Apprendre à vivre pour soi-même

12 02 2009

Il arrive que les choses aillent mal depuis le matin : j’ai souvent l’impression que mes sensations sont extra-sensibles : comme si tout ce qui m’environnait me parvenait démultiplié. Je suis bombardée de sensations et j’ai du mal à faire le tri !

Par exemple, je me lève et j’entends déjà le chien qui gratte à la porte, les chats qui miaulent, je vois mon fils debout en train de chercher quelque chose, ma fille, son visage me montre qu’elle est préoccupée, j’entends, je vois, je sens et tout cela me réclame ( tu parles, j’ai la folie des grandeurs !)… Je dois faire sortir le chien, donner à manger aux chats, donner les céréales et les chaussures marron  à mon fils, consoler ma fille, éteindre les lampes, faire sécher le linge, vérifier que le portail est bien fermé pour que le chien ne s’échappe pas etc… Je ne suis même pas réveillée, je meurs d’envie de faire pipi et l’alarme de mon réveil sonne encore !

Souvent, j’ ai l’impressiond’être au milieu d’un cataclysme et je ne comprends rien à cet enchainement des faits etje m’en étonne !

Quel rapport avec la dépendance affective me direz-vous ?

Ceux qui le vivent auront sans doute déjà compris.

J’en suis là parce que j’ai vécu pendant des années avec l’habitude de faire passer l’extérieur avant mon for intérieur : j’ai inversé le mode de fonctionnement de tout être humain ; je n’écoute pas mon corps, je guette l’extérieur.

C’est ce que l’on fait quand on est en danger. Je vis donc comme si j’étais perpétuellement aux aguets, comme une bête sauvage.
J’essaie d’apprivoiser l’extérieur, à défaut de m’apprivoiser.

Si je déchiffre sur le visage de l’autre du mécontentement, je modifie mon attitude, j’en tire des conclusions.

Cet oubli de moi, je ne le supporte plus.

Alors, à la cacophonie générale que je vous ai décrite ci-dessus, viennent maintenant se rajouter des voix :

- Va pisser, t’en meurs d’envie, le chien attendra !

- Réveille-toi, ton fils peut attendre !

- Arrête de prévenir ta famille quand tu vas aux wc, tu pars pas en expédition …

etc…

Ce matin, vers 9h , j’avais déjà l’impression d ‘avoir livré une bataille épuisante lorsque je suis rentrée chez moi, après avoir conduit mon fils à l’école et avoir promené mon cocker caractériel (je n’allais pas me simplifier la vie, faut pas pousser)… j’étais crevée et j’avais envie de me cacher et pourtant, ma journée de travail m’attendait encore.

Alors, apprendre à vivre pour moi, ce ne sera pas un luxe, mais la possibilité de dire « ta gueule » à toutes ces voix qui aboient dans ma conscience et je dois apprendre à cesser de me tourner vers l’extérieur comme s’il était un phare . (d’eau !)

Je dois donc découvrir, imaginer des exercices de concentration. La concentration sur soi de temps en temps, c’est vital.

Et je pars donc à la recherche d’exercices qui me seront utiles. J’ai quelques petites idées.

Comme de laisser le chien aboyer un quart d’heure sans intervenir. Je m’imagine toujours que les voisins vont débarquer au 5ème aboiement et / ou vont porter plainte… Alors qu’en fait, elle n’aboie que peu de temps … Si déjà la relation que j’ai avec mon chien est complexe, imaginez ce que cela peut donner avec mon homme ! (à découvrir dans les prochains articles).
PS : l’humour, cela sauve. C’est le seul outil utile que je possède selon moi dans ma trousse à outils avec sans doute des facilités (paradoxales) d’introspection. Car, cette introspection n’a rien à voir avec la compassion et la bienveillance qu’il  est fondamental de s’accorder.
Quand introspection rime avec juge sévère, il vaut mieux se révolter !


Actions

Informations



10 réponses à “Apprendre à vivre pour soi-même”

  1. 8 03 2009
    michele (16:13:09) :

    Eh bien voila une semaine apres avoir ecrit et decider d arreter ces relations nefastes c deja mieux. Pourvu que ca dure. L introspection continue ; j essaie de souffrir de mon passé qui je dois l admettre n a vraiment pas ete evident. Aujourd hui le fait de prendre conscience de ses souvenirs difficiles m amenent a la conclusion que cela est bien la cause de mes attachements douteux. Comment cela pourrait il etre autrement, toute petite j ai ete livrée a moi meme rapidement , je n avais pas les responsabilités de mon age. En quelque sorte j ai toujours ete un soutien pour ma mere et pour mes grands parents il a fallu que je me depasse car je suis leur fierté en quelque sorte. A cela ajoutons l absence d un pere et voila la conclusion tombe. J en ai toujours fait trop j ai tjr ete la pour les autres , je n ai jamais vraiment eu le temps de m amuser alors maintenant je crée des relations qui ressemblent a mon passé. Des hommes absent qui ont eux aussi besoin d un soutien et d une femme maternante ce que je suis a mon insu.

    Cette semaine j ai pris conscience de bcpde choses deja. Je n ai plus envie d aimer les gens qui ne me meritent pas, je n ai plus envie de soutenir ces hommes ‘perdus’ . Cette semaine j ai reussi a m opposer, a dire ce que je pensais et ce n est que le debut. Je commence a dire non et ca ca soulage. Et puis je me rend compte que c pas pour autant que les gens ne m aiment pas ou moins. Alors j ai perdu bcp de temps a etre mieleuse si je puis dire pour attirer leur sympathie.

    Je vais continuer mon introspection et continuer d ecrire ici de temps en temps pour qu il y ai une trace de mes progres. Je le fais d abord pour moi car je ne suis pas sure qu on me lise. Mais si le fait que j arrive a me sortir de mes travers peut vous aider, motiver et vous montrer que le changement est possible j en serai tout autant ravie que de ma propre reussite.

    Courage a toutes. Si on est la c qu on est deja sur la bonne voie apres tout

  2. 9 03 2009
    ysyade (22:06:24) :

    Chère Michèle,
    Michèle, ici, sur ce blog, tu auras au moins une lectrice : l’administratrice !
    Mais, je suis persuadée que ton témoignage apportera de l’aide à d’autres et c’est cette communauté qui est enrichissante.
    Apprendre à dire non est effectivement une tâche impressionnante, surtout qu’au début, comme les petits de deux trois ans, nous disons « non » de tous les côtés car c’est cela aussi l’apprentissage : il faut apprendre à doser !
    Apprendre à dire non, c’est aussi apprendre à s’écouter pour savoir ce qui est bon pour soi !
    Je crois que c’est une étape difficile : apprendre à savoir ce qui nous convient, alors qu’en général, on ne s’écoutait pas. Comment faire ? Le tâtonnement est de mise et puis, petit à petit, on sait ce qui est bon pour nous et ce qu’il vaut mieux ne plus tenter ou plus simplement, ce qu’il vaut mieux laisser tomber.
    Attirer la sympathie : c’est fini mais « être sympathique », oui !!!
    Courage, à chaque jour sa joie.
    Ysyade

    Dernière publication sur MON bonheur dépend de MOI : L'amour obsessif de Susan Forward

  3. 16 03 2009
    kelly (10:45:27) :

    Bonjour, je cherche une groupe de soutien sur Nice. merci pour chaque reponse.

  4. 14 07 2009
    clarasun (18:24:56) :

    bonjour, je suis vers Nice : je recherche un groupe de soutien également
    Bravo pour ce blog !

    je trouve aussi des questions et des réponses personnelles à ce poison au quotidien dont il est bien difficile de s’extraire.

  5. 5 03 2010
    nathalie (13:46:11) :

    Hé bien ma foi, on en revient encore et toujours à l’estime de soi, le regard des autres…….Il faut poser nos limites de ce que l’on peut accepter ou pas, marquer notre territoire, redorer notre égo… ne pas être dans le regard des autres, il n’y a rien à comprendre des autres. Puis ce n’est pas parce que l’on est gentil qu’ils nous aimeront que plusssss……FAUX…. Quand on est gentil les gens pensent que l’on est faible et ils abusent.
    On ne changera pas notre histoire, mais on peut éviter que les épisodes de nos vie ne se répètent….On n’apprend pas que dans l’enfance mais tout au long de notre vie….Faire une force de notre douleur, c’est la résilience !!!
    Puis, s’occuper de soi, ne faire les choses que si ça nous fait plaisir……Ce n’est pas être égoiste, c’est se préserver, s’aimer……..L’autre c’est soi…L’autre c’est ce qu’on lui permet de faire…….
    courage
    Nathalie

  6. 16 04 2010
    zomrouda (23:24:04) :

    c’est mon quotidien, je me rends cpte que je suis gravement atteinte

  7. 17 05 2010
    Summer SANDERS (11:56:11) :

    Truly nice story u have here. It’d be just great to read more concerning that theme. Thanx for giving this material.

  8. 22 05 2010
    Tom (05:34:28) :

    Je butine un peu en vrac ce blog que je viens de découvrir. C’est lucide, bienveillant et plein d’humour.
    « Arrête de prévenir ta famille quand tu vas aux wc ». C’est tellement ça (rires).
    Je poursuis ma visite avec une certaine avidité. Je risque de tomber amoureux de son auteur mais 1°) c’est normal je suis DA 2°) ça me passera.
    Tom

  9. 13 12 2012
    ptite reveuse (07:07:32) :

    merci.on est tellement nombreuses…le chemin vers soi-même est long, difficile et tellement nécessaire-))

  10. 22 12 2012
    ines (10:57:27) :

    c’est exactement se que je ressent et en plus j’ai une boulle au ventre ; j’en peux plus de cette situation !!!

Laisser un commentaire




sauvons la convention colle... |
Myopathie, maladie neuro mu... |
Le BIO c'est la SANTE |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | YOGA & REIKI dans l...
| Votre coach sportif __...__
| lumierederose