La gestion des émotions.

28082010

Batterie d'émotionsBatterie d'émotionsCela n’est pas un secret pour personne et encore moins pour un dépendant affectif : nos émotions nous gouvernent parfois voire souvent.

Mais quand c’est au point qu’elles nous  empêchent de vivre  heureux, que faire ?

D’abord, qu’est-ce que cela veut dire : empêcher de vivre heureux?

Disons que les émotions sont comme des chevaux sauvages qui nous conduisent hors des sentiers, qui vont dans tous les sens, qui ruent, viennent semer la zizanie dans notre pré relationnel !

Casserole émotionnelleIl ne faut pas être bardé d’ans ou de diplômes ou d’intelligence pour comprendre que quelque chose déborde et nous met dans des situations impossibles. Abîme nos plus belles relations en les piétinant.
Par contre, il nous arrive de nous rendre compte beaucoup trop tard que le cheval s’est emballé et de ne plus réussir à le maîtriser ; il nous arrive aussi de ne pas savoir reconnaître la race du cheval, voire de prendre pour un étalon ce qui n’est qu’un cheval de trait ou de confondre une vache avec une jument ( bon, ça y est mes métaphores équines vous emballent ?) …

En effet, faire le constat que cela déborde ne suffit pas à être capable de stopper le débordement.
au feuIl va falloir analyser les séquences émotionnelles afin de comprendre quelles situations précisément favorisent ce débordement. Il va falloir apprendre à nommer ces émotions, à voir ce qu’elles expriment, à vérifier que nous n’utilisons pas une émotion pour éviter d’en ressentir une autre … et à apprendre comment changer les séquences problématiques afin d’adopter de nouveaux comportements qui nous permettrons d’être plus à l’aise avec nos émotions et de faire en sorte qu’elles ne représentent plus un danger pour notre vie relationnelle.

De plus, il ne s’agit pas non plus de se mettre à censurer ses émotions, de les étouffer ou de les enfermer. Il s’agit au contraire de s’autoriser à ressentir pleinement ses émotions car paradoxalement les émotions démesurées sont souvent l’expression d’une difficulté à rester en contact avec ce qui se passe dans son corps et son esprit.
Je vais utiliser une métaphore pour illustrer ce paradoxe : il s’agit d’associer le bon feu à la bonne casserole. Si vous prenez un récipient petit et que vous l’associez à un grand feu, cela chauffe vite, trop vite, cela abîme le manche de la casserole et gaspille beaucoup d’énergie.
Si vous prenez au contraire une grande casserole et un tout petit feu, vous allez chauffer doucement mais trop doucement et vous allez vous impatienter, voire ne jamais réussir à faire cuire vos pâtes…

Si l’émotion est le feu et que votre capacité à accueillir l’émotion  est la casserole, vous avez compris qu’il faut soit réduire l’émotion mais ce qui est appauvrissant pour un être humain et dangereux car si le feu s’éteint, il est difficile à rallumer… de plus, s’il vous faut trop de temps pour réagir, vous risquez d’oublier la casserole sur le feu, de vous décourager, de faire fuir les incvités, de manger pas cuit…

soit il faut développer sa capacité à accueillir et gérer ses émotions… à ce moment-là ce qui est intéressant, c’est qu’on peut se permettre d’avoir davantage d’émotions et donc d’être plus vivant …

Paradoxalement, en effet, les personnes ayant des problèmes de casseroles, euh pardon de récipients à émotions, ont une batterie émotionnelle très pauvre et nous reservent toujours le même plat…

J’arrête la métaphore et je récapitule :

  1. S’observer
  2. Comprendre les situations qui déclenchent un débordement
  3. Nommer les émotions ressenties
  4. Vérifier leur authenticité
  5. Comprendre ce qui est touché en nous
  6. Chercher d’autres manières de gérer les crises
  7. Mettre en pratique ces changements de comportement
  8. Faire le point régulièrement
  9. Ne pas avoir peur des échecs
  10. Ne pas dramatiser
  11. Noter ce qui fonctionne
  12. Augmenter sa palette émotionnelle
  13. Etre capable de sentir l’émotion s’enclencher
  14. Sortir de l’évitement en s’appuyant sur ses réussites
  15. Rester au contact de ses émotions et ne plus perdre le contrôle
  16. Etre réconcilié avec ses émotions !

Je reprendrai chacun de ses points dans un article eponyme accompagné de conseils notamment de lectures utiles.

A vos casseroles! Batterie d'émotions

 

 




Psychologie de la solitude, G. Macqueron, ed Odile Jacob

26082010

Psychologie de la solitude, G. Macqueron, ed Odile Jacob dans Lectures utiles 9782738123329

Voici un ouvrage pour un questionnement salutaire et rédigé dans un langage clair, sans lexique obscur, qui permet une première approche de cette problématique intéressante.
En effet, la problématique de la solitude est au coeur de la Dépendance Affective. Il s’agit souvent de l’éviter à tout prix, quitte à poursuivre des relations toxiques ou à remplir son agenda en risquant le burn out…

Sans aller jusqu’à ces extrêmes caricaturaux, on ne peut faire l’économie de cette réflexion lorsque l’on souhaite quitter cet état de Dépendance…

Le questionnement de l’auteur occupe les deux premières parties de l’ouvrage :

  • Comment se fait-il que nous associions le plus souvent la solitude à des mots négatifs alors qu’elle est indispensable à la réalisation du « connais-toi toi même «   socratique ?220px-Gnothi_Sauton_Reichert-Haus_in_Ludwigshafen dans Lectures utiles
  • Quelles sont les différentes formes de « solitude/souffrance »  ? Trois sont évoquées : la solitude du célibataire, la solitude du marginal ( malade, isolé géographiquement, socialement, sans emploi…) et la solitude affective ou solitude qualitative : se sentir seul bien qu’avec les autres…

Une conclusion s’impose : pour sortir de ce rapport douloureux à la solitude, il faut apprendre à en faire une expérience humaine et donc essentielle.

Nous voilà donc dans la troisième partie du livre qui propose dans les chapitres 8 à 16 une approche de cet enseignement avec des propositions d’exercices concrets.
L’auteur en effet propose une approche comportementale et sa bibliographie fait d’ailleurs aux ouvrages de Linehan fondamentaux dans cette approche. Cette auteure a principalement travaillé à mettre en place un protocole de soins pour les patients « limites » ou « borderlines »  et elle aborde notamment la question de la gestion des crises ; elle travaille auprès de patients suicidaires et a beaucoup réfléchi à la mise en place d’un protocole permettant d’apprendre au patient à sortir de ses schémas répétitifs destructeurs. Elle fait appel à des équipes pluridisciplinaires regroupant thérapeutes, coaches, psychiatres, éducateurs, services à la personne…

G. Macqueron lui aussi propose des conseils pour gérer les situations de crise dans un langage clair et en ne choisissant que quelques exemples mais en les décrivant efficacement.

Il s’agit donc d’apprendre à gérer ses émotions pour ne plus se mettre en danger ou saboter ses relations ou se plonger dans des grandes souffrances ou devenir incapable de gérer ses responsabilités sereinement…

Dans le cas de la DA, la solitude est le plus souvent fuie… certains en plein déni pourraient donc affirmer que la solitude n’est pas leur problème, qu’ils ont plein d’amis … mais à y regarder de plus près tout ceci cache fréquemment une intense solitude affective et un réseau social éphémère, changeant, une réelle difficulté à investir le durable et l’équilibré…

En réalité, la seule perspective de la solitude peut provoquer la panique.

Ce livre sera donc aidant pour enfin apprendre dans un premier temps à sortir des crises que ,malgré toutes ses précautions, le DA à l’ emploi du temps de ministre ne peut certains jours éviter  : face à cette abominable solitude ne serait-ce que lorsque la personne aimée lui fait faux bond ou n’a pas de temps pour lui… (le DA vit un vrai drame d’autant plus fort que l’autre l’accuse de dramatiser) puis dans un second temps à apprendre à construire des relations d’une plus grande qualité et enfin : ne plus se fuir et apprendre à aimer rester avec soi, seul(e) !

Ce livre peut donc nous servir de tremplin pour expérimenter la grande aventure de la conquête de soi, enfin oser en se sentant accompagné, la démarche comportementale étant fondamentale dans la guérison de la DA.

Le DA n’a donc pas à gérer une anxiété sociale à proprement parler (le livre aborde  cependant longuement cette problématique en cas de nécessité) mais par contre, il doit apprendre à  sortir des relations fondées sur le besoin ou le reparenting (désolée, j’adore ce mot et pour le dire plus clairement, de manière un peu expéditive, c’est quand on prend la personne aimée pour son soignant) , relations parfois uniquement fondées sur cette solitude fuie et la solitude affective est donc le lot commun du DA qui a beau vouloir nous faire croire qu’il n’a aucun problème à se faire des relations…

Les chapitres 8 et 9 intitulés respectivement Repérer les situations problèmes et Apprendre à s’organiser nous invitent à faire un bilan des situations dans lesquelles le sentiment de  solitude risque de déclencher une crise d’angoisse. Il propose ensuite de mettre en place une organisation de l’emploi du temps pour éviter de vivre ces moments de solitude problématiques.

Cependant, si l’avantage de ce livre est de proposer une démarche pratique pour échapper aux crises, il faudra ensuite petit à petit engager une démarche pour se familiariser avec la solitude et pour la dédramatiser. Le risque – bien mis en avant par l’auteur d’ailleurs- serait de se préparer un emploi du temps trop chargé et les DA connaissent cette fuite en avant et ce sentiment d’urgence.

Cependant, les exercices proposés sont utiles car l’auteur conscient de cette dérive possible a proposé des situations qui mettent déjà la personne au contact d’elle-même dans un cadre reposant tout en évitant un contact trop brutal avec la solitude ( aller au sauna, se faire masser, cueillir des fleurs, écouter de la musique sont des exercices qui permettent d’éviter une confrontation immédiate avec la solitude , l’exercice étant de plus limité en temps).

L’étape suivante consiste donc à apprendre à entrer en contact avec soi. Le chapitre 13 propose une démarche d’accession à la pleine conscience dérivée du concept de Mindfulness cher à l’approche bouddhiste et aux thérapeutes comme Linehan qui en fait un pilier de son traitement. Il s’agit d’apprendre à être complètement conscient du moment présent, à entrer en contact avec ses sens et ses sensations en laissant défiler ses pensées sans s’y arrêter. On aura reconnu une approche présente dans le yoga, la sophrologie, la méditation.   Tout ce qui permet d’améliorer l’ancrage dans le présent est utile.

Cependant, ce livre ne permettra pas d’en faire un apprentissage guidé, il faudra pour cela choisir une méthode qui nous convient et lire d’autres ouvrages sur le sujet. Les textes de Krishnamurti sur la solitude sont d’ailleurs une excellente entrée en matière !

L’ouvrage permet également d’aborder la création de relations durables et équilibrées (chapitre12) et de gérer ses débordements émotionnels (angoisse, panique) (chapitre 13).

Nous voilà au coeur de ce qui est si prégnant et difficile à changer chez le DA !

Surtout lorsque l’auteur nous demande de commencer par faire un bilan des qualités de nos relations… alors que nous sommes souvent conscients de la pauvreté relationnelle de la plupart de celles-ci mais que nous sommes effrayé(e)s à l’idée d’y mettre un terme même lorsque la personne a dépassé nos limites, a foulé nos valeurs aux pieds…

On peut toutefois commencer par apprendre à se familiariser avec les 5 étapes d’une relation et les franchir sereinement ou pas mais sans les brûler comme nous en sommes si coutumiers. Les voici :

  1. inconnu
  2. public
  3. personnel
  4. privé
  5. intime. (voir livre pour les détails pages 210/211) (voir pour la théorie : Altman et Taylor, 1973, théorie de la pénétration sociale)

Il faudra également garder à l’esprit les affirmations suivantes :

-Je poursuis la relation si elle est agréable uniquement.

- Je risque des demandes respectueuses en évitant la passivité plaintive.

- J’apprends à régler les conflits dans la mesure où leur coût reste gérable.

- Je fais le serment de m’éloigner des relations nocives.

L’autre devra donc cesser d’être cet objet consolateur, ce doudou consolateur contre lequel on se met parfois violemment en colère comme l’enfant contre son jouet.

Un chapitre est enfin consacré à la gestion des émotions et je vous renvoie ainsi à un autre article dans le prolongement de celui-ci qui s’intitulera « Baromètre et bibliographie de mes émotions »… (à venir)

Pour prolonger votre approche de ce sujet fondamental, je vous conseille :

 (la gestion des émotions dans plusieurs troubles suit une approche comportementale appropriée également dans le cadre de la DA):

  1. Retrouver son équilibre de Dominique Page,ISBN 978-2-7381-1833-2,
    octobre 2006, 150 x 195,
    224 pages. 
    http://www.odilejacob.fr/0207/2284/Borderline.html
  2. Les troubles bipolaires, chapitre 6 : la phase de thérapie comportementale et cognitive, Année : 03/2009 Nombre de pages : 244, ISBN 13 : 9782100519156, http://www.unitheque.com/medecine/Les_troubles_bipolaires-28720.html
  3. Manuel d’entraînement aux compétences pour traiter le trouble de la personnalité état limite, Editeur  Medecine & Hygiene (editions) ISBN : 2-88049-129-0 , Nb. de pages : 215 pages , octobre 2000http://www.decitre.fr/livres/Manuel-d-entrainement-aux-competences-pour-traiter-le-trouble-de-personnalite-etat-limite.aspx/9782880491291
  4. De l’amour et de la solitude, Jiddu Krishnamurti, Éditeur : LGF, Paris Collection : Le Livre de poche 30182 Spiritualités Description : 251 pages; (18 x 11 cm) EAN13 : 9782253109877 http://www.mollat.com/livres/jiddu-krishnamurti-amour-solitude-9782253109877.html.
  5. Une chanson magnifique qui énonce le paradoxe de la solitude : « je ne suis jamais seul avec ma solitude » de Moustaki http://www.dailymotion.com/video/x2rfse_moustaki-ma-solitude_music

Bonnes lectures et audition ! 

 

 




Vite mon « jeu favori » ou l’instructive rechute…

23082010

blog.jpgElle arrive toujours, quand on s’y attend le moins, la rechute… 

On se croit guéri, devenu suffisamment fort pour ne plus revivre les mêmes schémas, ne plus tomber dans les mêmes comportements nuisibles, puériles, risibles parfois mais qui furent longtemps nos seuls moyens de gérer la crise sans nous foutre en l’air car le DA a des fois tellement mal qu’il ne ressent pas l’envie de mourir, non, mais il a l’impression d’être foutu, mort, enterré et spectateur de son agonie, l’horreur absolue quoi, là, j’avoue, j’utilise l’humour pour ne pas vous effrayer mais soit vous avez compris, alors inutile de préciser la description, soit vous me prenez pour une cinglée ou une fille qui dramatise et vous faites certainement partie de l’entourage d’un DA, venu ici pour tenter de nous  comprendre,  en vain  et nous invectivant  une fois de plus de  : « arrêtez votre cinéma, votre  mélo, votre psychodrame… pas encore mort(e), c’est la centième fois que tu fais ta valise, tu devrais la laisser à côté de la porte, on gagnera du temps ?  »

Oui, ce jour fatal de la rechute est inéluctable.

Et ce jour-là, on se précipite immédiatement dans la malle aux souvenirs en s’écriant : 

« Vite, mon jeu favori !!!! »

Ainsi, nous avons eu l’habitude – inconsciente le plus souvent- de jouer un rôle pour attirer l’attention d’une personne de notre entourage, le DA ayant besoin de beaucoup de preuves d’amour, constamment, et se débrouillant souvent pour choisir comme compagnon une personne avare de démonstrations affective, tiens, tiens, pas de hasard, il s’agit de perpétuer notre mauvaise estime de nous, et d’entériner notre manière de fonctionner si bien ancrer : « je ne suis pas aimable, la preuve… »

Alors, la rechute, un jour de fatigue, un jour où la garde est baissée, où les nerfs sont à fleur de peau et ou une autre personne en tirerait la simple conclusion qu’il vaut mieux aller se coucher, ou rester chez soi ou se faire un ciné ou ou ou … pas nous, nous nous offrons pour pas un rond une séance grandeur nature de méli mélo…

  »Vite, mon jeu favori !!!!!!!!! »

Par exemple, notre DA (prenons une femme, pour flatter les statistiques )dépensière compulsive et paradoxalement, malgré des milliers d’euros de crédits,  elle assure un max du moins elle contrôle tout dans son foyer, elle est  accablée de responsabilités, la pauvre, elle a choisi comme compagnon un éternel adolescent, qui s’achète des foules de gadget mais n’a aucune épargne, roule en vélo et lui laisse le soin d’entretenir la voiture , n’ouvre pas ses relevés bancaires et n’a plus de sou le quinze du mois,  lui emprunte parfois de l’argent alors qu’elle a un découvert abyssal, bref, la fille qui est paradoxalement devenue dépensière compulsive parce qu’elle était hyperresponsable et vivait depuis sa naissance dans une famille irresponsable… payer pour les autres, les autres lui faisant payer, payer à la place des autres, payer pour que les autres l’acceptent, payer, payer, vous me le payerez …

Et donc son jeu favori à cette dépendante affective ( les comportements compulsifs étant souvent des moyens de gérer l’angoisse mais aussi de tresser des relations inextricables avec son entourage) qui se sent rejetée dans sa famille  et qui se considère aussi comme co-dépendante ( on est souvent aussi dépendant de ceux qui sont irresponsables car dépendants…) c’est « regarde comme je suis une fille beaucoup plus irresponsable que toi, j’ai plus d’argent, j’ai des dettes, ne m’en veut pas, aide-moi… ».
En jouant ce jeu, elle protège l’autre joueur, lui redore son image, prend toute la culpabilité, la responsabilité du désastre, se met dans la position du paratonnerre. 

Des variantes du même jeu : la fille super étouffante qu’il faut quitter, ou trop jalouse, ou trop pressante… face à un homme qui fuit, qui a peur de l’engagement, qui est instable et qui profitera de ce jeu pour quitter l’autre qui suppliera et obtiendra que l’homme reste mais à quel prix, et pour combien de temps, sans que lui n’ait à se remettre en cause… et on peut interchanger les sexes bien sûr…

Bref, pourquoi ce jeu favori de la part du DA ?

Je parie que vous avez deviné : parce qu’ainsi il a un bénéfice caché : il obtient enfin toute l’attention de son joueur préféré qui justement autrement a tendance à l’ignorer, oui, l’autre, l’aimé(e), l’adoré(e) devient enfin gentil et prévenant pour quelque temps et cela permet au DA de surmonter sa crise, d’avoir sa dose d’affection même si souvent il a honte de son comportement de quémandeur.

Voilà le jeu. et depuis qu’elle marcjhe sur le chemin de l’indépendance, en gérant ses problèmes et en lui laissant les siens, notre DA se retrouve avec un homme souvent méfiant, froid, inquiet, en colère, parfois même dépressif, ayant perdu ses repères, obligé de se remettre en question…

Que faire alors ?

Surtout ne pas abandonner ce chemin vers l’autonomie, vers la juste responsabilité, vers la dignité. 

Si le jeu recommence, être indulgent avec soi, se regarder faire, écouter ses émotions qui finalement en disent plus long que le reste : quelles émotions n’arrivaient pas à sortir ? les repérer et réfléchir, après la crise, calmement au moyen de les gérer sainement, en remplaçant le jeu malsain par une prise de risque saine : la demande (article à venir).
Se prendre en charge tendrement et quitter le jeu sur la pointe des pieds…

Sans dramatisation, sans culpabilisation.

Et, chaque fois, sentir que cela devient moins violent, moins long, moins fréquent, qu’il arrive même que le jeu n’ait pas lieu. Ce sont des sales moments à passer qui deviennent des apprentissages d’amour ! Oui car souvent le jeu est là à la place de l’intimité. Alors, sortir du jeu, gérer les émotions, c’est s’offrir un passeport pour l’intimité et cette lutte n’a aucun prix.

Ainsi, petit à petit, le jeu s’estompe, quitte la surface relationnelle, devient un habit trop grand, un costume que l’on garde dans son armoire comme un souvenir d’enfance bariolé…

On peut approcher l’autre sans en mourir à chaque fois et au début, simplement laisser l’autre à ses responsabilités sans lui refiler les miennes ou prendre les siennes.

Puis, avec du temps entre ces deux ex-joueurs, la solidarité pourra sans doute se nouer et ils parviendront ainsi à unir leurs forces dans la même direction en partageant le fardeau, en portant ensemble et de manière équilibrée leur relation.

Des jeux de collaboration pourront ainsi remplacer les jeux de pouvoir.

En attendant, bon courage et n’oubliez pas de rependre votre costume bariolé dans votre armoire à souvenirs, il pourrait encore servir…

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Affirmations.1. Stopper ses relations improductives.

21082010
  • Ces affirmations sont à cultiver, nourrir, imprimer, et elles doivent faire partie des phrases qui nous accompagnent chaque jour.
  • Elles sont éventuellement à personnaliser et leur rôle est de pouvoir venir se substituer aux phrases intérieures nocives qui viennent nous parasiter lors des « crises » que nous vivons ; elles peuvent aider à surmonter un moment intense de solitude, d’angoisse en étant des repères positifs auxquels nous pouvons nous référer en attendant que la tempête s’arrête.
  • Elles peuvent également venir nous encourager lorsque nous mettons en place un nouveau comportement, lorsque nous faisons quelque chose qui nous fait peur car inconnu.
  • Enfin, il est intéressant de les écrire sur des supports que nous créons, d’en faire des oeuvres d’art (pourquoi pas les peindre, les transférer sur un tee-shirt, en faire un collage, les mettre en musique… ).

 

  1. Je développe ma joie en multipliant ses sources.
  2. J’accepte l’être qui m’accompagne tel qu’il est.
  3. Je vis ma vie pleinement en être responsable.
  4. Je laisse émerger mes sensations douloureuses, je les accueille et les respecte.
  5. Je cesse toute tentative de contrôle sur les êtres qui m’accompagnent.
  6. Je dirige mes efforts vers moi.
  7. J’abandonne le recours à des situations excitantes pour échapper à mes angoisses.
  8. Je ne laisse à personne le pouvoir de me ballotter affectivement.
  9. J’aborde calmement les vrais problèmes en parlant de moi et non de l’autre.
  10. Je cesse toute dramatisation .
  11. Je sors de la position débilitante de victime.
  12. Je considère une vie équilibrée comme une vie enrichissante.

 




Le surmenage dans la dépendance affective.

19082010

lechemin2.jpgTrès fréquemment,mis à part les chagrins d’amour disproportionnés dès l’adolescence, c’est le surmenage , l’impression d’être sans cesse « au bout du rouleau » qui provoquent le questionnement et le début de la prise de conscience du dépendant.
Alors, les premières fois, on va voir son médecin généraliste et on parle de cette fatigue généralisée et inexplicable et fréquemment le mot « petite dépression » est employé ; ou alors, on apparaît comme une « wonder woman » qui devrait en faire un peu moins… alors, c’est vrai que quelque chose cloche et qu’au fond, ces moments de découragement qui peuvent être subits et violents nous angoissent profondément d’une part car on a peur que tout parte à volo, que le contrôle de la situation nous échappe (l’horreur pour un dépendant affectif encore plus lorsqu’il s’ignore), et d’un autre côté que c’est bon de se faire chouchouter…

Ce n’est pas que le terme « dépression » ne convienne pas du tout mais il serait plutôt une conséquence terrible d’une méconnaissance : le Dépendant Affectif ignore complètement qui il est avant sa première prise de conscience et il a appris à fonctionner en regardant les réactions des Autres et en se modelant sur l’image qu’ils ont de lui !!! 

Imaginez donc une seule minute, en vous mettant dans la peau d’un DA ce que peut être son quotidien :

- il organise son agenda en fonction des autres;

- il est capable de se retrouver avec plusieurs rendez-vous à la fois ;

- il fait plusieurs activités mécaniquement parce qu’il le faut et s’il lit ou entend ou voit qu’il ne le faut plus ou qu’il faut le faire autrement, il se retrouve paniqué ne sachant plus à quel sein se vouer et tournant en rond ;

- pour faire plaisir ou par peur de manquer une opportunité, il peut prendre des décisions impulsives et les regretter l’instant d’après et perdre beaucoup de temps à régler des problèmes qu’il s’est créé lui-même pour réparer promesses non tenues, engagements trop nombreux, oublis, désistements de dernière minute …

- il a des crises d’angoisse face à toute cette agitation mais il ne se les explique pas et peut tout laisser tomber, déménager, fuir… ce qui provoque encore beaucoup de fatigue !

- il commence plein de choses et fait les mêmes activités que ses ami(e)s pour ne pas les décevoir …

-il blinde son emploi du temps et court même pendant les vacances pour ne pas ressentir cette solitude qui le terrorise lorsqu’il est en contact avec lui-même …

Vous avez là un aperçu suffisant de ce qui est vraiment épuisant et insupportable !

lechemin1.jpg
Le plus difficile sera d’accepter de mettre fin à tout ce qui ne fait pas sens ou plaisir d’une part tout en renforçant sa fiabilité dans les domaines où ses responsabilités sont engagées quite à en faire moins mais bien et de manière assidue : l’éducation des enfants, le travail  et le logement sont 3 domaines importants.

Il faudra également réfléchir à équilibrer son temps : garder du temps de libre pour entrer en contact avec ses émotions, mettre en place des routines simples pour éviter de partir dans le décor, ne pas faire passer ses relations amoureuses avant tout le reste au risque d’y laisser sa peau ; comprendre que la personne qui vous aime vraiment n’a pas besoin que vous l’attendiez en robe de soirée et avec une bouteille de champagne à deux heures du matin alors que vous bossez à huit heures et avez trois enfants à gérer… comprendre que la meilleure amie qui débarque pour pleurer dans vos bras ne paiera pas la cantine du petit, ne fera pas les courses à votre place… il s’agit donc de définir des limites à ne plus franchir.


Dans un premier temps, elles ne seront pas forcément vécues comme nécessaires car la recherche du plaisir de l’autre fait que ces limites confrontent la personne avec sa peur de perdre ses relations et de se retrouver seule.


Puis, le plaisir d’une vie avec moins de drames, avec plus de bien-être, avec moins de fatigue viendront conforter ces limites qui ne poseront plus problème…
Mais en attendant, la fatigue écrasante est souvent au rendez-vous et ne doit absolument pas être minimisée.
Apprendre à se préserver, à ne pas s’oublier fait l’objet de longs jours d’essais, parfois d’années mais les progrès sont encourageants !

Bonne route,

Ysyade. Prendre conscience, sortir du déni




Quitter l’annuaire des abonnés absents, jeter la citrouille pourrie : le découragement dans la lutte du DA

18082010

blog.jpgCe soir, j’ai décidé de livrer un peu de mes émotions, de mes hésitations et de montrer vulnérable car je sais que c’est un luxe que je ne veux plus manquer de m’offrir et je sais également à travers vos messages que nous sommes nombreux et nombreuses à lutter pour ne plus nous laisser absorber par un ou plusieurs autres…

Tout d’abord, je trouve qu’il est si difficile de construire jour après jour ce blog, que je me sens parfois complètement découragée. Je me dis qu’il ne s’agit que d’une goutte d’eau et que cela ne sert à rien, j’ai souvent la même impression quand je regarde le chemin parcouru : je suis si vite tentée de retourner à mon comportement infantile et à avoir envie de jouer la petite fille malheureuse qui se fait avoir par tout son entourage, qui essaie d’acheter son entourage pour recevoir enfin un peu d’amour…
Oui, je sais maintenant m’arrêter au bord de la falaise, mais certains jours, c’est si dur, si douloureux, si compliqué, j’ai tellement l’impression d’être glacée de solitude et écrasée sous un fardeau que je me dis, tant pis, abandonne, lâche tout, ferme boutique, avoue dans ce blog que tu n’es qu’une usurpatrice qui tente de faire partager une expérience et accompagner d’autres naufragés, j’en deviendrais presque cynique, j’entends le chant des sirènes : appelle cet homme qui te donne l’illusion d’être aimée, va faire un peu de shopping, sois gentille avec tes copines et appelle-les, même celles qui prennent sans rien donner en échange… bref, j’ai envie de me rouler dans la dépendance et ses mirages si délicieux… mais qui ne durent que quelques instants et se transforment en citrouille pourrie avant minuit !

Voilà un titre d’article qui ne sera jamais bien classé dans les moteurs de recherche et qui fera errer les amateurs d’annuaires ou de courges…

En attendant, j’avoue, j’ai vécu 24 heures de découragement et je voyais se pointer les uns derrière les autres tous les jeux relationnels dans lesquels je m’empêtrais auparavant et que je fuis comme la peste maintenant, j’avais beau faire, c’est comme si autour de moi mes proches se déchaînaient et jouaient leur plus beau rôle…

Un festival : mon compagnon qui rejoue une énième fois la scène de la dispute avec sa fille au motif que la mère de celle-ci, son ex, est une alcoolique irresponsable et qu’elle ne sait pas s’occuper de sa fille mais dans le même temps mon compagnon ne s’occupe absolument pas d’elle (sous divers prétextes) et me voilà en train de gérer la gamine que ni l’un ni l’autre des parents ne gère et elle m’utilise à son tour pour me coller le rôle de la belle-mère autoritaire… résultat : je m’occupe d’elle pendant quinze jours, je lui file mon bureau perso car elle n’a pas de chambre… et elle prend la fuite dès que les obligations se profilent… je n’ai plus de bureau alors qu’elle ne vient que quelques jours dans le mois et son père pour se déculpabiliser me propose le sien…

Je pourrais continuer, tous les jeux auxquels on a voulu me faire participer cette semaine s’appellent : » t’es vraiment pas sympa ou t’es une mégère  » (jeu qui consiste à fuir toute responsabilité en faisant croire à l’autre qu’il est vraiment trop méchant et donc en vous collant le rôle du persécuteur /empêcheur de tourner en rond) ;   » arrête, cela me rend malade » (jeu qui consiste également à fuir en mettant en place un chantage affectif ou une pathologie exagérée, simulée, théâtrale pour me garder à distance, pour éviter d’avoir à se remettre en question, pour fuir une responsabilité et me la coller , rebelote…) !

J’ai passé trois semaines   à gérer trois enfants qui ont deux pères différents et deux mères différentes soit 4 adultes … et où étaient les 3 autres ????? !!!! Et je suis allée voir mes parents qui eux aussi se comportent comme des enfants … J’ai eu donc 5 personnes à gérer pendant une semaine.

Et il m’a fallu des années pour me rendre compte que c’était moi qui était responsable de cette situation en autorisant ces autres adultes à me fourguer leurs responsabilités.


Alors, je me suis sentie au fond du gouffre, l’impression de stagner, le découragement…
Surtout que pour toucher leur prime de déculpabilisation ces autres adultes s’arrangent pour que je pète un plomb et pour jouer à la « vilaine maman qui gronde trop ses enfants »…

Mais j’ai serré les dents, j’ai souri aussi et je n’ai pas pété les plombs. J’ai accusé le coup. Comme une ultime semonce de l’ennemi, un barroud d’honneur… Et je me suis dit que ce barroud annonçait ma guérison, s’ils se donnaient tous tant de mal et que j’étais encore debout, entière et finalement que, pour une fois, j’étais encore bien droite dans mes bottes et fière de moi, épuisée, dévastée par ce triste bilan de mon passé mais fière de moi.

Fière d’avoir su éviter l’engrenage de ces jeux : en utilisant l’humour, le lâcher-prise, la méditation, la respiration, la pensée positive, la prise de distance, les autosuggestions, l’explicitation des enjeux cachés…

Bref, fatiguée, découragée mais plus que jamais présente et incapable de croire un seul instant que la citrouille était un carrosse, plus envie de jouer. STOP

Je vais encore trimballer les conséquences de mes jeux passés pendant quelques temps, je vais encore avoir à gérer des séquelles mais je ne pourrais jamais plus perdre de vue ma dignité et je connais maintenant mes responsabilités. Je saurai les assumer sans jamais plus prendre en charge celles des autres ou négliger les miennes pour m’occuper de celles des autres ou me sentir coupable de ne pas en faire assez.
Je saurai laisser les autres s’empêtrer dans leurs difficultés sans interférer. Je n’aurai plus peur de quitter l’autre ou d’en être quitté. Je suis devenue clairvoyante.
La semaine dernière mon père me disait que « j’avais de la merde dans les yeux » et c’est vrai que depuis que je suis petite je ne vois pas clair, que j’ai une très mauvaise vue ; lui sous entendait que je ne me rendais pas compte de ce qu’il vivait, de ce que ma mère vivait et donc que j’étais une sorte d’inconsciente, irresponsable… en fait, il avait tort et raison.
Tort : je suis celle qui justement fout la merde en regardant et en voyant ( « il voit la merde dans mes yeux ! »).
Raison : ne pas voir m’a sauvée et cette semaine, tout ce que j’ai vu m’a profondément bouleversée, attristée et fait comprendre l’origine de ma dépendance affective : en quête d’amour, accepter d’être la méchante pour absoudre mes parents de toute responsabilité.C’était bien moi la responsable depuis toutes ces années.
Je ne sais pas ce qui en découlera dans les prochaines semaines, les prochains mois. Je pense que je ne serai pas à l’abri de quelques rechutes mais j’ai enfin gagné le sentiment d’être capable de me préserver de ces assauts, de me construire une vie paisible.
La dernière représentation a eu lieu. La citrouille était plus que pourrie. Je me sens à la fois triste ayant enterré mes illusions et en même temps sereine comme jamais.
J’ai compris que je pouvais compter sur moi. Que le découragement me donnait la mesure de ce que je prenais en charge et que je n’avais pas à faire.
Je vous souhaite de toujours garder une petite pensée de compassion et de tendresse pour vous, l’enfant que vous étiez, celui que vous êtes en train de voir naître pour ne pas que la citrouille pourrie vous empoisonne et que vous n’ayez pas l’impression que vous êtes condamnés à dépendre de ces relations si improductives !

Bonne route à vous y compris les jours de découragement. Je vais encore laisser ce blog en vie, les tentatives de sabotage ont échoué :) )

Ysyade.


Cheminement




La dépendance affective, une maladie ?

16082010

Prendre conscience, sortir du déniphoto689.jpgCet article fait réponse au commentaire de Constant sur mon article le déni. Merci http://dependanceaffective.unblog.fr/2010/08/15/le-dependance-affective-et-le-deni/.

Effectivement, affirmer que la Dépendance Affective est une maladie est une question épineuse et sujette à controverse, je pense d’ailleurs qu’il est sain et intéressant d’en débattre, merci Constant !

Il faut effectivement avancer prudemment : j’emploie le terme « maladie » ni plus ni moins que comme une altération de la santé : or, pour moi, la santé n’est pas seulement une affaire corporelle mais un équilibre global qui permet à l’individu de fonctionner correctement …

La Dépendance Affective, je vous l’accorde, provoque fréquemment des « maladies »… cela nous sommes prêts à l’entendre … mais, je vais plus loin.

La Dépendance Affective nous plonge dans une  souffrance permanente et intense, un peu comme si on était dans un étau, alors, oui, je n’hésite pas à l’affirmer, il s’agit là pour moi d’une maladie. Surtout depuis que je me sens beaucoup mieux, vraiment apaisée après des années de lutte et de recherche ; surtout quand une femme qui m’est proche est en train d’en mourir. Et pourtant, elle en prend des médicaments ! Si on se contente de soigner les symptômes et pas le mal, alors on ne règle rien, au contraire, on retarde la sortie éventuelle de la personne de son déni (attention : je ne prétends pas qu’il ne faut pas prendre de médicaments,ce serait irresponsable de ma part, mais qu’il faut une prise en charge globale, lourde, longue, par des personnes qui connaissent le problème de la dépendance affective et qui viennent d’horizon multiple;  c’est une banalité de le dire, régler une dépendance nécessite toujours un travail qui dure pratiquement toute la vie ! en ce sens, l’échange mis en oeuvre dans les groupes, dans les blogs, dans les livres fait avancer les choses et l’information doit se diffuser pour donner de l’espoir !)

Je pense effectivement qu’il faut des médicaments : mais le mot lui-même pour moi ne renvoie pas à la prise d’une substance chimique mais à la mise en oeuvre d’un procédé thérapeutique.

photo689.jpgAinsi, la Dépendance Affective nécessite la mise en oeuvre d’un procédé thérapeutique, il s’agit de se soigner mais au sens étymologique du terme : prendre soin de soi.

Chaque dépendant devra ainsi choisir les moyens qui lui conviennent pour prendre soin de lui, je ne pense absolument pas qu’il puisse être possible de dire qu’un seul moyen existe, ni que seuls les médecins peuvent guérir cette Dépendance : je pense que c’est une des voies possibles parmi d’autres.

Voilà, pour sortir de la Dépendance, il faut se soigner et je ne crains nullement la récupération de cette affirmation par les médecins.

Quelle molécule pourrait-t-elle donc soigner la Dépendance Affective ?

Par contre, je pense qu’il est important que chaque Dépendant ait une démarche ouverte et se remette en question :

photo689.jpgAvoir la meilleure  santé possible fait partie de notre devoir d’être humain adulte et digne.  Là aussi, il faut débusquer la victime qui pourrait se cacher en nous … Cela peut être dur à entendre mais je crois depuis peu, qu’il s’agit d’un devoir de prendre soin de notre corps, de gérer aussi nos maladies pour ne pas encombrer notre entourage, pour ne pas les culpabiliser ou les mettre dans l’embarras.

Alors, débattons-en, et réfléchissons aux implications de La Dépendance Affective en terme de santé … peut-on vraiment continuer à refuser de la voir comme une maladie ? On peut jouer sur les mots. On peut être gêné. Dans ce parcours du combattant, en tout cas, selon mon expérience, ce sont de nombreux bénévoles et professionnels qui permettent de guérir et j’avoue que je n’en exclus aucun !!!

Prendre conscience, sortir du déni




Le dépendance affective et le déni.

15082010

photo142.jpgLe déni ou la dénégation …

Beaucoup d’entre nous sommes déjà passés par cette étape ; cela ne signifie pas que nous ne la revivrons pas.

Rappel de la définition de déni :Différent du refoulement, le déni est une stratégie de défense qui mène à éviter, sinon à nier une réalité (ex : une adolescente refusant d’admettre la réalité de sa grossesse et dissimulant celle-ci à elle-même et à son entourage jusqu’à l’accouchement). Dans le cas d’une psychose, il y a véritablement négation de cette réalité extérieure à laquelle se substitue une idée subjective fantasmée. http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Deni

Le déni est une étape extrêmement problématique : il intervient à plusieurs stades de ce que je nommerai la prise de conscience de cette maladie qu’est la dépendance affective.

Le terme maladie signifie ici : qui altère la santé, qui provoque des dysfonctionnements émotifs et physiques, qui provoque des effets sur le corps nuisibles à moyen ou long terme ( stress, ulcère, hypertension, anxiété, douleurs multiples…) .

Je pense en effet, comme d’autres auteur(e)s que la dépendance affective est bien une maladie et quelle est encore trop souvent minimisée voire niée … minimisée car s’il s’agit d’un manque d’autonomisation d’un individu, il ne suffit pas d’en informer l’individu pour le guérir, ni de faire quelques exercices … car si l’information et les exercices sont bien sûr incontournables pour en sortir, il s’agit avant tout que l’individu comprenne qu’il souffre d’une maladie et qu’elle est potentiellement mortelle.
Une personne qui m’est très proche est en train d’en mourir et pour l’instant, rien n’a pu être fait pour elle car le déni l’a emporté. Cela me bouleverse profondément . Cette maladie est extrêmement complexe car les relations humaines sont au coeur de notre vie et il s’agit donc pour moi d’une maladie de l’humain, la dépression étant fortement liée à cette pathologie.Je pense même que la dépression n’est pas à l’origine de cette maladie mais qu’elle en est une conséquence et qu’ensuite, elles sont deux compagnes inséparables !

Ce qui est terrible dans cette maladie, c’est qu’elle vide la personne de toute substance vivante car la personne est dépossédée d’elle-même. Elle rend indigent et toutes les dépendances sont souvent selon moi dérivées de celle-ci et il est important de savoir que l’on peut se croire guéri de l’une alors qu’il s’agit seulement d’un subterfuge de la maladie qui prend une autre apparence. (J’en reparlerai dans « la dépendance affective polymorphe »).

Au départ, le dépendant nie être dépendant, du moins, il ne perçoit pas son mal être comme résultant de cette dépendance affective ; il nie parfois également d’autres dépendances, se sentant bien sûr extrêmement loin du schéma de l’alcoolique, de la femme battue, de l’obsédé sexuel, de l’anorexique… de toutes ces images affreuses de déchéance…

Et pourtant : la dépendance affective détruit souterrainement, bouffe la tête, appauvrit, noue l’estomac, infantilise… mais c’est une dépendance à col blanc ! Elle s’avance masquée ; souvent les dépendants affectifs sont cordiaux, efficaces, consciencieux, généreux… ils ne peuvent pas être dans le même cas que tous ces drogués à l’alcool, au sexe, à la bouffe, à la violence !

Le dépendant affectif ne se sent donc pas concerné par exemple par les témoignages, il est vrai parfois caricaturaux, des bouquins de Norwood, Ces femmes qui aiment trop.

Et pourtant, il va de relation en relation en revivant les mêmes schémas, il est souvent dans des situations personnelles chaotiques : déménagements à répétition  ( toujours pour de bonnes raisons…j’ai ainsi déménagé plus de quinze fois entre l’âge de 17 à 26 ans… ), changements de loisirs, copains et amis changeant souvent aussi, relations distendues, froides ou passionnelles avec la famille proche… problèmes d’argent, problèmes alimentaires, voiture en panne, clés perdues, rendez-vous manqués, emploi du temps surchargé, état de stress permanent…

Mais il perçoit rarement ce qui lui arrive comme étant hors norme, il ne se rend pas forcément compte que ce rythme de vie est épuisant, que beaucoup seraient déjà allongés dans un lit, exténués s’ils devaient vivre ce rythme tumultueux, mais chez le dépendant, c’est le seul moyen pour rester en vie, le tumulte, les histoires, les ruptures, la gestion de problèmes – le dépendant affectif est le maître absolu de la gestion de problèmes !!! si il connaît même les trucs pour ouvrir les portes qui ont claqué le laissant dehors sur le paillasson, en pyjama, c’est plus rigolo…

Le dépendant étant le plus souvent absorbé dans ses pensées par l’Autre, celui qui dans le moment présent l’occupe : son amour fou du moment, sa meilleure amie qui ne lui donne plus signe de vie, sa mère qui la culpabilise tellement… bref, il est tellement occupé qu’il ne pense plus à faire ce qui est urgent pour son bien-être et met la préservation de ces relations chaotiques sur le devant de la scène.
Résultat : une robe onéreuse achetée mais le loyer impayé ; une soirée fabuleuse passée mais trop peu d’heures de sommeil, un merveilleux repas préparé mais le dossier pour le travail non fait, un ou deux services rendus et notre lessive non faite, notre appart en désordre…

Ce tumulte est pourtant bien décrit dans Ces femmes qui aiment trop : il s’agit de contrôler les autres, contrôler son environnement, en permanence vouloir tout gérer au détriment de sa propre autonomie et de son propre bien-être car lorsqu’on commence à vivre dans cet engrenage, il est extrêmement fastidieux de le reconnaître et de s’en sortir !

Se remettre en cause et se dire que l’on doit d’abord s’occuper de soi avant d’aider des autres qui ne nous ont rien demandé, avant de vouloir à tout prix que l’autre change en le rendant responsable de notre malaise, en voulant qu’il soit poli, bien élevé, respectueux, altruiste, tendre, organisé, prévoyant, fidèle, secourable, protecteur, rassurant, complaisant… en lui dictant sa conduite, en le sermonnant, en discutant même en prétextant qu’il ne s’agit que d’une conversation anodine, juste parce que la communication c’est la vie… oui, mais le dépendant ne sait pas avoir une conversation dont l’objectif n’est pas de faire changer l’autre et de le modeler à son image …

Lorsque l’on se rend compte de cela, pouf, un grand vide : la plupart de nos actions, de nos paroles, visent à nous rassurer en faisant que l’extérieur soit bien comme nous le voulons ; en faisant en sorte que rien ne nous échappe; que finalement, quand ces autres ne sont pas là, nous ne fonctionnons plus !

C’est pour cela que le déni est si fort, si long, parfois irrémédiable : il faudra avoir la force, la persévérance, l’humilité et l’espérance pour nouvelles compagnes une fois que l’on aura levé ce déni car chaque jour, on se surprend à s’occuper avec l’autre ne sachant pas s’occuper de soi !

Lorsqu’on a enfin le courage ou lorsque les événements ne nous laissent plus le choix, et que le déni est renvoyé, alors la première étape consiste à accepter la force de ce qui ne peut plus être nommé autrement qu’une maladie.
Paradoxalement, même si à ce moment-là, le dépendant traverse une grave période de dépression car il perd tous ses repères et il contacte pour une fois ses émotions et étant désarmé, cela fait beaucoup … il dispose alors dans le même temps d’un outil fabuleux pour l’aider  grâce à cette première acceptation : la découverte de soi.

Seule celle-ci lui permettra enfin de s’occuper de lui et non de l’autre.

Bien sûr, comme je le disais au début de cet article, le déni resurgira à d’autres étapes de sa progression…

Par exemple, fréquemment le dépendant a des problèmes avec : l’argent, l’alcool, l’hypocondrie, l’alimentation, le sport, le sexe, le travail, les loisirs… il pense ne plus être dépendant mais il devient affairé et souvent la suppression d’une dépendance provoque le développement d’une autre comme je le disais déjà au début de cet article.La dépendance affective est une des plus difficiles à gérer mais toutes les dépendances communiquent entre elles car elles sont le symptôme d’une difficulté ou d’une perturbation dans l’accession à l’autonomie de l’adulte.

Lorsque le dépendant bloque dans sa guérison, cherchez le déni …

le plus difficile et le plus rageant c’est que lorsque vous vous êtes conscient de ce déni et que vous essayez de l’expliquer, de le montrer au dépendant… il vous enverra balader, vous rira au nez, vous dira que vous rêvez… seul cet  être peut faire son chemin et soyez confiant : lui faire confiance, c’est la meilleure solution pour qu’il ou qu’elle sorte du déni par ses propres moyens.

Il correspond souvent à une étape difficile à franchir pour lui : accepter de se remettre en cause et de regarder ses propres problèmes, voilà le plus dur pour le dépendant qui vous fera le descriptif des problèmes des autres pendant des heures…
Cela ne signifie pas que l’on ne peut être présent pour le dépendant mais simplement lorsqu’il nous le demande et dans le respect le plus total de son autonomie et de sa personnalité : même si pour vous ses actes sont illogiques et dangereux, sauf grave mise en danger de sa vie, il faut le laisser choisir sa vie. Ou son déni !

Prendre conscience, sortir du déni




Jeter votre victime intérieure aux encombrants !

6082010

Encombrante victime Licenciez la victime en affrontant sa panique.

 

L’ouvrage de Melody Beattie, Vaincre la codépendance , comporte un chapitre intitulé Supprimer la victime.

Ce chapitre me semble fondamental pour toute personne entamant son chemin vers l’autonomie, voulant devenir son ou sa meilleur(e) ami(e).

L’obstacle fondamental à l’évolution me semble en effet consister en cette position débilitante que le dépendant peut être amené à adopter, inconsciemment le plus souvent : celle de victime.

Des exemples :Encombrante victime

- j’attends que l’autre m’appelle parce que j’ai peur qu’il ou elle me trouve ceci ou cela …

- j’accuse l’autre de cruauté ou d’indifférence ou de mauvaises intentions parce qu’il n’a pas fait ce que j’attendais de lui…

- je reproche à l’autre d’avoir choisi de vivre à la campagne alors que je suis allergique au pollen au lieu de voir que je n’en ai même pas parlé avec l’autre;

- je trouve que l’autre est radin ou égoïste parce qu’il ne me rend pas son invitation ;

- je suis déprimé(e) à cause de l’autre qui devrait m’aimer plus (dis comme cela, cela montre l’énormité de cette position qui est très infantile aussi );

- j’en veux à l’autre de ne pas avoir pris son maillot de bain alors que cela me semblait clair pour moi qu’on allait se baigner ( à changer par d’autres objets ou décisions qui n’ont pas été clairement posées )

- je souffre parce que l’autre part en vacances seul alors que je viens de partir une semaine avec les enfants pour le soulager et que je le trouve ingrat mais je me contente de soupirer…

Des dizaines d’exemples seraient valables et je suis sûre que vous commencez à voir ce dont je veux parler, non ?

Et le plus difficile, le plus douloureux, le plus révolutionnaire sera de l’admettre, de sortir du déni, de regarder en face cette béquille émotionnelle qui finalement justifie la persistance de la position de dépendant, qui entrave l’accession à l’autonomie. Se voir comme une personne qui se complait dans cette position, cela fait un choc !


Je dirai que la victime peut ainsi rester dans les jupes de maman. Métaphoriquement parlant.

Je vous livre d’abord une citation tirée du chapitre 8 du livre de Beattie cité plus haut :

«  Ne plus chercher à savoir ce que veulent les autres au lieu de cela, insister pour qu’ils me demandent ouvertement ce qu’ils attendent de moi. Demander sincèrement ce dont j’ai besoin. Ne plus chercher à s’occuper des responsabilités des autres. »

Le problème consiste à passer le cap. Il est simple de lire ces phrases, de les approuver mais c’est la peur, la panique qui pose problème.


Lorsque je me vois en train de demander ce dont j’ai besoin, j’anticipe la réaction de l’autre et je peux me sentir terrorisé(e) à l’idée de déplaire, de choquer, d’être rejeté(e) ou que la relation prenne fin.
De même, il est beaucoup plus confortable de m’interroger sur les sentiments, les actions des autres que de penser aux miennes et d’y réfléchir, de les écouter, de les modifier, de les approuver ou les remettre en question.
Parce que, du coup, ce ne sera plus de la faute de l’autre mais de la mienne, du moins, je serai responsable de ma vie au lieu d’attendre et de pouvoir rejeter les problèmes, les difficultés sur l’autr.Et cela fiche la trouille, alors, je commence demain promis en attendant je continue à lui en vouloir, c’est plus confortable…

 

Accepter la peur, la jauger, l’accueillir, lui parler, respecter cette partie de notre personne qui tremble, qui hésite, lui laisser de la place mais pas toute la place.Et puis, se jeter à l’eau pour commencer à vivre sa vie et ne plus rester ce nourrisson réclamant d’être nourri.

Vivre, ce n’est pas seulement choisir, comme dit la même auteure dans un autre ouvrage (Vivre c’est choisir), c’est aussi accueillir ses peurs et les dépasser au lieu de les faire taire en quittant la partie et en laissant sa partie aux autres.

Je peux hésiter, trébucher, mal faire, me tromper.

Comment commencer à ne plus se positionner en victime et à affronter ses peurs ?

Là aussi, il ne faut pas croire que cela se fait en une journée.
Il faut, chaque jour, avancer un peu.
Toutes les occasions du quotidien sont les bonnes.
Se donner la priorité : écouter ses émotions, apprendre à les reconnaître. Se donner le droit de changer d’avis.

Je voudrais passer du temps avec lui ou avec elle. Mon désir est immense. Mais je suis en colère car l’autre ne m’accueille pas. Mais je n’ose pas lui dire que j’aime sa présence et que je désire être avec lui, en parler avec l’autre : que puis-je proposer ? Tout en réajustant ma position selon la réponse de l’autre. C’est le plus difficile car si l’autre ne répond pas à mes attentes, je risque de tout bloquer ou de tout dénigrer par peur de me montrer vulnérable alors que si je me laisse le droit de m’ajuster à chaque instant, que je reste dans une relation vivante qui respire, je peux me sentir libre, constructeur de ma vie.
Il faudra alors reconsidérer la douleur et la tristesse et les accueillir eux-aussi : non plus comme des émotions qui me submergent, me détruisent, viennent de l’autre mais comme une phase incontournable de mes deuils (même tout petits).

Et je peux là aussi choisir de faire le deuil en renonçant mais en même temps laisser germer la prochaine élaboration, le prochain projet, la prochaine relation, je peux garder une position d’espoir, ouverte sur la vie.


Cette attitude a révolutionné mon quotidien depuis presque un an.
Je vis des émotions très riches et très intenses aujourd’hui, beaucoup plus nuancées et authentiques qu’avant. Il m’arrive de souffrir et que cela me touche énormément. Mais comme je ne me positionne plus en victime, il s’agit alors d’une étape obligée sur le chemin de mes deuils et de mes naissances, le cycle de la vie est en moi, je l’accueille et je ne cherche plus à me crisper et à posséder, diriger ou rejeter la faute sur l’autre.
C’est excessivement difficile mais pour rien au monde je ne voudrais être à nouveau cette victime qui reproche aux autres à chaque instant son sentiment d’abandon, de solitude, d’échec…

Alors, débusquons à chaque instant cette victime qui prend possession de notre vie et nous met dans une position d’impuissance catastrophique et de vulnérabilité exacerbée.

J’attends vos exemples : comment aujourd’hui avez-vous agi pour ne pas vous positionner en victime mais en acteur ou actrice de votre vie, respectueux, respectueuse de l’Humain.
Car le dépendant doit aussi apprendre le bon dosage. Apprendre à ne pas écraser l’autre pour surmonter sa dépendance. Apprendre à être calme, posé, à s’affirmer tranquillement.
Waouhhh quel programme, ne trouvez-vous pas ?








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