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Gérer le doute avec le « faire comme si » pascalien.

23092010

lechemin1.jpgIl arrive que je me sente très forte, vivant presque des moments de triomphe en comparant tous mes moments de sérénité, mes relations plus riches, mes activités choisies et pleines de joie avec ces journées sombres des années passées. Et ce blog est un lieu qui m’apporte beaucoup, j’adore venir y écrire et il m’accompagne dans mes journées comme le grand-frère que j’aurais aimé avoir ou comme l’ami imaginaire de mon enfance, bref, ces moments-là sont exquis et à tel point que… l’outrecuidance fait que j’ose me dire : 

- » Enfin j’en ai fini avec cette foutue dépendance affective ! »

Et c’est vrai que j’en ai bien fini avec la phase chronique et dégénérative de cette maladie mais pour autant, il m’arrive encore fréquemment de vivre des rechutes ( j’en ai déjà parlé) ou plus humblement : d’être face à  un doute …

Ainsi, lorsque ces dernières semaines j’ai été témoin de la descente aux enfers d’une de mes amies vivant une rupture amoureuse dévastatrice, je me suis demandée : suis-je bien certaine de ma guérison ou n’est-ce qu’une rémission ?

Ce qui pourrait sembler pour d’autres une introspection maladive m’apparaît au contraire pour nous les DA comme une problématique permanente et fondamentale :

Comment vivrais-je  si cet autre que j’aime tant venait à rompre ou à mourir ?

Et donc ai-je eu raison d’avoir l’aplomb d’affirmer à cette amie en désespérance que je ne vivrais plus jamais ces souffrances intolérables, mortelles, consécutives à un départ perçu comme un abandon si d’aventure mon homme me « lâchait » ?

J’ai calmement affirmé à mon amie que j’en étais sorti non pour l’accabler davantage, la diminuer mais bien pour lui ouvrir la voie d’une solution possible autre que la mort. 

Car elle a vécu une relation dans laquelle un fossé incroyable s’est creusé entre l’amour profond et l’engagement intense qu’elle vivait de son côté du lien et de l’autre le rejet qu’elle a reçu : il a rompu pour une autre.

Dans ces cas-là, cela paraît toujours immonde. Car de l’extérieur il y a celui qui dans le couple s’est investit et celui qui a refusé cet investissement. Et pour des raisons qui semblent toujours dégueulasses. Lorsqu’un être meurt d’amour, l’autre a toujours le mauvais rôle. Il est illusoire de croire qu’il peut se barrer sans souffrir.
Une rupture est en effet toujours brutale pour celui ou celle qui ne la souhaite pas.

Mais l’intolérable commence lorsque dans cette rupture du lien, un être réalise qu’il avait construit avec l‘autre une relation dans laquelle sa vie était en jeu. Même celui qui quitte peut réaliser que sa vie était en jeu dans cette relation.


Cette dépendance extrême, je l’ai connu entre mes quatorze ans et mes trente cinq ans !

Donc, au moment même où je disais à mon amie, qui avait pris l’initiative de me le demander, que jamais plus je ne mettrai ma vie en jeu pour un homme, un doute a commencé à poindre sous la forme d’interrogations.
Vous savez, une petite voix intérieure, ironique, canaille, presqu’ une voix d’allumeuse, en tout cas la voix de la mauvaise conscience :

- Dis-donc, t’es vraiment sûre que si ton mec se barrait avec une autre tu serais aussi décontractée que maintenant ? T’es vraiment sûre que tu ne serais pas anéantie ?

Ces interrogations ont été aisément balayées car je suis certaine que je n’aurai plus jamais envie de mourir à cause d’un homme ou que je ne souffrirai plus jamais le martyre dans mes relations amicales ou amoureuses. 

L’incapacité à vivre sans l’autre, il s’agit de cette défaillance extrême que vit le DA. 

Il ne s’agit ni d’une théâtralisation, ni d’une exagération : il s’agit d’une défaillance.

J’ai appris à ne plus revivre des situations, des relations, à ne plus avoir de pensées automatiques nuisibles, à développer ma valeur, mon autonomie, à prendre conscience de tout l’amour que les autres m’avaient donné depuis ma naissance, à en faire un trésor précieux qui est à tout jamais à moi et j’y puise tellement dans les moments difficiles que je en peux plus me perdre. 

Et puis, il y a cette douleur intolérable que ma mère est en train de vivre depuis des années, ma mère qui est en train de mourir de cette incapacité à vivre sans mon père ; sa grande détresse -par pudeur je n’en livrerai pas ici les détails- m’émeut tellement et me révolte aussi que je ne peux plus attenter au cadeau qu’elle m’a fait en me donnant la vie. J’ai vu chez ma mère l’intolérable, l’indicible. Le seul enseignement que j’ai pu et voulu retirer de sa souffrance, son combat hallucinant et de son autodestruction, c’est de stopper le cycle familial en prenant soin de moi et de mes enfants.

Partant de là, j’aurais pu croire que toute personne anciennement DA est préservée dès lors qu’elle refuse de nuire à sa vie et de rester dans le déni.


Je me trompais : pour connaître la sérénité et vivre des relations épanouissantes, il fallait maintenant attaquer un chemin moins accidenté mais beaucoup plus exigeant : faire confiance à l’autre demande d’être capable de faire le pari pascalien : prendre conscience que nous avons tout à perdre en n’y croyant pas …

lechemin2.jpg

Et faire confiance à l’autre demande un changement de point de vue radical : 

Et s’il était possible de vivre dans la continuité, sans coupures ou sabordages répétés du lien ? sans retrait prolongé ou fusion passionnelle ? sans être vidé de soi ? sans être ravagé régulièrement ?

Et si l’autre n’était pas ce salop mais un autre moi dont les tentatives même incohérentes ou inacceptables n’en restent pas moins émouvantes  dans ce qu’elles révélent de souffrance chez l’autre ?

Il faut alors aussi en finir avec le narcissisme qui accompagne fréquemment la DA. Pour masquer la faille intime se faire le spécialiste de l’apparence et de l’illusion. Echapper à l’intime. Vouloir être admirable. Offrir son extérieur et vivre un chaos intérieur permanent.

Faire le pari de la confiance, c’est être capable d’accueillir le doute en le détrônant de son piédestal ; il n’a plus droit de vie ou de mort sur nos relations, il n’est pas plus vrai que le reste.
Car dans la dépendance affective, le doute est permanent : alors ce qui est une position critique louable devient une tyrannie insupportable car tout est analysé, pondéré, rien n’est cru, la paranoïa détruit tout sur son passage et dans les formes extrêmes débouche sur des délires.

Or, étymologiquement, le doute c’est la peur ! Douter, c’est ne jamais savoir ce qui est vrai, c’est être en permanence dans l’incertitude, dans le vacillement, le vertige qui est par définition angoissant. Vivre dans le doute, c’est faire de l’angoisse sa demeure, c’est devenir fou à force de voir tout ce qui est mais sans lien, tout est côte à côte, rien n’est pondéré, nuancé .

Par exemple, si je regarde une femme dans la rue et que ma compagne s’en aperçoit,  elle ne voit plus que ce regard et rien d’autre. Ma compagne ne voit en moi qu’un traître. Car, pour elle, plus rien d’autre n’existe que ce regard. J’ai beau la regarder avec amour, elle n’est plus que dans le regard que j’ai eu pour l’autre femme.

Et ce doute là qui ronge les relations amoureuses, il me fallait encore l’admettre et le surmonter. 

Pour cela, j’ai pensé que le doute devait être contrebalancé systématiquement par une affirmation contraire : si je comprends que je suis victime d’une hallucination lorsque le doute surgit ( on peut même appeler cela un délire paranoïaque ) je peux apprendre à mettre en place une compensation : » le faire comme si « .

Melody Beattie en parle dans ses ouvrages parmi d’autres outils de méditation.

Il s’agit de faire comme si la relation n’était pas en danger. 

(Il ne s’agit bien sûr pas de devenir stupide et de ne pas tenir compte des signaux que le bon sens prend en compte, je n’incite ni à la naïveté, ni à l’imprudence )

A chaque fois que ce doute surgit, peur diffuse, appréhension déclenchée le plus souvent par un événement insignifiant pour la majorité d’entre nous mais pas pour les DA ( retard, regard différent, silence, changement d’habitudes, promesse de peu d’importance non tenue, désir absent pendant quelques jours, coups de fil plus espacés, présence d’autres personnes, soirée non partagée, dispute ou désaccord anodin etc), il s’agit immédiatement de lui opposer un « je fais comme si la relation n’était pas en danger et si tout était ok ».
Ainsi, dans le cas où mon homme a un retard imprévu, je fais comme si cela était ok, je peux alors calmement voir s’il est nécessaire que je l’appelle pour lui demander posément s’il sait à quelle heure il rentre ; je peux aussi le prévenir que je ne l’attends pas ; je peux même lui parler de mon inquiétude liée à un retard mais sans en faire un reproche etc 

A ce moment-là, la relation change entièrement de dynamique car je sors de la victimisation et de la persécution.

Au début de l’exercice, il s’agit de jouer un rôle. Mais très vite, la peur liée à la situation anxiogène s’affaiblit voire s’efface laissant enfin place à l’échange et au bien-être. 

Le faire comme si fonctionne donc comme un auxiliaire de confiance. Il vient contenir la peur et ne plus la laisser prendre toute la place. 

 

 

 

 




De la rupture et de l’errance comme modalité relationnelle: Le DA, une âme en peine.

14092010

FreedomLe terme de « dépendant affectif » peut apparaître à bien des égards comme une simplification et une caricature d’une problématique inhérente à la vie de tout être humain : comment concevoir d’entrer en relation avec l’autre de manière durable, authentique et avec soi-même également sans se laisser aller, s’ouvrir, se montrer vulnérable et prendre ainsi le risque de la blessure ?

Ainsi pour plusieurs d’entre nous la dépendance n’est pas mauvaise en elle-même, la dépendance n’est pas à rejeter, la dépendance n’est pas un appauvrissement ou une incompétence mais plutôt la marque d’un abandon de soi provisoire nécessaire à la création d’une relation de qualité, encore plus inévitable dans des relations amoureuses …

Nous en venons ainsi parfois dans les commentaires ici postés à nous affronter entre ceux qui rejettent la disqualification complète de cette dépendance, ceux qui revendiquent la beauté et l’expérience incomparable du fusionnel dans la première étape d’un couple, ceux qui ne veulent pas que le mot « dépendant affectif » viennent nommer leurs relations passionnées, ceux qui au contraire vivent leurs schémas répétitifs de manque et de souffrance comme insupportables… mais dans tous les cas, quelle est la véritable problématique ?
Car finalement, ici, qu’est-ce que je nomme « dépendance affectif » ou qui est nommé « dépendant affectif » ?

La personne qui ne parvient pas à construire des relations durables paisibles, sans drames, sans ruptures brutales, qui ressent le besoin de se protéger avec une carapace, de se blinder ou qui au contraire s’en remet entièrement à un autre et se retrouve ainsi fréquemment avec la sensation de risquer sa vie à chaque fois que l’autre prend de la distance …  Bref, la dépendance affective ne désigne pas ici la capacité à se montrer vulnérable et à s’ouvrir dans une relation équilibrée et de confiance .

Il se trouve que les personnes qui se désignent ou se reconnaissent comme DA vivent depuis très longtemps dans le morcellement, y compris intérieurement ; c’est comme s’il y avait toujours en même temps de la déchirure et le besoin de recoller les morceaux, deux forces antagonistes en perpétuel combat ; il peut d’agir de s’exposer dans des relations où l’on se vide, se déchire soi-même et où l’on croit que tout donner de soi est suffisant pour s’attacher l’autre fût-il totalement impossible de s’investir dans une relation équilibrée et paisible , c’est donc entrer régulièrement dans la danse avec un autre qui  vous pille et vous laisse exsangue parce que vous aurez tout mélangé et accepté pour être  certain(e) d’être irréprochable et de vraiment mériter cet amour, c’est se détester jour après jour et ne pas être capable de faire les choix qui nous conviendraient car un autre ou une autre risqueraient de nous en vouloir et de s’éloigner de nous, c’est mettre fin à…continuellement puis faire demi-tour par peur de … c’est tenter à tout prix de savoir ce que veut ou pense l’autre pour se rassurer et faire taire nos déchirements, c’est sans cesse décider de… puis changer d’avis car… et donc tout ce qui est brisure, rupture, déménagement, changement, tentatives, essais, esquives, ébauches, rêves, passions, s’enchaînent, c’est des amis vite construits, vite perdus… des bouleversements permanents subis ou provoqués dans l’espoir de mettre fin à un autre bouleversement, c’est la fuite en avant et le cercle des ruptures qui se met en place et petit à petit une immense fatigue qui s’ancre dans les corps marqués …
Ce vers de Baudelaire me semble bien décrire cette lassitude conséquence de cette sorte d’errance émotionnelle (parfois bien concrète dans les parcours de vie : compagnons, compagnes, ami(e)s, liens familiaux, lieux de vie, carrière professionnelle, loisirs …)  :

« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans »

Et pourtant, le premier pas est de se recoller soi. De s’unifier, de « s’identifier » … comme si à l’inverse de Narcisse, si notre reflet était d’abord celui de l’autre quand nous nous penchons sur nos vies et que ce reflet qui n’est pas le bon est en plus fluctuant achevant de faire grandir notre angoisse, frayeur inscrite dès notre aube enfantine lorsque nous faisions le cauchemar de nous réveiller, seul(e) dans un lieu inconnu ou terrifiant, métaphore  ? j’esquisse une hypothèse … métaphore de notre arrivée au monde qui n’a pas de sens lorsqu’elle n’est pas accueillie comme lieu de la construction d’un échange nourrissant entre ce nourrisson et les autres, entre ce nourrisson et sa famille… ce nourrisson dans lequel les autres se reflètent, incapables de le regarder pour ce qu’il est et ce qu’il a d’unique . Nier la naissance !? Une projection qui remplacerait une découverte. Et le film commence avec dans le rôle principal un individu qui se pare de toutes sortes de costumes pour faire plaisir à son synopsis familial mais qui s’épuise en représentations et se sent de plus en plus vide^et qui crie :

- Vite, un peu d’amour, en perfusion, à profusion, de l’effusion …

Et il ne parvient plus à rapiécer les trous de ses habits de gala, et à travers eux le froid s’insinue et affaibli , il n’est plus capable de rejeter ses loques, de choisir une bonne auberge et de s’y reposer un bon moment avant de repartir, vêtu d’habits à sa taille, chauds, moins fantasques mais si légers, si commodes …

 ALORS? QUOI ?????IL N’Y AURAIT QU’A SE SECOUER, QU’A NE PLUS AIMER DES PERSONNES INCAPABLES DE… ECOUTER LES « ON T’AVAIT POURTANT PREVENU QUE ?

NON!!!!!!

L’accueil qui  n’a pas été vécu comme tel par l’enfant ( sans qu’il ne s’agisse de chercher des coupables !), cet accueil doit être expérimenté par la personne en souffrance pour ne plus continuer à errer comme une âme en peine …

Apprendre à nous voir en pleine représentation dans l’espoir de gagner quelques miettes d’affection et puis, soudain, s’écouter,se former, se reposer, se créer un rôle juste, beau, personnel et enfin être vu, regardé, respecté comme l’acteur de sa propre vie, et quitter l’errance, l’errance subie, l’errance agonisante, quitter la quête du regard del’autre pour porter son regard sur sa vie intérieure et sur les autres qui savent construire un échange nourrissant, qui nous nomment et ne nous surnomment pas…

Sortir du rapiécé, du morcellé, du recollé, du cassé, du brisé, de l’instable, de l’imprévisible, de l’inconstant, de la trahison du coup de poignard dans le dos, sortir du déchirement, du tout et du rien : naître.

Prendre conscience, sortir du déni




Le Moi-Peau défectueux dans le couple pathologiquement fusionnel.

3092010

Le complexe du HomardOu il est question de carapace épaisse ou au contraire d’une enveloppe si fine poreuse, perméable et exposant à tous les dangers.

Pour les personnes dépendantes affectivement, la question des limites ou frontières est une problématique constante, toujours porteuse d’énormes souffrances.

L’adolescence n’aurait-elle pas pu remplir son rôle, n’aurait-elle pas eu lieu ? ne se serait-elle jamais fini ? (article à venir : adolescence et dépendance)

 Lorsqu’un couple s’établit dans la fusion et ne parvient jamais à s’en extraire, la souffrance est parfois inimaginable et même insoutenable lorsque l’un des deux vient à se confier. Il s’agit de jeunes couples qui partagent leur quotidien depuis deux ans et se mettent à se déchirer sans trouver le moyen de rompre ; de couples vivant depuis des dizaines d’années ensemble ayant vécu plusieurs crises mineures mais dont l’entrée dans l’âge de la retraite vient provoquer un chaos, le point commun est la quasi impossibilité à se séparer au moment ou tout l’entourage les en supplie. L’un des deux peut tomber gravement malade de cette relation épuisante et collante comme une pâte mal farinée. L’évolution est le plus souvent cyclique. L’issue est imprévisible : ruptures violentes,re-créationd’une relation non fusionnelle avec un accompagnement le plus souvent, poursuite des crises et du couple qui fait le vide autour de lui, les amis se lassant après de nombreux épisodes tumultueux…

Pourtant, il semblerait qu’aucun couple ne peut faire l’économie de cette étape ( Lectures conseillées :voir notamment La danse du couple de Serge Hefez, ed Hachette Littératures qui reprend le travail d’Anzieu sur le Moi-Peau, travail passionnant et fondamental dans l’approche de la dépendance.)

Le pathologique surgit quand la sortie du fusionnel est impossible. Parce que le caractère dépendant de l’un de l’autre ou des deux l’empêche ou l’avorte ou la fige : la dé-fusion est immédiatement refroidie …Ou alors le couple est immédiatement dissout. » Tu seras fusionnel ou je t’abandonnerai ! »

 L’étape normale fusionnelle dans un couple est donc différente car si elle sera suivie de crises, celles-ci ne mettront aucun pronostic vital en danger, celles-ci ne seront pas dramatiques ou extrêmement fréquentes, ni cycliques, le couple apprendra à retrouver ses marques qu’il avait auparavant bien acquises mais si l’un des deux ou les deux se lancent à corps perdu dans une relation réparatrice il n’est pas sûr que le couple puisse survivre, ses membres n’ayant encore jamais construit sereinement leur identité…

Et lorsque l’identité de l’un ou de l’autre est construite par un travail thérapeutique, il est fréquent que le couple n’ait plus aucune raison d’être…Car les défenses à mettre en place pour se reconstruire empêche souvent la spontanéité des échanges et tuent le plaisir. (Par exemple…)

Donc, dans cette relation d’extrême dépendance, comment l’identité de chacun est-elle abolie, empêchée ?

Tout d’abord, la personne alterne souvent entre deux positions radicalement opposées qui provoquent toutes les deux des effets désastreux sur la relation.Il s’agit d’ailleurs de deux positions interchangeables entre les membres du couple également.

D’une part, une volonté, presque mystique parfois, d’être entièrement « transparent » pour l’autre aimé, désir de se donner entièrement ou d’obtenir en échange de son propre don celui de l’autre,  désir de vivre une fusion parfaite, croyance en la possibilité d’un pacte de transparence :

« nous nous dirons tout, nous serons tout l’un pour l’autre », l’indissociation venant réparer et combler tous les manques et rejoignant, il est vrai les mythes des contes de fées. Enfin le véritable amour est au rendez-vous. Transcendant. 

Ce pacte est le plus souvent tacite -mais pas toujours, certains prononcent cet engagement et vont jusqu’à le faire devant témoins parfois :) -

[Il peut être d'ailleurs apparemment  unilatéral ce qui immédiatement sème immédiatement des souffrances relationnelles qui ne tarderont pas à lever. Mais dans ce cas, l'autre adopte exagérément le rôle du" carapacé" dont je parlerai ensuite ce qui montre une personnalité anti ou contre-dépendante... ce qui revient paradoxalement au même !  ]

Ainsi, très vite l’épreuve de réalité – vivre sa relation au quotidien- en dévoile – le comble pour un voeu de transparence- la monstruosité et la violence : être transparent, sans frontières, c’est n’avoir aucune consistance, c’est se vider se diluer, être envahi, envahir, perdre son identité, usurper une identité, renoncer à ses besoins , répondre à ceux des autres etc.

Les émotions implosent ou explosent ou les deux …

D’autre part, il peut subitement décider de devenir opaque, se carapaçant et ainsi  lorsqu’un membre de ce pacte diabolique l’écorne, le trahit, le rejette, tente de faire marche-arrière et de retracer son contour, de refermer ses portes,de repousser les intrusions, l’autre membre  se retrouve soudain paniqué,  ayant perdu accès à l’océan contenant, à l’identité partagée, cherchant comme un papillon de nuit à pouvoir entrer à nouveau dans la bulle de l’autre mais désormais, se cognant à ses limites réapparues, se blessant parfois profondément et éprouvant une rage et un désarroi intenses le tout enrobé d’hostilité, d’obstination et d’angoisse.

Quant à celui qui ferme les écoutilles – et il peut se produire une alternance, les deux membres de la relation  se rétractant tour à tour – il croule souvent sous la culpabilité. Il joue souvent le rôle de l’Enfant ( voir l’Analyse Transactionnelle pour ses positions de vie qui permettent de schématiser certains mécanismes de la dépendance) rebelle qui en cachette d’une mère trop intrusive gagnerait son identité en bravant les interdits et en masquant ses « frasques » maladroitement aux yeux de l’autre, voire en venant tout lui avouer d’un air accablé mais néanmoins en arborant un plaisir indiscutable… « Je suis un vilain ou une vilaine… » mais ce jeu m’a apporté du plaisir et qui a été plus fort que la culpabilité et l’interdit injuste posé par l’autre … autre préférant un amoureux sans pulsions et donc sécurisant, contenant, qu’un amoureux avec pulsions et donc incontrôlable, opaque,séparé, électron libre… Car s’il est dépendant il n’a pas bien appris à se différencier, il lui manque des compétences.

La carapace devenant de plus en plus épaisse si l’autre poursuit son travail de culpabilisation ou si le papillon transparent s’est trop cogné, pour éviter de mourir, il se fige dans la position de celui qui ne ressent plus rien. La carapace étant en quelque sorte l’envers de cette fine membrane perméable piste de danse de la fusion mais où tous les coups font mouche… la peau à vif ou la carapace étant deux modalités interdisant toute place à une relation équilibrée dans le couple qui sera tour à tour intrusif ou insensible, l’intimité étant toujours insupportable car connectant chacun des individus avec leur manque d’autonomie et d’identité. Vertigineux !

Cependant, les rôles pouvant s’inverser dans de telles relations,  il est finalement assez difficile de dire qui est le plus dépendant … Même si Monsieur Carapace et Madame Fleur de peau sont les positions les plus fréquentes, il est possible de jouer toutes les variantes de la pièce et même voir des figurants intervenir pour que le spectacle continue.

Cette description sur un ton léger permet de prendre un peu de distance avec un piège relationnel des plus terribles. Il est donc vraiment conseillé d’apprendre à nos adolescents à se construire un minimum avant de se lancer dans la vie d’adulte et nous ne pouvons à ce titre pas leur donner de meilleure leçon que celle de l’exemple d’un couple équilibré – modestement, tout couple ne fonctionnant pas dans des rôles figés, répétitifs, aliénants est recevable, nul besoin d’accéder à une illusoire et dangereuse perfection et à une analyse constante de ses conflits, le couple ne voyant même plus les enfants, ceux-ci étant priés d’attendre que les grands aient fini de panser leurs blessures …

Le complexe du homard de Dolto est une lecture conseillée à nos adolescents…ainsi qu’à nous adultes qui voulont refaire une partie du chemin et partir en quête de notre identité.

 

 

 

 

 

 

 

 







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