Sortir de la dépendance affective demande un apprentissage !

20062010

« Toute évolution relève de changements. Ceux-ci demandent souvent un effort conscient. L’automatisme adéquat n’arrive qu’en un second temps.  »

Lucien Auger in S’aider soi-même, introduction.

Allégorie de la victime
 Nous avons beaucoup de mal à approcher la dépendance affective comme un déficit de compétences de l’individu dans son acquisition de l’autonomie. 

Or, ce qui est selon moi nécessaire pour pouvoir commencer à sortir de cette dépendance, c’est la prise de conscience que l’accession à l’indépendance n’est ni spontanée ni miraculeuse ni consécutive à une psychanalyse bien menée.

Je m’explique : tant que l’individu n’apprend pas des savoir-faire, des habiletés comportementaux il ne peut sortir de ses schémas problématiques et ne peut pas progresser vers l’autonomie. Il a beau avoir tout compris de sa problématique, il a beau avoir amélioré la connaissance de son passé, avoir évacué sa colère, avoir pardonné… il reste avec sa dépendance sur les bras, se remet en colère, se sent accablé, impuissant et se met à en vouloir à son psy (ou autre !) sauf si celui-ci a une manière de travailler qui conduit son patient à l’autonomie mais je crois que souvent ce n’est pas fait exprès, ce n’est pas verbalisé.

Là aussi, je m’explique : certains parents, certains thérapeutes ont de fait la capacité de conduire leurs enfants ou leurs patients à l’autonomie car ils ont eux-mêmes acquis cette compétence ; de ce fait, ils n’ont pas forcément conscience que leur manière de construire leur relation avec leur enfant ou leur patient évite l’écueil de la dépendance affective.

Du coup, toute personne qui n’a pas bénéficié de cet accompagnement et qui souffre de dépendance affective pense que cela vient d’elle ou qu’elle est victime des autres (y compris de ses parents). Ce n’est pas tout à fait faux mais la raison principale est que quelque chose de fondamental manque à cet individu pour devenir un adulte autonome et que le processus de séparation est incomplet ou déficient.

Le verbaliser, le présenter explicitement  comme « tu n’es pas encore autonome car il te manque des apprentissages, donc, si tu te mets au travail, si tu expérimentes, tu vas progresser et acquérir de l’autonomie, du bien-être, de la liberté... » est FONDAMENTAL.

Lire tous les livres du monde sur la dépendance affective ne suffit pas sans accompagnement pédagogique.
Je suis enseignante auprès d’adolescents. Et cette verbalisation est très efficace auprès de mes élèves. Et ce sont eux, grâce à l’échange qui se met en place, qui me permettent de comprendre ces mécanismes. 

L’accompagnement pédagogique peut être fait par tout adulte compétent, autonome, pédagogue qui présente ce travail non comme une aide mais comme un guide, qui met en place une dialectique. Sans dialectique, pas de progrès. 

Ce qui explique que les groupes de parole, le coaching, les thérapies comportementales soient plus efficaces pour aider l’individu qui veut sortir de la dépendance parce qu’il y a toute cette pédagogie qui se met en place, cette didactique de l’accompagnant qui réfléchit aux problématiques et cherche à construire une démarche concrète pour régler les problèmes et faire acquérir des savoirs au fur et à mesure de l’avancée du travail.

C’est une maïeutique qui se joue au quotidien, pas à pas. 

Voir l’accession à l’autonomie affective de cette manière apporte un soulagement considérable au dépendant car il ne s’agit plus d’une maladie incurable, mystérieuse mais d’un déficit d’apprentissage.

Depuis que je sais que je peux apprendre, j’ai retrouvé la joie et la motivation dans mon projet de vie car je suis devenue  actrice alors que d’autres approches me rendaient passives, comme un oisillon attendant la becquéé…

Vive l’apprentissage même si cela demande beaucoup de patience, d’énergie, même si l’échec est sur le chemin mais je ne suis plus une victime au sens étymologique du terme  :

  • un animal sacrifié car il veut absolument plaire aux autres quitte à y laisser sa peau mais qui ne peut faire autrement car il n’a pas d’existence propre , là simplement pour permettre aux autres de vivre !

Allégorie de la victime




Dépendance affective et coaching : la pêche au gros des mendiants de l’amour.

19062010

L'ivraieAujourd’hui, quand je me promène sur Internet, je découvre que la dépendance affective fait vendre… 

Cela me fait sourire car c’est une des choses les plus complexes à guérir, sans doute d’ailleurs n’en guérit on jamais.

Et le coaching que je vous propose, je l’ai créé entièrement, grâce à mon parcours et à mon expérience professionnelle de formatrice .

Je ne partirai  pas à la conquête de clients à coût de publicités mirobolantes.

Il me semble que les personnes qui travaillent avec moi sont des personnes qui ont pu se rendre compte de mon travail d’abord par ce blog.

Ecrire est ma passion. J’écris aussi des poèmes ( http://ysyade.unblog.fr ) , je fais de la photo, je peins, je me passionne pour les jardins de plantes en pots, aromatiques et simples et pour… les chats.

Toutes ces passions, je ne les vivais pas sereinement, je n’osais pas en vivre tout simplement.
Ma joie d’aujourd’hui qui me fait célébrer la vie chaque jour… j’ai envie de vous la communiquer.
Mes compétences de pédagogue, de rédactrice, de lectrice, d’artiste me permettraient de vous épauler pendant quelques mois pour un compagnonnage modeste mais concret et méthodique.

Je laisse à d’autres la pêche aux clients ; pour sortir de la dépendance affective, vous aurez beaucoup de travail à accomplir et cela ne sera pas facile. Ceux qui vous diront le contraire sont des menteurs ou des inconscients. Il s’agit aussi de pouvoir enfin vivre en paix sans passer des années en thérapie.
La thérapie est pourtant importante selon moi. Mais lorsque des années s’écoulent et que rien ne se passe de vraiment concret dans votre vie… vous devez enfin admettre que vous êtes peut-être devenu(e) dépendante de votre psy ?!!!

Je vous promets que je ne vous accompagnerai pas plus d’un an. Après, vous devrez faire seul(e). Tant pis pour les atterrissages forcés, l’échec mène aussi à la victoire.

Parce que le bien-être après des années d’angoisse incompréhensibles, c’est possible et je remercie tous les auteur(e)s qui m’ont aidée et je souhaite maintenant à mon tour prendre la parole, témoigner et accompagner . Ne pas pouvoir vivre sereinement seul avec soi est l’une des choses les plus terribles .  Vous aurez plein de conseils de bon sens de votre entourage et pourtant, cela ne change pas votre angoisse, vos attitudes de mendiant et mendiante de l’amour …

A demain, chers mendiants dont j’affectionne la sensibilité unique que vous conserverez toujours.L'ivraie

Ysyade.
 

 




La dépendance affective ou le syndrome de la coquille vide.

17062010

Accepter l’inconnu. Accepter la peur. Accepter l’attente.

Ne plus plonger dans la vie de l’autre pour éviter de se noyer dans son verre d’eau ou l’art de précipiter notre noyade.

J’avais, il y a quelques années encore, la sensation d’être en train de me noyer ou d’être victime d’un piège, au quotidien, voire plusieurs fois par jour.

Par exemple, dans un groupe, je ne savais pas être moi, simplement présente, capable de dialoguer simplement avec l’autre en posant une question simple, banale ; le moment où l’autre m’était encore inconnu me faisait peur : crainte de mon image, obsession de celle-ci : regarder l’autre et m’y perdre comme dans une flaque…

Je ne pouvais prendre d’initiative, trop souvent peu sûre de moi, dévalorisant systématiquement mes centres d’intérêt, voulant avoir les mêmes goûts que l’autre, reniant mes idées ou les cachant.

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Spectatrice : tiens, cela me plairait de faire ceci… mais ne le faisant pas par PEUR… : peur du ridicule, peur de déranger, peur de choquer, peur de l’isolement, peur de décevoir, peur de l’échec, peur des paroles des autres.

Aujourd’hui, je me force à me joindre à des activités même si je ne sais pas danser, même si je ne sais pas faire, même si je ne suis pas sûre de faire bien. J’ai rangé mon costume de petite fille sage : souriante, figée, conciliante, anonyme. Je ne cherche plus à faire la une, à épater, à éblouir, à être couverte de louanges.
Mon corps est plein de gaucheries, de maladresses mais je suis beaucoup plus bienveillante avec celles-ci, je cherche simplement à être présente.

Venir ici, une fois par jour et écrire pour témoigner, pour que ma voix soit rejointe par les vôtres, pour que mes imperfections dévoilées me rendent davantage humaine, prête à aimer la vie et pour que d’autres trouvent le chemin qui les conduira à eux, « à la conquête de soi » …

Il m’arrive encore de disparaître, de fuir, de m’effacer tellement j’ai peur… Mais, je gagne du terrain, la paralysie est repoussée mais pour l’instant, l’effort doit être quotidien.
Il m’arrivait ainsi d’être tellement incertaine, tellement absente de moi-même – l’autre est roi, l’autre est mon maître- tellement apeurée que je ne pouvais plus dans ces heures là, aller travailler ou sortir.
Dans ces heures là, la vie me semblait vaine, inutile et seul le sommeil ou la bouffe me permettaient de tenir. Ou les achats compulsifs. Ou les relations compulsives.

Mais, dans tous ces moments, impossible de m’habiter, impossible de construire des actions pour mon plaisir, beaucoup de mal à être responsable, me sentant vide.

Envahie par l’ennui. L’ennui. Je ne connaissais pas grand-chose de Moi, je l’avais déserté.

 

J’appelle cela le syndrome de la coquille vide, l’amnésie de l’égo inanimé, une sorte de vide : comme un miroir face à un autre miroir , sans fin.

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La visualisation ou l’art d’éviter les passages à l’acte répétés.

14062010

rameaux.jpgLorsque l’on s’aperçoit que notre dépendance affective nous fait revivre périodiquement les mêmes scènes, que, par exemple, la peur d’être trompé ou quitté exacerbe notre jalousie ou fait que nous gérons mal notre ressentiment, évitant de montrer à l’autre colère, ressentiment… le problème c’est l’effet cocotte-minute :

- nous pouvons avoir des accès de colère ou des fureurs disproportionnées ;

- nous pouvons poser des actes que nous regretterons comme abîmer un objet, nous venger, chercher à en savoir plus sur l’autre, fouiller ses affaires, devenir à la limite parano…

- nous pouvons faire une scène à l’autre ou être subitement complètement renfermé, replié sur soi, complètement anéanti 

bref, nous pouvons vivre des moments qui sont vraiment gênants sur le plan relationnel  et il faut vraiment apprendre à mieux les gérer car ce sont  selon moi sont des moments d’intense angoisse et l’angoisse ne peut plus  alors se soulager que par le passage à l’acte.

Comment ne plus reproduire ces schémas récurrents qui nuisent à notre bien-être et peuvent abîmer nos relations ?

Par la visualisation:

Il s’agit de revivre une scène qui pose problème parce que vous avez eu un comportement que vous aimeriez éviter, il s’agit de fermer les yeux et de tenter de la revivre en détails :

- le lieu où vous vous trouviez;

- le moment de la journée, les lumières…

- les bruits, les odeurs;

- votre position dans la pièce;

-celle de l’autre ou des autres personnes;

- le déclic (geste, parole ou attitude ayant déclenché chez vous ce que vous voudriez modifier)

- la scène proprement dite vue de différents angles;

-la scène proprement dite vue au ralenti, en accéléré;

 

Puis, une fois que vous avez le film en tête, vous introduisez une modification, dans votre réaction  et vous vous repasser le film en voyant ce que cela apporte comme changement.

La modification, ce sont ou des paroles, ou une attitude ou des gestes différents qui vous permettent de répondre et non de réagir, c’est à dire de pouvoir exprimer ou vivre vos émotions sans perdre le contrôle de vous, en maintenant une communication respectueuse avec l’autre.

Petit à petit, vous augmentez votre palette, vous enrichissez votre fonctionnement et vous vous libérez de ces passages à l’acte catastrophiques.

Pour finir, un exemple :

A.Problématique :
- je suis angoissée car mon compagnon passe beaucoup de temps sur son ordi et je m’imagine qu’il me trompe;

- je ne dis rien pendant plusieurs soirées mais je me sens de plus en plus mal, je me sens abandonnée, j’ai peur mais je ne dis rien ou je boude ou devient cassante;

- je peux éventuellement me mettre à fouiller dans son ordi et à devenir obsédée par cela, tout savoir ;

- je peux utiliser le moindre indice comme preuve de trahison et lui faire une scène dramatique pour calmer mon angoisse, provoquant parfois la rupture !

 B.Solution :

- je revisualise une scène ou je me sens mal et ou j’ai fouillé dans l’ordi/ jerevisite une scène où j’ai hurlé que je méritais mieux que ça, qu’il était ignoble de me faire vivre ça etc

- je revis mes émotions pour les reconnaître;

-je cherche à diminuer leur intensité (parce que je sais par exemple qu’il passe toutes ses soirées avec moi et que même s’il me trompe, ce n’est pas en l’étouffant davantage et en le fliquant que cela va améliorer notre relation !) en relativisant et en visualisant une émotion plus petite;

- je « gomme » mon acte qui me met mal à l’aise et qui met en danger ma relation et je e remplace par d’autres (pour pouvoir disposer lors de la prochaine crise de plusieurs solutions ) : par exemple, je m’imagine que je téléphone à un ami pour me changer les idées, je m’imagine que je vais demander à mon compagnon s’il veut bien d’un calin , je m’imagine que je vais prendre un bain relaxant ou faire une promenade, bref je multiplie les possibilités et je les répète mentalement .

- lors de la prochaine crise, je tente de rester en contact avec mes émotions et de mettre en place ces nouvelles stratégies que j’ai répétées .

- la crise finie, je fais le point en étant indulgent(e) avec moi pour noter mes progrès et je peux recommencer la visuallisation, etc.

REMARQUE :

au début, il faut rester modeste et ne pas se lancer dans de grands discours présentant des risques de dérapage, il vaut mieux essayer d’éviter la confrontation et poser des actes courtois, qui permettent de dépasser le moment critique quitte à remettre la discussion avec l’autre à un moment où l’on sera capable de rester zen et raisonnable, de ne pas nous laisser emporter par la peur qui amplifie les problèmes. Il ne s’agit pas non plus d’enterrer nos émotions mais de les recadrer et de ne pas se laisser dicter notre conduite par elle …

Une de mes prof de yoga  a dit que « le mental est un singe qui s’agite dans les arbres et le yoga sert à calmer le singe… » ici aussi il s’agit de calmer le singe !

J’ai ainsi pu diminuer et même supprimer de nombreux comportements qui me posaient problèmes ; j’ai pu aussi mesurer que cela demande beaucoup d’essais et de patience ; mais je crois que c’est un cercle vertueux qui s’enclenche et que la relation s’apaise, l’autre a souvent conscience de notre volonté de ne plus dépasser certaines limites et nous pouvons éprouver du plaisir à savoir gérer ces moments plus respectueusement.

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Journal de ma dépendance. Le sentiment de solitude.

14062010

photo142.jpgFévrier 2009, il y a déjà plus d’un an,  je vis pour la énième fois un moment difficile, un de ces moments qui m’englue, qui me paralyse, le sentiment de ne pas arriver à sortir des mêmes impasses. Je tente de le décrire dans mon carnet, je vous le livre :

 » Je sais maintenant ce que je souhaite, ce qui me convient, les valeurs que j’apprécie et je trouve cela complètement ridicule de continuer les mêmes actes frustrants tout simplement parce que je vis toujours avec la peur de me retrouver seule.

Pas question de poursuivre une minute de plus dans ce sens, je veux affronter ma peur.

Cet après-midi, j’étais clouée au lit, incapable de faire quoi que ce soit, ayant le sentiment d’être dégoûtée de la vie mais en même temps, une voix me disait : « Accroche-toi, tu vas y arriver, là tu as pris un direct dans la « gueule » mais tu n’es pas KO, relève-toi, poursuis ton chemin, ce n’est pas une fatalité, ne te laisse pas bouffer. »

J’ai eu peur. Clouée au lit. Après une violente colère contre mon compagnon. Une de plus. Lui demandant un tas de choses. Nous nous  enfermons dans un silence hostile. [Provoquant chez lui un recul dont je comprends bien mieux la nature un an après]Ironie du sort, sur mon bureau, un de ces bouquins à la con dont le sous-titre claironne : « Qu’est ce qui vous empêche d’être celui que vous voulez être et de mener la vie dont vous rêvez ? »,  et qui finalement ne vous propose que des phrases et aucune véritable action à mettre en place…  et puis, quand je suis en plein dans une tempête affective, je sais moi, ce qui m’en empêche, c’est que j’aimerais que mon compagnon ne soit qu’à moi, mon poupon, ma chose et je prends conscience de cette horreur,  que la dépendance affective me transforme en ogresse, que je ne veux plus de ces impasses et que, en général, pour corser l’affaire, le dépendant se choisit un compagnon ou une compagne particulièrement abandonnique…

Bon. Ce jour-là, c’est encore le livre Ces femmes qui aiment trop qui va m’aider.

Et l’embryon de ma démarche. La seule piste sur laquelle je peux compter, la seule chose à faire maintenant que je suis arrivée au bout, je ne veux pas finir invalide ou cinglée, que sais-je, cette chose est si violente..

Je dois arrêter de contrôler les autres, de vouloir régenter la vie de mon compagnon même quand je crois que je le laisse libre, je dois me concentrer sur moi, sur ce que j’ai à faire, je dois enrichir mon quotidien, m’autonomiser, faire des choses seule, vraiment seule.Cela semble simple et évident. Les jours qui suivront me montreront l’ampleur de la tâche. Cela métamorphosera mon quotidienmais lentement (clin d’oeil à la révolution lente d’Ivan Illitch chantre de la simplicité volontaire, mouvement de pensée que j’apprends à découvrir et qui  m’apporte beaucoup dans la définition de mes priorités en remettant au centre de ma vie l’être et non l’avoir… )

Ancrer des rituels. Tenter des actes, essayer des activités, enrichir ma vie individuelle ..

Certains rituels sont des outils en cas de tempête … Voir ma rubrique « outils de survie »‘.

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Dependance affective : 2 juin 2O1O/ Se prendre à l’essai

13062010

ombreetmiroir.jpgJ’ai enfin accepté de faire un essai de moi … un moi au mois en quelque sorte …oui,tiens, je m’envoie ma lettre d’embauche : je me prends à l’essai !

Sans plus m’imposer les besoins, désirs, obligations et convenances de l’extérieur, d’autrui, du milieu ambiant.

  • Faut-il, par exemple, acheter une voiture, vivre dans une maison, être au sommet de l’échelle sociale, avoir un doctorat pour être quelqu’un de bien , quelqu’un d’admirable ?

Cette pression du « il convient » était mienne et faisait que j’errais d’objectif factice en objectif factice.

Je ne souhaite pas devenir excentrique ou marginale, je souhaite simplement pouvoir vivre mes envies et mes idées sans être ma pire juge ; parfois, je ferai la même chose que tout le monde, et avec plaisir en plus ; d’autres fois, je serai seule à le faire et ce sont ces fois là les cauchemars des dépendants affectifs, du moins me semble-t-il.

Il m’arrivait ainsi de relever la tête et de me dire :

- qu’est-ce que je fous ? J’ai pas envie de faire ça, c’est pas du tout mon truc à moi !

Par exemple : j’ai voulu passer au moins trois fois l’agrégation, je m’en tape ; j’ai voulu obtenir une licence de psycho, je m’en tape ; j’ai voulu m’inscrire dans la communauté OVS, ça me débecte ; j’ai ma face sur Facebook, ça me donne la gerbe, j’ai voulu devenir la reine de la déco d’intérieur, je me suis presque lyophilisée à force de superficialités, j’ai voulu être une fille, une mère, une soeur, une voisine, une amie parfaite et j’ai failli en crever… 

Bon? 

Ceci renouvelé des dizaines de fois provoque une angoisse terrible et un sentiment violent d’absurdité qui est très dangereux car le néant ainsi approché, il est difficile de continuer à trouver un sens à sa vie et du coup, tout devient sombre et compliqué.ombreetmiroir.jpg

Alors je me suis dit :

- Sois courageuse, après tout, la souffrance est là,, bien là, que risques-tu de plus en laissant tomber complètement ce qui t’est étranger te semble vain ? 

Le risque, c’était la solitude exacerbée.
Le risque, c’était le vide.

Le risque, c’était l’incertitude.

Le risque, c’était l’impasse.

- Et si je ne trouve rien ?

Le risque c’était de retourner dans l’ennui de mon enfance !

Mais la souffrance était bien là, grandissante.
Alors j’ai accepté de faire enfin le pas : de me prendre à l’essai. Sans rien d’accessoire. Moi. Nudité. Authenticité.

Plein de choses sont restées sur le rivage après mon départ, tous ces bagages inutiles (je pense à une parabole contenue dans le livre du Lâcher Prise de Guy Finley) depuis que jeme suis honorée de ma présence :

- La course aux diplômes ou le mythe de l’éternelle étudiante :

j’avais tellement besoin de faire croire que j’étais la plus intelligente, j’avais tellement besoin de faire plaisir à ma mère qui voulait que j’aille loin , loin – j’y suis allée : si loin de moi ! - 

- La course à l’apparence physique : sexy, plaire, ne jamais être éconduite par un homme… sentiment d’être un objet, malaise grandissantemoticoneemoticone… aujourd’hui, je préfère l’éco-conduite relationnelle CoolRire

- La course aux biens et aux loisirs : occuper mes journées, sortir, découvrir, faire les boutiques, être chic, avoir des nouveautés, me plonger dans ma piscine emoticone

Du coup, j’en ai déduit un contrat à écrire et à joindre à votre essai :

«  Aujourd’hui, balance tout ce qui ne t’est pas familier, proche, sincère,plaisant ; conserve ce qui tepermet d’assumer ton quotidien ou alors modifie ce qu’il faut jusqu’à ce que tes responsabilités te semblent acceptables et correspondre à ce que tu es vraiment. Garde toujours les pieds sur terre et n’hésite pas à faire plusieurs essais, à changer d’avis, à te tromper, à hésiter avant que de réussir, t’engager, bifurquer etc. Sois donc le conducteur de ta vie et l’administrateur de ta vie spirituelle. »

Mon pays était sauvage et inculte. Je n’ai pour l’instant pu m’installer que sur une petite parcelle et qui reste très exposée aux intempéries. J’espère pouvoir explorer bientôt d’autres aprcelles dès que j’aurai sécurisé mon camp de base.  ombreetmiroir.jpg

 

 

 

 

 




Krishnamurti et la dépendance : « She says one is a marvellous philosopher… »

13062010

Freedom

Jiddhu Krishnamurti est un penseur et philosophe extraordinaire selon moi, hors du commun.

Je parle au présent car la pensée de ces grands auteurs me les a rendus immortels et, dans le chemin qui me conduit sur les rives de L’Indépendance… j’aime à me savoir accompagnée par eux… comme quoi, lorsque l’on cesse de rechercher la compagnie des vivants pour supporter sa solitude intrinsèque… on peut encore avoir recours à cette consolation de l’âme en se rabattant sur les morts … je me moque de cette manie qui sans doute ne me quittera pas : je ne peux m’empêcher de dialoguer, d’ailleurs je en pense pas que le dialogue soit malsain, c’est pour moi plutôt l’art de se maintenir relié auu monde, d’accepter l’ouverture et non plus un besoin irrépressible de se fuir à travers l’autre … qu’il soit mortel ou immortel …

Bref (en suis-je capable ?), bref, ce grand penseur a mis au coeur de sa réflexion la question de la dépendance.

Ce n’est pas une problématique si moderne !

Cela me plaît d’ailleurs en ce moment de partir à la recherche de cette thématique à travers les âges !

Bon, revenons à nos pensées moutonnantes, Jiddhu a un humour fou dans sa réflexion sur la dépendance, je vous livre un extrait, en anglais car je trouve cela intéressant de lire ses mots, puis, ma traduction, car traduire et trahir sont de la même origine alors quitte à affronter une trahison, je préfère qu’elle soit mienne …

Réflexion sur la nécessité pour les dépendants et dépendantes de prendre confiance en nous et d’oser, alors en voici un exemple pratique !

Donc, our Jiddu said :

« Neuroticism is the result of dependence.
One depends on one’swife, on the doctor, one depends on God or on the psychologists. One has etablished a series of dependences around one, hoping that in those dependences one will survive. And when one discovers that one cannot depend on anybody, what happens ?

[...] Can one be free of it, no depending on one’s wife, psychologically of course ? One will not do it because one is frightened, one wants something from her, sex or this or that. Or she encourages one with one’s ideas, helps one to dominate, to be ambitious, or says one is a marvellous philosopher.

(J’adore ton autodérision Jiddu !)

[...] But see that the very state of dependence on another may be the cause of the deep psychological neurosis. When one breaks that pattern, what happens ? One is sane ! One must have such sanity to find out what thruth is.

[...] Not to depend on anything means one is alone ; all one, whole – that is sanity, that sanity breeds rationality, clarity, integrity. »

Voici la traduction que je propose sachant que pour traduire le jeu de mots anglais reposant sur l’utilisation de « one » signifiant l’individu, moi, quelqu’un, correspondant au « on » français, je proposerai de traduire « one  » par ego signifiant « moi » en latin et en même temps individu … Je lui adjoindrai une majuscule / Ego sera donc notre personnage. Il est à remarquer que Krishnamurti lui-même pratique l’autodérision en parlant de lui à travers ce « one » quand il parle de sa femme qui le complimente ( « elle dit que Ego est un merveilleux philosophe… »).
« La névrose est le résultat de la dépendance.

Ego depend de sa femme, du docteur, Ego depend de Dieu ou des psychologues. Ego a bâti une série de dépendances autour de lui, espérant qu’en leur sein,  il serait en sécurité. Et lorsqu’Ego découvre qu’il ne peut dépendre de personne que se passe-t-il ?

[...]Est-ce que Ego a le choix de ne plus dépendre de sa femme -psychologiquement bien sûr-  Ego ne jettera pas sa dépendance parce qu’il est effrayé, Ego veut quelque chose de sa femme, du sexe ou ceci ou cela … Ou elle encourage Ego à développer ses idées, à dominer, à être ambitieux ou elle lui dit qu’il est un merveilleux philosophe.

[...]Mais voyez comment cette relation de dépendance à l’autre peut être la cause d’une profonde névrose.Quand Ego fait voler en miettes cette structure relationnelle, que se passe-t-il ? Ego est sain ! Ego a besoin d’être sain d’esprit pour trouver ce qu’est la vérité.

[...]Ne plus dépendre de rien signifie être seul, tout seul, entier dans cette solitude – c’est cela être sain d’esprit et c’est le terreau sur lequel se développeront rationalité, lucidité, intégrité  »

 

En conclusion, cette phrase du penseur :

« La vérité est un pays sans chemin. La vérité est ce que tu es ». 

Cette réflexion permet de comprendre en quoi l’état de dépendance affective empêche l’individu qui en est affecté de vivre sa vie. Car il règne en lui une telle confusion, ses limites sont tellement floues et fluctuantes, fixées le plus souvent par autrui, qu’il ne s’est jamais trouvé.

Jamais je ne voudrais retourner dans cet état où tout se brouille sans cesse, où tout est conditionné par l’extérieur. C’est terrifiant. La névrose de la dépendance affective  est un pays qui vole les âmes des malheureux qui y sont jetés en pâture.

Bon courage à vous tous et bonne lecture. Cet auteur est un guide incomparable selon moi. 







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