Savoir gérer le temps qui passe…

25052009

Métaphore de l'oubli

Le temps qui passe est pour moi une épreuve quotidienne.

J’ai beaucoup de mal à être dans le présent, j’oscille entre deux états : celui ou j’ai peur que le présent ne s’arrête, que les doux moments vécus ne prennent fin et cela fait que j’en profite beaucoup moins et que le temps s’accélère si je n’y prends garde … et celui ou le présent me semble morne, sans valeur, vide, triste, privé de ceux que j’aime et donc, je suis dans l’attente et je n’habite ces moments que rarement et péniblement.

Bien sûr, depuis que je suis une psychothérapie et que je prends ma dépendance affective à bras le corps, depuis que je lis beaucoup d’ouvrages sur ce thème, je me surprends dans ces deux états et j’essaie de changer petit à petit ce rapport au temps que je qualifierais de pathologique : l’incapacité de me laisser imprégner par les moments du passé heureux, l’incapacité de les incorporer afin de me renforcer, de m’enrichir et de me donner suffisamment confiance pour m’éloigner de ceux que j’aime sans avoir l’impression de vivre une déchirure, une perte inqualifiable ; je suis une sorte d’amnésique de l’amour …

J’apprends donc à revisiter toutes sortes d’expériences passées, de me les approprier, de ne plus vouloir m’approprier les personnes mais uniquement les émotions, les objets, les moments, les apprentissages partagés, afin de petit  à petit me rendre plus autonome et être capable d’affronter la réalité : tout lien sera rompu un moment ou l’autre mais je peux moi conserver toute cette richesse, la reconnaître, lui faire honneur, en cultiver la mémoire …

Bien sûr, j’ai l’impression que je vis un accouchement hyper douloureux car un seul chemin existe pour y parvenir : être moi et non pas l’autre, investir la relation et non l’autre, me détacher, expérimenter le lâcher-prise.

Je vis des nuits très difficiles car la nuit symbolise la solitude pour moi et la mort.

Auparavant, je cherchais refuge dans la nourriture ou dans la présence corporelle de mon homme qui jouait là une mère de substitution. Je ne veux plus vivre cela, je dois apprendre à prendre soin de moi.

Le plus merveilleux , c’est que ces nuits pendant lesquels j’apprends à me gérer, à être à l’écoute de mon corps , je bataille mais je suis fière de moi. Je me mets aussi à découvrir que la plupart des choses que je fais ne sont pas l’expression d’un désir, d’une envie mais d’une peur et je ne veux plus vivre cela.
Je ne veux plus faire quelque chose pour éviter d’entrer en contact avec moi, l’enfant morte de trouille face à trop de solitude.
Je pense qu’enfant, j’ai souffert de solitude et que je n’ai pas pu apprendre graduellement à me sentir à l’aise avec moi.

Vite, il fallait me fuir.
Il fallait fuir ce temps présent douloureux, vite vite, ne pas regarder, attention vertige.
Savoir gérer le temps qui passe, c’est accepter de souffrir dans un premier temps sans masquer cette souffrance.
Savoir gérer le temps qui passe, c’est habiter enfin sa propre maison sans la quitter toute les deux minutes.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est suspendre les dramatisations en s’enrichissant des moments passés et non en s’apauvrissant de tous ceux qu’on a perdus.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est accepter ce temps qui passe comme une fluidité vitale et non comme un rendez-vous rapproché avec la mort.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est se donner rendez-vous de plus en plus souvent.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est comprendre que le travail de deuil est un travail de mémoire et donc d’enrichissement.

Savoir gérer le temps qui passe, c’est s’autoriser à être heureuse dès maintenant, sans conditions.

Métaphore de l'oubli







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