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un peu de modestie, voyons !

24022010

Bonjour à vous tous et comme d’habitude, après plusieurs mois difficiles, je suis heureuse de revenir ici et de retrouver la force d’écrire, souvent je me dis que d’autres le font mieux que moi, que je ne sers à rien et je reconnais bien mon désir de toute puissance qui fait encore des siennes, un peu de modestie voyons …

C’est sur ce sujet que je voudrais que nous réfléchissions nous les champions de la dépendance : la modestie.

J’ai compris deux choses : je serai toute ma vie une dépendante car je me suis construite de cette manière… je ne peux donc qu’apprendre à vivre avec, à être ma propre mère, à pleurer autant qu’il me sera nécessaire, à développer ma compassion pour le bébé affolée et seule que j’ai été – sans que ma propre mère n’en ait conscience certainement, elle n’a pas voulu cela sans doute, mais c’est le sujet d’un autre article notre relation  nos parents – etc.

la deuxième chose : je ne suis et ne serai jamais le nombril du monde … ce désir n’est que le placage sur les autres de ce qui me manquera éternellement : avoir été le nombril de ma maman, il y a un truc qui ne s’est pas joué entre elle et moi et patatras. Donc, un peu de modestie, je dois m’occuper de moi et non m’occuper des autres pour les occuper … ou les préoccuper…

Cette modestie qui est à gagner est une des conditions pour pouvoir vivre dans la dignité, la paix, pour rendre la douleur supportable, voire pour l’apaiser de grands moments.

Cette modestie est dans le faire au quotidien : je peux me tromper, je vais me tromper, je ne serai pas toujours la première, je ne dois pas sans arrêt me comparer aux autres, je dois savoir que chacun a sa place et qu’il n’y a pas qu’un podium où le premier a le droit de vivre et les autres seraient des avortons, non, je peux continuer à être intéressante même en vieillissant, même quand je suis fatiguée ou malade, je n’ai pas le droit de lâcher les autres quand il compte sur moi sous prétexte que je ne vaux rien, je n’ai pas le droit d’exiger de l’autre qu’il réponde à la minute à mes demandes, qu’il soit toujours dispo, toujours sympa, toujours aimant, toujours parfait, je peux arrêter d’être toujours aussi critique, de vouloir imposer mon point de vue, de soupçonner que l’autre me trompe systématiquement, de contrôler mon entourage pour apaiser mes angoisses : bref, je peux apprendre à m’occuper de mes affaires, à devenir plus responsable, à me fixer des objectifs raisonnables, des délais raisonnable, à ne pas toujours réagir au quart de tour, à me recentrer…

Pour réussir à faire tout ce chemin, cet apprentissage, j’ai dû admettre que ma dépendance aux autres m’avait conduit dans une impasse, que je souffrais violemment au quotidien et que je devais me consacrer activement à la construction de mon autonomie. 

Pour cela, j’ai décidé de demander de l’aide et de m’arrêter de travailler pour me soigner. C’est une des choses les plus difficiles que j’ai eu à faire, surmonter ma peur et ma honte et aller dire à ma hiérarchie que j’allais être en congé maladie pendant deux mois environ pour me soigner car j’avais des problèmes (« souffrance psychologique  » a écrit le psychiatre sur mon arrêt de travail).

J’ai eu tellement de mal à prendre cette décision : je pensais que j’allais tout perdre dès que je l’aurais prise. Ma peur de l’abandon était encore en train de me posséder. 

Quel soulagement : je vivais la peur au ventre, impossible de respirer presque, un poids écrasant. Là, je commence tout juste à comprendre que modestement, je vais pouvoir, tout simplement apprendre à vivre au quotidien et à gagner chaque jour en autonomie et en sécurité intérieure.
Du coup, j’ai accepté de ne pas travailler pendant presque trois mois car j’ai deux enfants et cela faisait trop à gérer d’un coup.

Comme je ne suis plus obsédée par mes rapports à mon compagnon ou à autrui et que j’ai enfin de la place pour moi sans que cela ne me fasse trop peur -je suis une thérapie corporelle depuis presque 4 ans et cela m’a permis d’avancer petit  à petit comme un nouveau né, puis comme un bébé, un enfant et là je finis mon adolescence je crois :) – je peux enfin mettre les pieds sur terre et faire un bilan …

- 28 000 euros de dettes et un emprunt immobilier ;

- 20 kgs en trop, une alimentation obsessionnelle;

- apprendre à gérer mon quotidien et à ancrer des habitudes : ne plus fuir, déménager, changer tout de place, recommencer tout à zéro, vouloir changer de job, tout balancer dès que la peur de l’attachement et du rejet font leur apparition…

- faire des deuils et libérer mon présent etc.

Chaque jour, j’avance à petits pas et lorsque je sens pointer une bouffée d’angoisse liée à ma peur de la solitude ou de l’abandon… je respire, je vais m’asseoir dans mon jardin, j’écoute de la musique zen, je lis, je marche, je prends le temps de tout recadrer et cela fonctionne mieux. 

J’ai encore beaucoup de choses à apprendre, je ne suis pas encore assez solide pour gérer un quotidien qui ne pose aucun problème à la plupart des autres et qui pour moi est déstabilisant, des fois je rumine une phrase que l’on m’a dit pendant des heures et je perds tous mes moyens, j’ai toujours l’impression d’être en équilibre sur un fil .

Refuser de me faire étiqueter et m’accepter comme je suis, cela aussi c’est un chemin de modestie.

Que l’on vous dise être hyperactif, bi-polaire, dépressif, obsessionnel, borderline… et j’en passe, ces mots ne remplaceront jamais votre démarche personnelle et ne vous apprendrons pas à devenir autonome, cela c’est mon point de vue et s’accepter soi-même c’est aussi apprendre à se connaître et à se respecter. 

Bien sûr, les mots, le diagnostic sont une aide mais seulement si c’est avec votre coopération, votre compassion, votre compréhension  et surtout pas si c’est l’autre qui vous définit car là encore on rentre dans un schéma de dépendance et gare à la souffrance ! 

Modestement.emoticoneClin doeil







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