le froid s’insinue et affaibli , il n’est plus capable de rejeter ses loques, de choisir une bonne auberge et de s’y reposer un bon moment avant de repartir, vêtu d’habits à sa taille, chauds, moins fantasques mais si légers, si commodes …

 ALORS? QUOI ?????IL N’Y AURAIT QU’A SE SECOUER, QU’A NE PLUS AIMER DES PERSONNES INCAPABLES DE… ECOUTER LES « ON T’AVAIT POURTANT PREVENU QUE ?

NON!!!!!!

L’accueil qui  n’a pas été vécu comme tel par l’enfant ( sans qu’il ne s’agisse de chercher des coupables !), cet accueil doit être expérimenté par la personne en souffrance pour ne plus continuer à errer comme une âme en peine …

Apprendre à nous voir en pleine représentation dans l’espoir de gagner quelques miettes d’affection et puis, soudain, s’écouter,se former, se reposer, se créer un rôle juste, beau, personnel et enfin être vu, regardé, respecté comme l’acteur de sa propre vie, et quitter l’errance, l’errance subie, l’errance agonisante, quitter la quête du regard del’autre pour porter son regard sur sa vie intérieure et sur les autres qui savent construire un échange nourrissant, qui nous nomment et ne nous surnomment pas…

Sortir du rapiécé, du morcellé, du recollé, du cassé, du brisé, de l’instable, de l’imprévisible, de l’inconstant, de la trahison du coup de poignard dans le dos, sortir du déchirement, du tout et du rien : naître.

Prendre conscience, sortir du déni




Le Moi-Peau défectueux dans le couple pathologiquement fusionnel.

3092010

Le complexe du HomardOu il est question de carapace épaisse ou au contraire d’une enveloppe si fine poreuse, perméable et exposant à tous les dangers.

Pour les personnes dépendantes affectivement, la question des limites ou frontières est une problématique constante, toujours porteuse d’énormes souffrances.

L’adolescence n’aurait-elle pas pu remplir son rôle, n’aurait-elle pas eu lieu ? ne se serait-elle jamais fini ? (article à venir : adolescence et dépendance)

 Lorsqu’un couple s’établit dans la fusion et ne parvient jamais à s’en extraire, la souffrance est parfois inimaginable et même insoutenable lorsque l’un des deux vient à se confier. Il s’agit de jeunes couples qui partagent leur quotidien depuis deux ans et se mettent à se déchirer sans trouver le moyen de rompre ; de couples vivant depuis des dizaines d’années ensemble ayant vécu plusieurs crises mineures mais dont l’entrée dans l’âge de la retraite vient provoquer un chaos, le point commun est la quasi impossibilité à se séparer au moment ou tout l’entourage les en supplie. L’un des deux peut tomber gravement malade de cette relation épuisante et collante comme une pâte mal farinée. L’évolution est le plus souvent cyclique. L’issue est imprévisible : ruptures violentes,re-créationd’une relation non fusionnelle avec un accompagnement le plus souvent, poursuite des crises et du couple qui fait le vide autour de lui, les amis se lassant après de nombreux épisodes tumultueux…

Pourtant, il semblerait qu’aucun couple ne peut faire l’économie de cette étape ( Lectures conseillées :voir notamment La danse du couple de Serge Hefez, ed Hachette Littératures qui reprend le travail d’Anzieu sur le Moi-Peau, travail passionnant et fondamental dans l’approche de la dépendance.)

Le pathologique surgit quand la sortie du fusionnel est impossible. Parce que le caractère dépendant de l’un de l’autre ou des deux l’empêche ou l’avorte ou la fige : la dé-fusion est immédiatement refroidie …Ou alors le couple est immédiatement dissout. » Tu seras fusionnel ou je t’abandonnerai ! »

 L’étape normale fusionnelle dans un couple est donc différente car si elle sera suivie de crises, celles-ci ne mettront aucun pronostic vital en danger, celles-ci ne seront pas dramatiques ou extrêmement fréquentes, ni cycliques, le couple apprendra à retrouver ses marques qu’il avait auparavant bien acquises mais si l’un des deux ou les deux se lancent à corps perdu dans une relation réparatrice il n’est pas sûr que le couple puisse survivre, ses membres n’ayant encore jamais construit sereinement leur identité…

Et lorsque l’identité de l’un ou de l’autre est construite par un travail thérapeutique, il est fréquent que le couple n’ait plus aucune raison d’être…Car les défenses à mettre en place pour se reconstruire empêche souvent la spontanéité des échanges et tuent le plaisir. (Par exemple…)

Donc, dans cette relation d’extrême dépendance, comment l’identité de chacun est-elle abolie, empêchée ?

Tout d’abord, la personne alterne souvent entre deux positions radicalement opposées qui provoquent toutes les deux des effets désastreux sur la relation.Il s’agit d’ailleurs de deux positions interchangeables entre les membres du couple également.

D’une part, une volonté, presque mystique parfois, d’être entièrement « transparent » pour l’autre aimé, désir de se donner entièrement ou d’obtenir en échange de son propre don celui de l’autre,  désir de vivre une fusion parfaite, croyance en la possibilité d’un pacte de transparence :

« nous nous dirons tout, nous serons tout l’un pour l’autre », l’indissociation venant réparer et combler tous les manques et rejoignant, il est vrai les mythes des contes de fées. Enfin le véritable amour est au rendez-vous. Transcendant. 

Ce pacte est le plus souvent tacite -mais pas toujours, certains prononcent cet engagement et vont jusqu’à le faire devant témoins parfois :) -

[Il peut être d'ailleurs apparemment  unilatéral ce qui immédiatement sème immédiatement des souffrances relationnelles qui ne tarderont pas à lever. Mais dans ce cas, l'autre adopte exagérément le rôle du" carapacé" dont je parlerai ensuite ce qui montre une personnalité anti ou contre-dépendante... ce qui revient paradoxalement au même !  ]

Ainsi, très vite l’épreuve de réalité – vivre sa relation au quotidien- en dévoile – le comble pour un voeu de transparence- la monstruosité et la violence : être transparent, sans frontières, c’est n’avoir aucune consistance, c’est se vider se diluer, être envahi, envahir, perdre son identité, usurper une identité, renoncer à ses besoins , répondre à ceux des autres etc.

Les émotions implosent ou explosent ou les deux …

D’autre part, il peut subitement décider de devenir opaque, se carapaçant et ainsi  lorsqu’un membre de ce pacte diabolique l’écorne, le trahit, le rejette, tente de faire marche-arrière et de retracer son contour, de refermer ses portes,de repousser les intrusions, l’autre membre  se retrouve soudain paniqué,  ayant perdu accès à l’océan contenant, à l’identité partagée, cherchant comme un papillon de nuit à pouvoir entrer à nouveau dans la bulle de l’autre mais désormais, se cognant à ses limites réapparues, se blessant parfois profondément et éprouvant une rage et un désarroi intenses le tout enrobé d’hostilité, d’obstination et d’angoisse.

Quant à celui qui ferme les écoutilles – et il peut se produire une alternance, les deux membres de la relation  se rétractant tour à tour – il croule souvent sous la culpabilité. Il joue souvent le rôle de l’Enfant ( voir l’Analyse Transactionnelle pour ses positions de vie qui permettent de schématiser certains mécanismes de la dépendance) rebelle qui en cachette d’une mère trop intrusive gagnerait son identité en bravant les interdits et en masquant ses « frasques » maladroitement aux yeux de l’autre, voire en venant tout lui avouer d’un air accablé mais néanmoins en arborant un plaisir indiscutable… « Je suis un vilain ou une vilaine… » mais ce jeu m’a apporté du plaisir et qui a été plus fort que la culpabilité et l’interdit injuste posé par l’autre … autre préférant un amoureux sans pulsions et donc sécurisant, contenant, qu’un amoureux avec pulsions et donc incontrôlable, opaque,séparé, électron libre… Car s’il est dépendant il n’a pas bien appris à se différencier, il lui manque des compétences.

La carapace devenant de plus en plus épaisse si l’autre poursuit son travail de culpabilisation ou si le papillon transparent s’est trop cogné, pour éviter de mourir, il se fige dans la position de celui qui ne ressent plus rien. La carapace étant en quelque sorte l’envers de cette fine membrane perméable piste de danse de la fusion mais où tous les coups font mouche… la peau à vif ou la carapace étant deux modalités interdisant toute place à une relation équilibrée dans le couple qui sera tour à tour intrusif ou insensible, l’intimité étant toujours insupportable car connectant chacun des individus avec leur manque d’autonomie et d’identité. Vertigineux !

Cependant, les rôles pouvant s’inverser dans de telles relations,  il est finalement assez difficile de dire qui est le plus dépendant … Même si Monsieur Carapace et Madame Fleur de peau sont les positions les plus fréquentes, il est possible de jouer toutes les variantes de la pièce et même voir des figurants intervenir pour que le spectacle continue.

Cette description sur un ton léger permet de prendre un peu de distance avec un piège relationnel des plus terribles. Il est donc vraiment conseillé d’apprendre à nos adolescents à se construire un minimum avant de se lancer dans la vie d’adulte et nous ne pouvons à ce titre pas leur donner de meilleure leçon que celle de l’exemple d’un couple équilibré – modestement, tout couple ne fonctionnant pas dans des rôles figés, répétitifs, aliénants est recevable, nul besoin d’accéder à une illusoire et dangereuse perfection et à une analyse constante de ses conflits, le couple ne voyant même plus les enfants, ceux-ci étant priés d’attendre que les grands aient fini de panser leurs blessures …

Le complexe du homard de Dolto est une lecture conseillée à nos adolescents…ainsi qu’à nous adultes qui voulont refaire une partie du chemin et partir en quête de notre identité.

 

 

 

 

 

 

 

 




Le surmenage dans la dépendance affective.

19082010

lechemin2.jpgTrès fréquemment,mis à part les chagrins d’amour disproportionnés dès l’adolescence, c’est le surmenage , l’impression d’être sans cesse « au bout du rouleau » qui provoquent le questionnement et le début de la prise de conscience du dépendant.
Alors, les premières fois, on va voir son médecin généraliste et on parle de cette fatigue généralisée et inexplicable et fréquemment le mot « petite dépression » est employé ; ou alors, on apparaît comme une « wonder woman » qui devrait en faire un peu moins… alors, c’est vrai que quelque chose cloche et qu’au fond, ces moments de découragement qui peuvent être subits et violents nous angoissent profondément d’une part car on a peur que tout parte à volo, que le contrôle de la situation nous échappe (l’horreur pour un dépendant affectif encore plus lorsqu’il s’ignore), et d’un autre côté que c’est bon de se faire chouchouter…

Ce n’est pas que le terme « dépression » ne convienne pas du tout mais il serait plutôt une conséquence terrible d’une méconnaissance : le Dépendant Affectif ignore complètement qui il est avant sa première prise de conscience et il a appris à fonctionner en regardant les réactions des Autres et en se modelant sur l’image qu’ils ont de lui !!! 

Imaginez donc une seule minute, en vous mettant dans la peau d’un DA ce que peut être son quotidien :

- il organise son agenda en fonction des autres;

- il est capable de se retrouver avec plusieurs rendez-vous à la fois ;

- il fait plusieurs activités mécaniquement parce qu’il le faut et s’il lit ou entend ou voit qu’il ne le faut plus ou qu’il faut le faire autrement, il se retrouve paniqué ne sachant plus à quel sein se vouer et tournant en rond ;

- pour faire plaisir ou par peur de manquer une opportunité, il peut prendre des décisions impulsives et les regretter l’instant d’après et perdre beaucoup de temps à régler des problèmes qu’il s’est créé lui-même pour réparer promesses non tenues, engagements trop nombreux, oublis, désistements de dernière minute …

- il a des crises d’angoisse face à toute cette agitation mais il ne se les explique pas et peut tout laisser tomber, déménager, fuir… ce qui provoque encore beaucoup de fatigue !

- il commence plein de choses et fait les mêmes activités que ses ami(e)s pour ne pas les décevoir …

-il blinde son emploi du temps et court même pendant les vacances pour ne pas ressentir cette solitude qui le terrorise lorsqu’il est en contact avec lui-même …

Vous avez là un aperçu suffisant de ce qui est vraiment épuisant et insupportable !

lechemin1.jpg
Le plus difficile sera d’accepter de mettre fin à tout ce qui ne fait pas sens ou plaisir d’une part tout en renforçant sa fiabilité dans les domaines où ses responsabilités sont engagées quite à en faire moins mais bien et de manière assidue : l’éducation des enfants, le travail  et le logement sont 3 domaines importants.

Il faudra également réfléchir à équilibrer son temps : garder du temps de libre pour entrer en contact avec ses émotions, mettre en place des routines simples pour éviter de partir dans le décor, ne pas faire passer ses relations amoureuses avant tout le reste au risque d’y laisser sa peau ; comprendre que la personne qui vous aime vraiment n’a pas besoin que vous l’attendiez en robe de soirée et avec une bouteille de champagne à deux heures du matin alors que vous bossez à huit heures et avez trois enfants à gérer… comprendre que la meilleure amie qui débarque pour pleurer dans vos bras ne paiera pas la cantine du petit, ne fera pas les courses à votre place… il s’agit donc de définir des limites à ne plus franchir.


Dans un premier temps, elles ne seront pas forcément vécues comme nécessaires car la recherche du plaisir de l’autre fait que ces limites confrontent la personne avec sa peur de perdre ses relations et de se retrouver seule.


Puis, le plaisir d’une vie avec moins de drames, avec plus de bien-être, avec moins de fatigue viendront conforter ces limites qui ne poseront plus problème…
Mais en attendant, la fatigue écrasante est souvent au rendez-vous et ne doit absolument pas être minimisée.
Apprendre à se préserver, à ne pas s’oublier fait l’objet de longs jours d’essais, parfois d’années mais les progrès sont encourageants !

Bonne route,

Ysyade. Prendre conscience, sortir du déni




La dépendance affective, une maladie ?

16082010

Prendre conscience, sortir du déniphoto689.jpgCet article fait réponse au commentaire de Constant sur mon article le déni. Merci http://dependanceaffective.unblog.fr/2010/08/15/le-dependance-affective-et-le-deni/.

Effectivement, affirmer que la Dépendance Affective est une maladie est une question épineuse et sujette à controverse, je pense d’ailleurs qu’il est sain et intéressant d’en débattre, merci Constant !

Il faut effectivement avancer prudemment : j’emploie le terme « maladie » ni plus ni moins que comme une altération de la santé : or, pour moi, la santé n’est pas seulement une affaire corporelle mais un équilibre global qui permet à l’individu de fonctionner correctement …

La Dépendance Affective, je vous l’accorde, provoque fréquemment des « maladies »… cela nous sommes prêts à l’entendre … mais, je vais plus loin.

La Dépendance Affective nous plonge dans une  souffrance permanente et intense, un peu comme si on était dans un étau, alors, oui, je n’hésite pas à l’affirmer, il s’agit là pour moi d’une maladie. Surtout depuis que je me sens beaucoup mieux, vraiment apaisée après des années de lutte et de recherche ; surtout quand une femme qui m’est proche est en train d’en mourir. Et pourtant, elle en prend des médicaments ! Si on se contente de soigner les symptômes et pas le mal, alors on ne règle rien, au contraire, on retarde la sortie éventuelle de la personne de son déni (attention : je ne prétends pas qu’il ne faut pas prendre de médicaments,ce serait irresponsable de ma part, mais qu’il faut une prise en charge globale, lourde, longue, par des personnes qui connaissent le problème de la dépendance affective et qui viennent d’horizon multiple;  c’est une banalité de le dire, régler une dépendance nécessite toujours un travail qui dure pratiquement toute la vie ! en ce sens, l’échange mis en oeuvre dans les groupes, dans les blogs, dans les livres fait avancer les choses et l’information doit se diffuser pour donner de l’espoir !)

Je pense effectivement qu’il faut des médicaments : mais le mot lui-même pour moi ne renvoie pas à la prise d’une substance chimique mais à la mise en oeuvre d’un procédé thérapeutique.

photo689.jpgAinsi, la Dépendance Affective nécessite la mise en oeuvre d’un procédé thérapeutique, il s’agit de se soigner mais au sens étymologique du terme : prendre soin de soi.

Chaque dépendant devra ainsi choisir les moyens qui lui conviennent pour prendre soin de lui, je ne pense absolument pas qu’il puisse être possible de dire qu’un seul moyen existe, ni que seuls les médecins peuvent guérir cette Dépendance : je pense que c’est une des voies possibles parmi d’autres.

Voilà, pour sortir de la Dépendance, il faut se soigner et je ne crains nullement la récupération de cette affirmation par les médecins.

Quelle molécule pourrait-t-elle donc soigner la Dépendance Affective ?

Par contre, je pense qu’il est important que chaque Dépendant ait une démarche ouverte et se remette en question :

photo689.jpgAvoir la meilleure  santé possible fait partie de notre devoir d’être humain adulte et digne.  Là aussi, il faut débusquer la victime qui pourrait se cacher en nous … Cela peut être dur à entendre mais je crois depuis peu, qu’il s’agit d’un devoir de prendre soin de notre corps, de gérer aussi nos maladies pour ne pas encombrer notre entourage, pour ne pas les culpabiliser ou les mettre dans l’embarras.

Alors, débattons-en, et réfléchissons aux implications de La Dépendance Affective en terme de santé … peut-on vraiment continuer à refuser de la voir comme une maladie ? On peut jouer sur les mots. On peut être gêné. Dans ce parcours du combattant, en tout cas, selon mon expérience, ce sont de nombreux bénévoles et professionnels qui permettent de guérir et j’avoue que je n’en exclus aucun !!!

Prendre conscience, sortir du déni




Le dépendance affective et le déni.

15082010

photo142.jpgLe déni ou la dénégation …

Beaucoup d’entre nous sommes déjà passés par cette étape ; cela ne signifie pas que nous ne la revivrons pas.

Rappel de la définition de déni :Différent du refoulement, le déni est une stratégie de défense qui mène à éviter, sinon à nier une réalité (ex : une adolescente refusant d’admettre la réalité de sa grossesse et dissimulant celle-ci à elle-même et à son entourage jusqu’à l’accouchement). Dans le cas d’une psychose, il y a véritablement négation de cette réalité extérieure à laquelle se substitue une idée subjective fantasmée. http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Deni

Le déni est une étape extrêmement problématique : il intervient à plusieurs stades de ce que je nommerai la prise de conscience de cette maladie qu’est la dépendance affective.

Le terme maladie signifie ici : qui altère la santé, qui provoque des dysfonctionnements émotifs et physiques, qui provoque des effets sur le corps nuisibles à moyen ou long terme ( stress, ulcère, hypertension, anxiété, douleurs multiples…) .

Je pense en effet, comme d’autres auteur(e)s que la dépendance affective est bien une maladie et quelle est encore trop souvent minimisée voire niée … minimisée car s’il s’agit d’un manque d’autonomisation d’un individu, il ne suffit pas d’en informer l’individu pour le guérir, ni de faire quelques exercices … car si l’information et les exercices sont bien sûr incontournables pour en sortir, il s’agit avant tout que l’individu comprenne qu’il souffre d’une maladie et qu’elle est potentiellement mortelle.
Une personne qui m’est très proche est en train d’en mourir et pour l’instant, rien n’a pu être fait pour elle car le déni l’a emporté. Cela me bouleverse profondément . Cette maladie est extrêmement complexe car les relations humaines sont au coeur de notre vie et il s’agit donc pour moi d’une maladie de l’humain, la dépression étant fortement liée à cette pathologie.Je pense même que la dépression n’est pas à l’origine de cette maladie mais qu’elle en est une conséquence et qu’ensuite, elles sont deux compagnes inséparables !

Ce qui est terrible dans cette maladie, c’est qu’elle vide la personne de toute substance vivante car la personne est dépossédée d’elle-même. Elle rend indigent et toutes les dépendances sont souvent selon moi dérivées de celle-ci et il est important de savoir que l’on peut se croire guéri de l’une alors qu’il s’agit seulement d’un subterfuge de la maladie qui prend une autre apparence. (J’en reparlerai dans « la dépendance affective polymorphe »).

Au départ, le dépendant nie être dépendant, du moins, il ne perçoit pas son mal être comme résultant de cette dépendance affective ; il nie parfois également d’autres dépendances, se sentant bien sûr extrêmement loin du schéma de l’alcoolique, de la femme battue, de l’obsédé sexuel, de l’anorexique… de toutes ces images affreuses de déchéance…

Et pourtant : la dépendance affective détruit souterrainement, bouffe la tête, appauvrit, noue l’estomac, infantilise… mais c’est une dépendance à col blanc ! Elle s’avance masquée ; souvent les dépendants affectifs sont cordiaux, efficaces, consciencieux, généreux… ils ne peuvent pas être dans le même cas que tous ces drogués à l’alcool, au sexe, à la bouffe, à la violence !

Le dépendant affectif ne se sent donc pas concerné par exemple par les témoignages, il est vrai parfois caricaturaux, des bouquins de Norwood, Ces femmes qui aiment trop.

Et pourtant, il va de relation en relation en revivant les mêmes schémas, il est souvent dans des situations personnelles chaotiques : déménagements à répétition  ( toujours pour de bonnes raisons…j’ai ainsi déménagé plus de quinze fois entre l’âge de 17 à 26 ans… ), changements de loisirs, copains et amis changeant souvent aussi, relations distendues, froides ou passionnelles avec la famille proche… problèmes d’argent, problèmes alimentaires, voiture en panne, clés perdues, rendez-vous manqués, emploi du temps surchargé, état de stress permanent…

Mais il perçoit rarement ce qui lui arrive comme étant hors norme, il ne se rend pas forcément compte que ce rythme de vie est épuisant, que beaucoup seraient déjà allongés dans un lit, exténués s’ils devaient vivre ce rythme tumultueux, mais chez le dépendant, c’est le seul moyen pour rester en vie, le tumulte, les histoires, les ruptures, la gestion de problèmes – le dépendant affectif est le maître absolu de la gestion de problèmes !!! si il connaît même les trucs pour ouvrir les portes qui ont claqué le laissant dehors sur le paillasson, en pyjama, c’est plus rigolo…

Le dépendant étant le plus souvent absorbé dans ses pensées par l’Autre, celui qui dans le moment présent l’occupe : son amour fou du moment, sa meilleure amie qui ne lui donne plus signe de vie, sa mère qui la culpabilise tellement… bref, il est tellement occupé qu’il ne pense plus à faire ce qui est urgent pour son bien-être et met la préservation de ces relations chaotiques sur le devant de la scène.
Résultat : une robe onéreuse achetée mais le loyer impayé ; une soirée fabuleuse passée mais trop peu d’heures de sommeil, un merveilleux repas préparé mais le dossier pour le travail non fait, un ou deux services rendus et notre lessive non faite, notre appart en désordre…

Ce tumulte est pourtant bien décrit dans Ces femmes qui aiment trop : il s’agit de contrôler les autres, contrôler son environnement, en permanence vouloir tout gérer au détriment de sa propre autonomie et de son propre bien-être car lorsqu’on commence à vivre dans cet engrenage, il est extrêmement fastidieux de le reconnaître et de s’en sortir !

Se remettre en cause et se dire que l’on doit d’abord s’occuper de soi avant d’aider des autres qui ne nous ont rien demandé, avant de vouloir à tout prix que l’autre change en le rendant responsable de notre malaise, en voulant qu’il soit poli, bien élevé, respectueux, altruiste, tendre, organisé, prévoyant, fidèle, secourable, protecteur, rassurant, complaisant… en lui dictant sa conduite, en le sermonnant, en discutant même en prétextant qu’il ne s’agit que d’une conversation anodine, juste parce que la communication c’est la vie… oui, mais le dépendant ne sait pas avoir une conversation dont l’objectif n’est pas de faire changer l’autre et de le modeler à son image …

Lorsque l’on se rend compte de cela, pouf, un grand vide : la plupart de nos actions, de nos paroles, visent à nous rassurer en faisant que l’extérieur soit bien comme nous le voulons ; en faisant en sorte que rien ne nous échappe; que finalement, quand ces autres ne sont pas là, nous ne fonctionnons plus !

C’est pour cela que le déni est si fort, si long, parfois irrémédiable : il faudra avoir la force, la persévérance, l’humilité et l’espérance pour nouvelles compagnes une fois que l’on aura levé ce déni car chaque jour, on se surprend à s’occuper avec l’autre ne sachant pas s’occuper de soi !

Lorsqu’on a enfin le courage ou lorsque les événements ne nous laissent plus le choix, et que le déni est renvoyé, alors la première étape consiste à accepter la force de ce qui ne peut plus être nommé autrement qu’une maladie.
Paradoxalement, même si à ce moment-là, le dépendant traverse une grave période de dépression car il perd tous ses repères et il contacte pour une fois ses émotions et étant désarmé, cela fait beaucoup … il dispose alors dans le même temps d’un outil fabuleux pour l’aider  grâce à cette première acceptation : la découverte de soi.

Seule celle-ci lui permettra enfin de s’occuper de lui et non de l’autre.

Bien sûr, comme je le disais au début de cet article, le déni resurgira à d’autres étapes de sa progression…

Par exemple, fréquemment le dépendant a des problèmes avec : l’argent, l’alcool, l’hypocondrie, l’alimentation, le sport, le sexe, le travail, les loisirs… il pense ne plus être dépendant mais il devient affairé et souvent la suppression d’une dépendance provoque le développement d’une autre comme je le disais déjà au début de cet article.La dépendance affective est une des plus difficiles à gérer mais toutes les dépendances communiquent entre elles car elles sont le symptôme d’une difficulté ou d’une perturbation dans l’accession à l’autonomie de l’adulte.

Lorsque le dépendant bloque dans sa guérison, cherchez le déni …

le plus difficile et le plus rageant c’est que lorsque vous vous êtes conscient de ce déni et que vous essayez de l’expliquer, de le montrer au dépendant… il vous enverra balader, vous rira au nez, vous dira que vous rêvez… seul cet  être peut faire son chemin et soyez confiant : lui faire confiance, c’est la meilleure solution pour qu’il ou qu’elle sorte du déni par ses propres moyens.

Il correspond souvent à une étape difficile à franchir pour lui : accepter de se remettre en cause et de regarder ses propres problèmes, voilà le plus dur pour le dépendant qui vous fera le descriptif des problèmes des autres pendant des heures…
Cela ne signifie pas que l’on ne peut être présent pour le dépendant mais simplement lorsqu’il nous le demande et dans le respect le plus total de son autonomie et de sa personnalité : même si pour vous ses actes sont illogiques et dangereux, sauf grave mise en danger de sa vie, il faut le laisser choisir sa vie. Ou son déni !

Prendre conscience, sortir du déni




La dépendance affective ou le syndrome de la coquille vide.

17062010

Accepter l’inconnu. Accepter la peur. Accepter l’attente.

Ne plus plonger dans la vie de l’autre pour éviter de se noyer dans son verre d’eau ou l’art de précipiter notre noyade.

J’avais, il y a quelques années encore, la sensation d’être en train de me noyer ou d’être victime d’un piège, au quotidien, voire plusieurs fois par jour.

Par exemple, dans un groupe, je ne savais pas être moi, simplement présente, capable de dialoguer simplement avec l’autre en posant une question simple, banale ; le moment où l’autre m’était encore inconnu me faisait peur : crainte de mon image, obsession de celle-ci : regarder l’autre et m’y perdre comme dans une flaque…

Je ne pouvais prendre d’initiative, trop souvent peu sûre de moi, dévalorisant systématiquement mes centres d’intérêt, voulant avoir les mêmes goûts que l’autre, reniant mes idées ou les cachant.

photo689.jpgphoto689.jpgphoto689.jpgphoto689.jpgphoto689.jpgphoto689.jpg

Spectatrice : tiens, cela me plairait de faire ceci… mais ne le faisant pas par PEUR… : peur du ridicule, peur de déranger, peur de choquer, peur de l’isolement, peur de décevoir, peur de l’échec, peur des paroles des autres.

Aujourd’hui, je me force à me joindre à des activités même si je ne sais pas danser, même si je ne sais pas faire, même si je ne suis pas sûre de faire bien. J’ai rangé mon costume de petite fille sage : souriante, figée, conciliante, anonyme. Je ne cherche plus à faire la une, à épater, à éblouir, à être couverte de louanges.
Mon corps est plein de gaucheries, de maladresses mais je suis beaucoup plus bienveillante avec celles-ci, je cherche simplement à être présente.

Venir ici, une fois par jour et écrire pour témoigner, pour que ma voix soit rejointe par les vôtres, pour que mes imperfections dévoilées me rendent davantage humaine, prête à aimer la vie et pour que d’autres trouvent le chemin qui les conduira à eux, « à la conquête de soi » …

Il m’arrive encore de disparaître, de fuir, de m’effacer tellement j’ai peur… Mais, je gagne du terrain, la paralysie est repoussée mais pour l’instant, l’effort doit être quotidien.
Il m’arrivait ainsi d’être tellement incertaine, tellement absente de moi-même – l’autre est roi, l’autre est mon maître- tellement apeurée que je ne pouvais plus dans ces heures là, aller travailler ou sortir.
Dans ces heures là, la vie me semblait vaine, inutile et seul le sommeil ou la bouffe me permettaient de tenir. Ou les achats compulsifs. Ou les relations compulsives.

Mais, dans tous ces moments, impossible de m’habiter, impossible de construire des actions pour mon plaisir, beaucoup de mal à être responsable, me sentant vide.

Envahie par l’ennui. L’ennui. Je ne connaissais pas grand-chose de Moi, je l’avais déserté.

 

J’appelle cela le syndrome de la coquille vide, l’amnésie de l’égo inanimé, une sorte de vide : comme un miroir face à un autre miroir , sans fin.

photo689.jpgphoto689.jpgphoto689.jpgphoto689.jpgphoto689.jpgphoto689.jpg

 

 

 




un peu de modestie, voyons !

24022010

Bonjour à vous tous et comme d’habitude, après plusieurs mois difficiles, je suis heureuse de revenir ici et de retrouver la force d’écrire, souvent je me dis que d’autres le font mieux que moi, que je ne sers à rien et je reconnais bien mon désir de toute puissance qui fait encore des siennes, un peu de modestie voyons …

C’est sur ce sujet que je voudrais que nous réfléchissions nous les champions de la dépendance : la modestie.

J’ai compris deux choses : je serai toute ma vie une dépendante car je me suis construite de cette manière… je ne peux donc qu’apprendre à vivre avec, à être ma propre mère, à pleurer autant qu’il me sera nécessaire, à développer ma compassion pour le bébé affolée et seule que j’ai été – sans que ma propre mère n’en ait conscience certainement, elle n’a pas voulu cela sans doute, mais c’est le sujet d’un autre article notre relation  nos parents – etc.

la deuxième chose : je ne suis et ne serai jamais le nombril du monde … ce désir n’est que le placage sur les autres de ce qui me manquera éternellement : avoir été le nombril de ma maman, il y a un truc qui ne s’est pas joué entre elle et moi et patatras. Donc, un peu de modestie, je dois m’occuper de moi et non m’occuper des autres pour les occuper … ou les préoccuper…

Cette modestie qui est à gagner est une des conditions pour pouvoir vivre dans la dignité, la paix, pour rendre la douleur supportable, voire pour l’apaiser de grands moments.

Cette modestie est dans le faire au quotidien : je peux me tromper, je vais me tromper, je ne serai pas toujours la première, je ne dois pas sans arrêt me comparer aux autres, je dois savoir que chacun a sa place et qu’il n’y a pas qu’un podium où le premier a le droit de vivre et les autres seraient des avortons, non, je peux continuer à être intéressante même en vieillissant, même quand je suis fatiguée ou malade, je n’ai pas le droit de lâcher les autres quand il compte sur moi sous prétexte que je ne vaux rien, je n’ai pas le droit d’exiger de l’autre qu’il réponde à la minute à mes demandes, qu’il soit toujours dispo, toujours sympa, toujours aimant, toujours parfait, je peux arrêter d’être toujours aussi critique, de vouloir imposer mon point de vue, de soupçonner que l’autre me trompe systématiquement, de contrôler mon entourage pour apaiser mes angoisses : bref, je peux apprendre à m’occuper de mes affaires, à devenir plus responsable, à me fixer des objectifs raisonnables, des délais raisonnable, à ne pas toujours réagir au quart de tour, à me recentrer…

Pour réussir à faire tout ce chemin, cet apprentissage, j’ai dû admettre que ma dépendance aux autres m’avait conduit dans une impasse, que je souffrais violemment au quotidien et que je devais me consacrer activement à la construction de mon autonomie. 

Pour cela, j’ai décidé de demander de l’aide et de m’arrêter de travailler pour me soigner. C’est une des choses les plus difficiles que j’ai eu à faire, surmonter ma peur et ma honte et aller dire à ma hiérarchie que j’allais être en congé maladie pendant deux mois environ pour me soigner car j’avais des problèmes (« souffrance psychologique  » a écrit le psychiatre sur mon arrêt de travail).

J’ai eu tellement de mal à prendre cette décision : je pensais que j’allais tout perdre dès que je l’aurais prise. Ma peur de l’abandon était encore en train de me posséder. 

Quel soulagement : je vivais la peur au ventre, impossible de respirer presque, un poids écrasant. Là, je commence tout juste à comprendre que modestement, je vais pouvoir, tout simplement apprendre à vivre au quotidien et à gagner chaque jour en autonomie et en sécurité intérieure.
Du coup, j’ai accepté de ne pas travailler pendant presque trois mois car j’ai deux enfants et cela faisait trop à gérer d’un coup.

Comme je ne suis plus obsédée par mes rapports à mon compagnon ou à autrui et que j’ai enfin de la place pour moi sans que cela ne me fasse trop peur -je suis une thérapie corporelle depuis presque 4 ans et cela m’a permis d’avancer petit  à petit comme un nouveau né, puis comme un bébé, un enfant et là je finis mon adolescence je crois :) – je peux enfin mettre les pieds sur terre et faire un bilan …

- 28 000 euros de dettes et un emprunt immobilier ;

- 20 kgs en trop, une alimentation obsessionnelle;

- apprendre à gérer mon quotidien et à ancrer des habitudes : ne plus fuir, déménager, changer tout de place, recommencer tout à zéro, vouloir changer de job, tout balancer dès que la peur de l’attachement et du rejet font leur apparition…

- faire des deuils et libérer mon présent etc.

Chaque jour, j’avance à petits pas et lorsque je sens pointer une bouffée d’angoisse liée à ma peur de la solitude ou de l’abandon… je respire, je vais m’asseoir dans mon jardin, j’écoute de la musique zen, je lis, je marche, je prends le temps de tout recadrer et cela fonctionne mieux. 

J’ai encore beaucoup de choses à apprendre, je ne suis pas encore assez solide pour gérer un quotidien qui ne pose aucun problème à la plupart des autres et qui pour moi est déstabilisant, des fois je rumine une phrase que l’on m’a dit pendant des heures et je perds tous mes moyens, j’ai toujours l’impression d’être en équilibre sur un fil .

Refuser de me faire étiqueter et m’accepter comme je suis, cela aussi c’est un chemin de modestie.

Que l’on vous dise être hyperactif, bi-polaire, dépressif, obsessionnel, borderline… et j’en passe, ces mots ne remplaceront jamais votre démarche personnelle et ne vous apprendrons pas à devenir autonome, cela c’est mon point de vue et s’accepter soi-même c’est aussi apprendre à se connaître et à se respecter. 

Bien sûr, les mots, le diagnostic sont une aide mais seulement si c’est avec votre coopération, votre compassion, votre compréhension  et surtout pas si c’est l’autre qui vous définit car là encore on rentre dans un schéma de dépendance et gare à la souffrance ! 

Modestement.emoticoneClin doeil




Trop aimer : progression et guérison d’après Robin Norwood

13022009

Le schéma que je retranscris ici se trouve aux pages 286/287 de l’édition de poche « J’ai Lu » du livre Ces femmes qui aiment trop.

 

 

 

 

 

 

 

PHASE INITIALE

Comportement trop responsable, trop protecteur acquis dans une famille affligée de dysfonctions.
Attirance envers ceux qui ont besoin d’elle. 

 

Grand besoin de contrôler  les autres : choix d’un partenaire irresponsable qui invite à ce comportement.
Tentative d’aimer son conjoint de la façon qu’elle aimait ses parents malades.
Début de la dénégation de l’état de la relation.
Dépendance émotionnelle de son partenaire accrue.
Efforts pour ne pas contrarier son partenaire.
Sentiments de culpabilité.
Besoin urgent de discuter de son problème avec son partenaire.
Doute de ses perceptions.
Attention portée sur le comportement de son partenaire.
Excuse du comportement de son 

partenaire auprès d es autres .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PHASE

CRITIQUE

Obsession de dissimuler ses problèmes.
Sentiments d’échec.
Comportement agressif envers son partenaire : désir de vengeance.
Remords persistant au sujet des disputes avec son partenaire.
Vains efforts répétés pour contrôler son partenaire.
Colère et ressentiment à la suite de promesses et de résolutions non respectées.
Tentative d’éloignement géographique avec son partenaire.
Perte d’intérêts.
Famille et amis évités.
Problèmes d’ordre professionnel et financier : assume les responsabilités de son partenaire.
Ressentiment irraisonné.
Manifestations de maladies nerveuses.
Alimentation excessive ou négligée.
Problème d’ordre médical : utilisation de tranquillisants.
Possibilité d’un développement d’une dépendance à l’alcool ou aux drogues.
Détérioration physique.
Début de périodes de dépression, prolongées.
Liaisons extra-conjugales, abus de travail, intérêt obsessionnel pour des préoccupations extérieures.
Facultés intellectuelles amoindries : découragement.
Ressentiment des gens normaux.
Frayeurs indéfinissables : paranoïa.
Incapacité d’agir.
Obsession de son partenaire.
Epuisements de toutes les tentatives de contrôle.
Violence accrue envers son conjoint et ses enfants.
 

 

PHASE CHRONIQUE

Menaces de suicide et tentatives
Troubles émotifs graves chez soi et ses enfnats.
Echec total admis.
Persistance de l’obsession du partenaire dans un cercle vicieux.
Consent à chercher de l’aide.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REHABILITATION

Désire sincèrement être aidée quoi que son partenaire fasse.
Apprend que trop aimer est une maladie.
Apprend qu’elle peut guérir que son partenaire reçoive ou non de l’aide.
Fait face à son impuissance (incapacité).
Début d’une thérapie de groupe.
Rencontre avec des femmes qui aiment trop en voie de guérison.
Début de pensée positive.
Appréciation des avantages possibles d’un nouveau mode de vie.
Mise de l’importance sur soi plutôt que sur son partenaire . Atténuation des craintes à propos du futur
Reçoit de l’aide dans le traitement de sa dépendance d’une drogue.
Retour de l’estime de soi.
Assiduité aux réunions de groupe.
Disparition du désir de « s’évader » : capacité de dire « non ».
Pensées réalistes.
Cesse de donner du pouvoir à son partenaire.
Efforts loués par ses amis du programme.
Développement d’intérêts sains.
Nouveau cercle d’amis stables.
Reçoit de l’aide pour faire le point sur sa vie.
Renaissance des idéaux et de la spiritualité.
Equilibre émotif accru.
Appréciation de ses progrès.
Disparition graduelle du besoin de contrôler les autres.
Premiers pas vers l’autonomie.
Regain de la confiance des enfants.
Souci de son apparence.
Identification précoce des rationalisations (mécanismes de défense).
Satisfaction non basée sur le comportement de son partenaire.
Prise en charge de sa vie (responsabilités accrues).
Mode de vie éclairé et intéressant permettant de viser à des objectifs encore inégalés.






sauvons la convention colle... |
Myopathie, maladie neuro mu... |
Le BIO c'est la SANTE |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | YOGA & REIKI dans l...
| Votre coach sportif __...__
| lumierederose