Journal de ma dépendance. Le sentiment de solitude.

14062010

photo142.jpgFévrier 2009, il y a déjà plus d’un an,  je vis pour la énième fois un moment difficile, un de ces moments qui m’englue, qui me paralyse, le sentiment de ne pas arriver à sortir des mêmes impasses. Je tente de le décrire dans mon carnet, je vous le livre :

 » Je sais maintenant ce que je souhaite, ce qui me convient, les valeurs que j’apprécie et je trouve cela complètement ridicule de continuer les mêmes actes frustrants tout simplement parce que je vis toujours avec la peur de me retrouver seule.

Pas question de poursuivre une minute de plus dans ce sens, je veux affronter ma peur.

Cet après-midi, j’étais clouée au lit, incapable de faire quoi que ce soit, ayant le sentiment d’être dégoûtée de la vie mais en même temps, une voix me disait : « Accroche-toi, tu vas y arriver, là tu as pris un direct dans la « gueule » mais tu n’es pas KO, relève-toi, poursuis ton chemin, ce n’est pas une fatalité, ne te laisse pas bouffer. »

J’ai eu peur. Clouée au lit. Après une violente colère contre mon compagnon. Une de plus. Lui demandant un tas de choses. Nous nous  enfermons dans un silence hostile. [Provoquant chez lui un recul dont je comprends bien mieux la nature un an après]Ironie du sort, sur mon bureau, un de ces bouquins à la con dont le sous-titre claironne : « Qu’est ce qui vous empêche d’être celui que vous voulez être et de mener la vie dont vous rêvez ? »,  et qui finalement ne vous propose que des phrases et aucune véritable action à mettre en place…  et puis, quand je suis en plein dans une tempête affective, je sais moi, ce qui m’en empêche, c’est que j’aimerais que mon compagnon ne soit qu’à moi, mon poupon, ma chose et je prends conscience de cette horreur,  que la dépendance affective me transforme en ogresse, que je ne veux plus de ces impasses et que, en général, pour corser l’affaire, le dépendant se choisit un compagnon ou une compagne particulièrement abandonnique…

Bon. Ce jour-là, c’est encore le livre Ces femmes qui aiment trop qui va m’aider.

Et l’embryon de ma démarche. La seule piste sur laquelle je peux compter, la seule chose à faire maintenant que je suis arrivée au bout, je ne veux pas finir invalide ou cinglée, que sais-je, cette chose est si violente..

Je dois arrêter de contrôler les autres, de vouloir régenter la vie de mon compagnon même quand je crois que je le laisse libre, je dois me concentrer sur moi, sur ce que j’ai à faire, je dois enrichir mon quotidien, m’autonomiser, faire des choses seule, vraiment seule.Cela semble simple et évident. Les jours qui suivront me montreront l’ampleur de la tâche. Cela métamorphosera mon quotidienmais lentement (clin d’oeil à la révolution lente d’Ivan Illitch chantre de la simplicité volontaire, mouvement de pensée que j’apprends à découvrir et qui  m’apporte beaucoup dans la définition de mes priorités en remettant au centre de ma vie l’être et non l’avoir… )

Ancrer des rituels. Tenter des actes, essayer des activités, enrichir ma vie individuelle ..

Certains rituels sont des outils en cas de tempête … Voir ma rubrique « outils de survie »‘.

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Merci pour vos témoignages !

21042010

FreedomVoici plus d’un an que je reçois vos témoignages très souvent émouvants, très souvent si proches, beaucoup de points communs et je voulais vous en remercier.

Cela crée du soutien, de l‘espoir passés ces premiers moments de stupéfaction face à la force de cette maladie émotionnelle car je la perçois comme telle, la dépendance affective.

Evidemment, comment expliquer que ce besoin d’amour insatiable, cette terreur de l’abandon, cette peur de la trahison, nous ne les contrôlons pas du tout très très longtemps et que lorsque nous finissons par mettre des mots sur cela… il reste encore un chemin énorme à parcourir pour pouvoir les contenir.

Ainsi, il m’arrive encore après plus de quatre ans de thérapie de me sentir pulvérisée par un silence, par la communication de mon compagnon avec une amie, par des jours qui passent sans nouvelles de mes relations, effectivement, je voudrais être en osmose tout le temps, baigner éternellement dans du liquide amniotique…

 

Maintenant, je sais que c’est impossible, je sais que cela me nuit également car les autres ne nous respectent pas beaucoup et parfois pas ou plus du tout tellement ils savent que nous sommes malléables …

Je le sais et j’avance.Alors quand je sens la crise arriver, je ne cherche pas à nier mon chagrin ou ma douleur mais je ne tente plus rien, je reste dans ma maison ou je vais marcher, je prends soin de moi, je lis, je vous lis 

SURTOUT plus d’actes sous le coup de ces émotions négatives : pas de reproches à mon compagnon, pas de discussion à tout prix, pas de shopping improvisé, pas de phrases assassines, pas de ruptures violentes… pas d’achat de voiture ou de location d’un nouvel appartement pour enfin ne plus vivre avec ce « salop qui regarde d’autres femmes », oui, je ne lui dis jamais cela mais je me mets à détester et mépriser tous ceux qui me blessent,

voilà, je me demande si je ne fais pas partie des championnes du monde des blessées émotionnelles… lol… qui veut me disputer le titre, je commence à en avoir marre, mais marre,

alors de l’humour cela aide beaucoup, non ?

Une dépendante affective et effective qui revendique son indépendance et qui balbutie dans ce domaine … balbutions ensemble et merci encore à vous tous et bon courage à vous.

 

 




Les rives de l’Indépendance.

9032010

J‘ai franchi le fleuve agité de l‘Etat fusionnel pour accoster sur les rives de L’Indépendance, pays somptueux.Il peut faire reculer tellement il en impose.

Comme un caméléon, il prend la couleur de nos désirs, il reflète notre état intérieur… il peut ainsi lorsqu’on aborde ce nouvel espace se montrer tel un désert terrifiant car, le plus souvent, lorsqu’on quitte la Terre des Dépendants, on est vide, nu, on a tout laissé, et ce tout d’ailleurs le plus souvent n’était que l’Autre qui nous habitait voire nous hantait…

Mais, malgré ma peur, parfois ma panique, je n’ai pas rebroussé chemin. 

J’ai avancé, en fermant les yeux d’abord, effrayée par une étendue ressemblant aux glaces arctiques.rivagesglacs.jpg

Puis, j’ai entrouvert les yeux et j’ai d’abord aperçu des champs de velours, des allées de rosiers, des piles de livres, des pièces montées de macarons, des chats, des coussins voluptueux…

Alors, j’ai souri et ensuite, j’ai crié, chanté mais j’ai aussi compris que ce pays intérieur, pour lui donner une chance de croître, j’allais devoir le protéger de nombreux assauts car des ennemis avaient fait route avec moi jusqu’ici, passagers clandestins et d’autres pouvaient aussi passer à l’assaut.

Par exemple, La Jalousy est une montagne élevée, voisine, dont les pentes stériles et hérissées de rocs acérés n’abritent qu’une végétation désolée. Ces rocs sont parfois précipités par les Jalousyens sur le pays d’Indépendance. Les dégâts sont divers, imprévisibles, décourageants. Comment s’en protéger ?

De plus, les Jalousyens adorent infiltrer l’Indépendance et la ronger. Ils déploient des rideaux de fumée qui provoquent des hallucinations, de l’agitation, de la confusion et j’étais bien décidée à m’en protéger.

J’avais déjà trouvé un moyen de limiter leur action : la pierre d’Assurance qui par son rayonnement intense désagrège les rideaux de fumée et protège son propriétaire. Cette pierre me fut offerte en cadeau par le grand sage d’Indépendance : Maître Spiritus.

Deuxième exemple : Angoisse est un phénomène météorologique récurrent qui provoque des secousses sismiques, des vagues de froid terribles, souvent accompagné d’un vent cinglant. Imprévisible. De brève ( quelques minutes)  à longue durée ( trois jours).Epuisant les ressources d’Indépendance.

D’autres ennemis pullulent. N’hésitez pas à me les signaler si vous les avez repérés lors de votre séjour en terre d’Indépendance. D’ailleurs, peut-être y séjournez vous encore ? Nous serions voisin(e)s ? Chouette, l’union fait la force … mais de grâce, un  échange, une solidarité, un partage pas une fusion   !!!!!!!! :) :) :)

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un peu de modestie, voyons !

24022010

Bonjour à vous tous et comme d’habitude, après plusieurs mois difficiles, je suis heureuse de revenir ici et de retrouver la force d’écrire, souvent je me dis que d’autres le font mieux que moi, que je ne sers à rien et je reconnais bien mon désir de toute puissance qui fait encore des siennes, un peu de modestie voyons …

C’est sur ce sujet que je voudrais que nous réfléchissions nous les champions de la dépendance : la modestie.

J’ai compris deux choses : je serai toute ma vie une dépendante car je me suis construite de cette manière… je ne peux donc qu’apprendre à vivre avec, à être ma propre mère, à pleurer autant qu’il me sera nécessaire, à développer ma compassion pour le bébé affolée et seule que j’ai été – sans que ma propre mère n’en ait conscience certainement, elle n’a pas voulu cela sans doute, mais c’est le sujet d’un autre article notre relation  nos parents – etc.

la deuxième chose : je ne suis et ne serai jamais le nombril du monde … ce désir n’est que le placage sur les autres de ce qui me manquera éternellement : avoir été le nombril de ma maman, il y a un truc qui ne s’est pas joué entre elle et moi et patatras. Donc, un peu de modestie, je dois m’occuper de moi et non m’occuper des autres pour les occuper … ou les préoccuper…

Cette modestie qui est à gagner est une des conditions pour pouvoir vivre dans la dignité, la paix, pour rendre la douleur supportable, voire pour l’apaiser de grands moments.

Cette modestie est dans le faire au quotidien : je peux me tromper, je vais me tromper, je ne serai pas toujours la première, je ne dois pas sans arrêt me comparer aux autres, je dois savoir que chacun a sa place et qu’il n’y a pas qu’un podium où le premier a le droit de vivre et les autres seraient des avortons, non, je peux continuer à être intéressante même en vieillissant, même quand je suis fatiguée ou malade, je n’ai pas le droit de lâcher les autres quand il compte sur moi sous prétexte que je ne vaux rien, je n’ai pas le droit d’exiger de l’autre qu’il réponde à la minute à mes demandes, qu’il soit toujours dispo, toujours sympa, toujours aimant, toujours parfait, je peux arrêter d’être toujours aussi critique, de vouloir imposer mon point de vue, de soupçonner que l’autre me trompe systématiquement, de contrôler mon entourage pour apaiser mes angoisses : bref, je peux apprendre à m’occuper de mes affaires, à devenir plus responsable, à me fixer des objectifs raisonnables, des délais raisonnable, à ne pas toujours réagir au quart de tour, à me recentrer…

Pour réussir à faire tout ce chemin, cet apprentissage, j’ai dû admettre que ma dépendance aux autres m’avait conduit dans une impasse, que je souffrais violemment au quotidien et que je devais me consacrer activement à la construction de mon autonomie. 

Pour cela, j’ai décidé de demander de l’aide et de m’arrêter de travailler pour me soigner. C’est une des choses les plus difficiles que j’ai eu à faire, surmonter ma peur et ma honte et aller dire à ma hiérarchie que j’allais être en congé maladie pendant deux mois environ pour me soigner car j’avais des problèmes (« souffrance psychologique  » a écrit le psychiatre sur mon arrêt de travail).

J’ai eu tellement de mal à prendre cette décision : je pensais que j’allais tout perdre dès que je l’aurais prise. Ma peur de l’abandon était encore en train de me posséder. 

Quel soulagement : je vivais la peur au ventre, impossible de respirer presque, un poids écrasant. Là, je commence tout juste à comprendre que modestement, je vais pouvoir, tout simplement apprendre à vivre au quotidien et à gagner chaque jour en autonomie et en sécurité intérieure.
Du coup, j’ai accepté de ne pas travailler pendant presque trois mois car j’ai deux enfants et cela faisait trop à gérer d’un coup.

Comme je ne suis plus obsédée par mes rapports à mon compagnon ou à autrui et que j’ai enfin de la place pour moi sans que cela ne me fasse trop peur -je suis une thérapie corporelle depuis presque 4 ans et cela m’a permis d’avancer petit  à petit comme un nouveau né, puis comme un bébé, un enfant et là je finis mon adolescence je crois :) – je peux enfin mettre les pieds sur terre et faire un bilan …

- 28 000 euros de dettes et un emprunt immobilier ;

- 20 kgs en trop, une alimentation obsessionnelle;

- apprendre à gérer mon quotidien et à ancrer des habitudes : ne plus fuir, déménager, changer tout de place, recommencer tout à zéro, vouloir changer de job, tout balancer dès que la peur de l’attachement et du rejet font leur apparition…

- faire des deuils et libérer mon présent etc.

Chaque jour, j’avance à petits pas et lorsque je sens pointer une bouffée d’angoisse liée à ma peur de la solitude ou de l’abandon… je respire, je vais m’asseoir dans mon jardin, j’écoute de la musique zen, je lis, je marche, je prends le temps de tout recadrer et cela fonctionne mieux. 

J’ai encore beaucoup de choses à apprendre, je ne suis pas encore assez solide pour gérer un quotidien qui ne pose aucun problème à la plupart des autres et qui pour moi est déstabilisant, des fois je rumine une phrase que l’on m’a dit pendant des heures et je perds tous mes moyens, j’ai toujours l’impression d’être en équilibre sur un fil .

Refuser de me faire étiqueter et m’accepter comme je suis, cela aussi c’est un chemin de modestie.

Que l’on vous dise être hyperactif, bi-polaire, dépressif, obsessionnel, borderline… et j’en passe, ces mots ne remplaceront jamais votre démarche personnelle et ne vous apprendrons pas à devenir autonome, cela c’est mon point de vue et s’accepter soi-même c’est aussi apprendre à se connaître et à se respecter. 

Bien sûr, les mots, le diagnostic sont une aide mais seulement si c’est avec votre coopération, votre compassion, votre compréhension  et surtout pas si c’est l’autre qui vous définit car là encore on rentre dans un schéma de dépendance et gare à la souffrance ! 

Modestement.emoticoneClin doeil




« J’ai besoin de vous » . 1990. La problématique du vide et du besoin.

6032009

J’ai besoin de quelque chose, je suis en train de me demander de quoi ? Est-ce si évident ? Si je sais que j’ai besoin de quelque chose, je devrais savoir de quoi ! Vais-je vous duper en disant que je n’ai besoin de quelque chose qu’uniquement parce que je ne sais pas ce que je veux ?

Non, je tourne en rond !

Besoin : qu’est-ce ?

Une sensation profonde de manque, d’un vide à l’intérieur de moi. Réclamation du corps et de l’esprit. Je divague : je trépasse de bonne heure et non de bonheur. [Ce jeu de mots est un héritage familial, vous en trouverez souvent la trace dans mes textes, l’humour, même de mauvais goût, m’aide beaucoup à surmonter mes chagrins !]

Tiens : Besoin de bonheur. Evidence.

Tout au fond de mon regard, des paillettes distillent de la tristesse. Seule, seule, seule, je m’enferme : le monde est pourtant grand ouvert autour de moi mais ce sont mes besoins, des besoins de folie qui m’isolent des autres êtres vivants.

« J’ai besoin de vous ! », voilà ce que j’ai envie de dire de tout mon corps, j’ai besoin d »un quelqu’un qui accepte ce que j’ai à donner et qui me remplisse de ce don accepté !

« Vous » : est-ce cela le vide : je voudrai être pleine de « vous » et « vous » me videz ! Je ne sais pas ce que c’est. Je ne sais même pas qui « vous » êtes.

Je vous fantasme « beau » ou « belle » mais le problème vient de vos imperfections que j’ai du mal à tolérer car elles vous éloignent de moi !

Ce n’est pas mon histoire d’amour : il n’y a pas d’histoire, seulement deux présences qui se rejoignent quelquefois. Nous nous voyons si rarement !

L’amour se partage : je ne  partage rien, j’aime [commentaire de celle que je suis maintenant : c’est une erreur, ce qui est important c’est de comprendre que l’amour et le besoin sont deux choses complètement antagonistes ! on croit aimer ! la personne joue le même rôle qu’un objet ! c’est en fait un sentiment destructeur ]  mais il ne m’aime pas.

C’est cela qui me ronge : tout aboutit à rien dans mon coeur.

Je bute.

Il faut que je m’emploie à détruire l’obstacle…




Sortir de la phobie de la séparation, sortir de la dépendance affective.

25102010

Je suis la créatrice du blog et je me permets de vous écrire comme je le fais à chacun, chacune laissant ici un message.
Voici par exemple le témoignage de Béa :

 » Je m’accroche aux autres, quitte à supporter l’insupportable, à me nier, par peur qu’ils me quittent… je les étouffe… et bien évidemment, l’histoire se répète, ils s’enfuient tôt ou tard… alors en bonne DA, je reporte ma dépendance sur quelqu’un d’autre… seulement depuis 3 ans je n’ai plus d’amoureux, et depuis quelques mois, plus d’amis…. ils sont tous, comme par hasard ?, sorti de ma vie… et c’est maintenant que je suis seule que je prends réellement conscience de la situation et de la souffrance d’être seule…
Je suis comme vous, je ne sais pas prendre soin de moi, en plus, j’ai peur de m’investir car pour moi, investir veut dire dépendre…
Je fais beaucoup de crises d’angoisses, j’ai l’impression d’être descendu dans les enfers… »

Effectivement, être dépendante affective est très douloureux, un peu comme une réaction  allergique à la relation à l’autre… le problème étant qu’on ne peut vivre sans relations…
Il s’agit en fait effectivement d’un long chemin, pas linéaire, pas sans souffrance, où l’on apprend à s’accepter et s’accueillir avec beaucoup de compassion et de tendresse tout au long de notre apprentissage d’une relation à l’autre plus douce, plus saine, moins violente.
En fait, il faut commencer à faire connaissance avec soi, ne plus penser à l’autre d’abord mais à soi et ne plus vivre les moments de solitude ou l’éloignement des autres comme la marque d’une valeur insuffisante de notre personne ou d’un abandon mais comme la preuve de la fidélité à nous-même et comme un apprentissage qui doit immanquablement passer par l’acceptation de notre solitude intrinsèque. Nous devons apprendre que la solitude n’est pas un cauchemar mais notre lot à tous et le seul moyen d’être libre. Sans solitude, aucune liberté, aucune individuation !

Je pense que pour les autres, cette solitude n’est pas un problème, ils savent depuis longtemps, ils l’ont compris, qu’elle n’est pas éternelle, pas fatale, pas la négation de leurs choix mais une condition inhérente à l’être humain et ils apprécient à juste titre les moments de partage avec autrui sans être obsédés par ces moments ou anéantis par l’espacement ou l’absence de ceux-ci.

 Nous avons beau le « savoir », notre corps ne le comprend pas ! Il ne parvient pas à garder son unité , il est morcellé alors que pour comprendre, il faut pouvoir faire sereinement les liens. Ce qui cloche, c’est que nous sommes des phobiques de la séparation. Il faut donc apprendre à sortir de cette phobie pour pouvoir enfin vivre !

Alors que nous sommes comme des nourrissons : incapables au départ d’ancrer dans notre corps la temporalité de l’absence : lorsqu’un autre s’éloigne, c’est nous que nous perdons de vue car l’angoisse est telle que nous restons bloqué sur cette déchirure, oubliant de continuer notre vie !!!

Le nourrisson ne sait pas que sa mère va revenir, il n’a plus de repères, il pleure ou crie pour exprimer son angoisse et si cela dure trop longtemps peut se murer, devenir apathique…
Nous ne savons pas que la séparation ne nous enlève pas l’amour que nous avons en nous ou ne nous coupe pas de nos repères, nous souffrons tellement que nous cherchons à nous recoller à l’autre ou nous nous coupons définitivement de nos sensations pour ne plus souffrir et éventuellement nous sabotons la relation : ne parvenant pas à endiguer la terreur panique, nous cherchons à éviter à tout prix que cela se reproduise !

Il faut donc apprendre à ne plus rester dans le vide, au-dessus du gouffre, en chute libre quasi permanente , face au vertige… il faut apprendre à continuer notre chemin en ajoutant une pierre après l’autre, en refaisant le chemin en sens inverse autant de fois que nécessaire pour bien se persuader que nous avons des repères solides maintenant, des ressources disponibles… il faut apprendre à canaliser l’angoisse et à continuer à vivre notre vie sans attendre les autres, et de ces tous petits pas microscopiques et lentissimes, tirer un espoir et un apaisement de plus en plus grand…

Il faut affronter cette phobie comme telle. ( Je reviendrai sur cette notion dans un article prochain).

Se faire enfin confiance et écouter notre petite voix intérieure qui nous dit : « toi aussi, tu peux y arriver, écoute-moi bon sang ! »

Ne plus être ce nourrisson vulnérable et inconscient !!! Ne plus être terrorisé par la séparation. Reprendre possession de nos esprits.

Mais cela prendra  du temps ; ne se fait pas par magie ; ne permettra jamais que nous ne gardions pas une fragilité dont il faudra tenir compte.

 Toutefois, sortir de l’enfer est possible très vite. L’enfer étant l’incapacité à vivre un jour à la fois paisiblement. On devra commencer par se fixer un objectif à se mesure : quinze minutes ( oui, cela peut être déjà beaucoup lorsque l’on est en crise) , une heure, une demi-journée, une journée paisible à la fois …

S’ancrer, garder nos expériences passées précieusement et les enrichir, les consolider ; ne pas voir en l’autre un élément d’insécurité mais une personne avec laquelle nous pouvons échanger ; c’est tout ; remettre l’autre à sa place, le virer de notre salle des commandes et reprendre le pilotage de notre vie en étant celui ou celle qui choisit les destinations, les itinéraires, les modalités : oui et cela donne une si grande liberté, une renaissance … faire que l’autre ne soit plus notre nourriture principale mais se nourrir de nous : au début, on est fragile, hésitant, incapable de savoir ce que l’on est …

Alors on apprend à faire connaissance et cela nous occupe. Et les autres pendant ces mois et ces années là ne sont plus au centre de notre construction. Du coup, les choses vont mieux. Les relations sont libérées de leur gravité, de leur enjeu de vie ou de mort. Elles ne sont là que pour nous enrichir ou pour nous permettre d’entrer en dialectique ; pour découvrir d’autres manières de vivre, pour échanger voire partager mais plus pour oxygéner ou faire vivre.

La route est longue et l’enjeu bouleversant. Je vous souhaite, cher lecteur, chère lectrice, bon courage.

Je propose à ceux qui le souhaitent un coaching pour les accompagner sur ce chemin. Vous trouverez des renseignements sur la page suivante :http://dependanceaffective.unblog.fr/choisissez-un-coach-pour-vous-accompagner-vers-lautonomie-affective

Bonne route et à bientôt de lire de vos nouvelles,
Ysyade.




Apprendre à nouer des relations épanouissantes .1.

4102010

Il est une étape merveilleuse et réjouissante  sur le chemin de la guérison : apprendre à construire une relation positive, équilibrée, bref :  épanouissante.

Lorsque l’on a compris que notre manière antérieure d’entrer en relation basée sur l’illusion d’une relation fusionnelle et du mythe du « parce que c’était lui, parce que c’était moi » était la plus sûre manière de créer des relations toxiques … alors il est temps d’essayer une autre manière de se faire des ami(e)s.

Et cette manière là nécessite une toute autre démarche : en voici la recette.

Tout d’abord, passer du temps à se promener et à fréquenter différentes échoppes relationnelles sans chercher à nouer des amitiés mais tout simplement pour découvrir des personnalités différentes et des manières de vivre variées … Echanger tranquillement et apprendre à écouter et à s’affirmer.

Puis, être capable de définir les valeurs que l’on veut partager avec l’autre et se tourner vers cet autre .

Faire doucement, très doucement connaissance sans aller trop vite et en veillant à respecter les étapes qui mènent du statut relationnel social à celui d’intime en vous autorisant et en autorisant aussi l’autre à fixer la limite de la relation à la distance qui  vous convient .

Vous devrez ainsi accepter le rythme et la distance de confort de l’autre tout en apprenant à respecter les autres ; il faudra aussi accepter que cette relation soit vivante et que cette distance puisse évoluer et s’adapter.
Cette manière de faire change radicalement la donne : il ne s’agit plus de nouer ou rompre une relation dans le bruit et la fureur ; il s’agit de créer du lien en fonction d’affinités, et de manière raisonnable : chaque relation apporte quelque chose, aucune n’est exclusive ou fusionnelle.
La richesse, la diversité, la subtilité des liens ainsi créés sont sans commune mesure avec la pauvreté affective que vivait le dépendant contraint de  maintenir des relations peu satisfaisantes, douloureuses, nocives parfois juste pour éviter de se confronter à la solitude et à la perte.

Paradoxalement, au lieu d’en tirer une leçon et d’apprendre à mieux choisir et construire ses amitiés, le dépendant replonge aussi vite dans une autre relation stérile par peur du vide et « drogué » à la séduction et aux rapports humains immédiatement chaleureux, familiers …CoolClin doeilArgent

Et très vite, cela donne : emoticoneemoticoneEmbarasseemoticoneemoticoneCri

Alors, prenons le temps de cette belle expérience sans nous précipiter.

 

 

 




Pour une pratique exploratoire du quotidien :une rééducation vitale.

4102010

Cela fait bientôt deux ans que j’ai commencé ce blog.

Cheminement Beaucoup de chemin parcouru mais je n’ai pas encore fini mon périple. Mes objectifs commencent à peine à prendre forme. J’ai décidé de mettre en ligne un journal pour pouvoir partager ce que je ne pouvais plus me résoudre à vivre seule. Depuis l’adolescence, j’ai vécu d’intenses souffrances toutes liées à ma difficulté à vivre seule ; je n’ai d’ailleurs pas été capable de vivre seule, vivant en couple des relations désastreuses, incapable de gérer mon argent, incapable de finir mes études correctement, ne devant mon salut qu’à des capacités intellectuelles suffisantes pour compenser mes errances et à mon obstination ; j’ai réussi un concours pour devenir enseignante et malgré des débuts chaotiques (une démission récupérée in extremis, des congés maladie fréquents) j’ai trouvé la force de m’accrocher à mon travail et à … mon compagnon du moment.

Dès que je me retrouvais seule, je passais mon temps repliée sur moi, morte de trouille, ayant peu de relations suite à de nombreux déménagements et un divorce. J’arrivais de temps à temps à fonctionner normalement pendant quelques mois, pleine d’enthousiasme, pleine de projets mais je trébuchais vite, toujours angoissée, toujours obsédée par mon compagnon et me sentant mal aimée, trahie, délaissée ; toujours cherchant à dire à mon entourage ce qu’il convenait de faire alors que je devais m’y reprendre à dix fois pour avoir le courage de mener une tâche à bien, étant sans cesse en train de m’analyser, me critiquer, me dévaloriser ; ayant des crises de colère, des crises de boulimie et toujours ces dépenses compulsives qui nuisaient à tout projet.

Voulant rompre tous les six mois, cherchant tous les six mois à déménager. Voulant tous les six mois changer de travail ou refaire mon intérieur. Une angoisse monstrueuse commençant à me bouffer le bide, mes intestins , mon dos ; beaucoup de difficultés pour dormir et pour éprouver du plaisir, à l’affût du comportement de mon compagnon, lui faisant des scènes de jalousie, lui reprochant tout, cassant des objets, complètement rongée par la colère et sans elle, abattue, mangeant et dépensant pour ne pas retomber, ne sachant pas faire autre chose que rien ou tout frénétiquement.

Et puis, un jour, j’ai eu tellement mal que je me suis couchée par terre et que j’ai attendu, je croyais que j’allais mourir, j’en pouvais plus, et je me suis dit  que je jetais l’éponge, que je restais là et que j’allais prier.

J’ai vécu quelques moments de grâce, mes larmes ont coulé, coulé, coulé et j’ai ressenti une sorte d’apaisement à travers lequel j’entendais la nature m’appeler, la sur le sol, j’étais en contact et j’entendais la nature ; je me suis sentie animale et des gémissements sont sortis de moi.
J’ai compris que j’étais un animal blessé et que je devais retourner auprès de ma Mère Nature pour guérir, qu’il fallait que je sois modeste et que je profite du soleil, de la lumière, des odeurs, de la douceur d’un contact, j’ai toujours eu des chats et je me suis sentie féline.


Depuis ce jour, la volonté d’apaisement l’a emporté sur la douleur et l’agitation ; je suis encore bien loin de la sérénité car ma blessure se rouvre encore et je vis  encore parfois des moments tempétueux ; mais ce n’est plus pareil qu’avant, ce ne sera plus jamais pareil,  une certitude, un guide sont là à mes côtés et me disent de faire confiance et de me laisser aller, de me recontacter à cette Mère Nature.

Je ne  sais pas si je peux appeler cela de la foi ; je sens que quelque chose de sacré est là ; la dimension de la condition humaine m’inspire le plus grand respect et la Nature est pour moi un temple. Je crois que j’ai commencé une démarche spirituelle ; auparavant, j’étais capable de réfléchir, de philosopher mais il me manquait cette prise de conscience et cette expérience du lâcher-prise.

Le quotidien est maintenant le compagnon avec lequel je souhaite avoir une relation riche, profonde, intense et respectueuse.

L’homme avec lequel je vis n’est plus ma divinité. Ce statut m’empêchait de construire avec lui une relation réelle, équilibrée. Je croyais qu’il pouvait tout pour moi et qu’il n’avait pas le droit d’être faible, malade, infidèle, désorganisé, qu’il devait être toujours disponible, toujours un amant parfait et sans désirs extérieur à moi.

Tout ceci était inconscient. Quand je me suis rendue compte de ce qu’impliquaient ma souffrance, mes douleurs, mes incapacités, mes exigences, mes demandes, mes agitations, mes dépenses, mes sermons, quand je me suis rendue compte que je refusais le quotidien, que je savais posséder plutôt qu’aimer, j’ai été horrifiée.

Il y a eu encore le déni, il est d’ailleurs  encore à l’oeuvre parfois. Il y a eu aussi le dégoût. Et puis, j’ai appris à me pardonner, à écouter mes cris d’enfant apeurée, à me consoler, à m’écouter, à me découvrir, à laisser le temps faire son oeuvre, à mettre en place des rituels, à me poser.

Pour vous donner une image, auparavant, j’avais du mal à faire deux fois de suite la même chose. Les autres m’ennuyaient vite. Aller deux fois dans le même magasin m’embêtait. J’aimais l’excitation de la nouveauté qui fait qu’on ne voit pas les défauts et que les autres ne nous connaissent pas non plus. Sans cette excitation, du mal. Des difficultés à vivre sans l’excitation de la nouveauté ; ne pas vouloir s’attacher, bouger pour éviter d’entrer en contact avec ma solitude intérieure, mon immaturité.

Et je vivais dans l’attente d’un événement, une journée à la maison et je pensais que mes enfants allaient s’ennuyer. Je fuyais le vide et courais après l’amour des autres tout en me cachant d’eux et en me heurtant à tous les vampires du coin,  proie idéale des narcissiques, championne du monde des compli-menteuses.

Une course folle et superficielle.

Quand j’ai commencé à apprivoiser mon quotidien, j’avais parfois du mal à me lever de mon lit et à marcher et j’ai dû réapprendre à marcher. Du moins, en sentant mes jambes.
Depuis presque cinq ans, je suis partie à la découverte de mon quotidien. Je n’étais jamais à ce que je faisais et j’étais toujours pressée. Je n’avais pas le temps donc souvent je ne finissais pas ce que je commençais ou je bâclais.

En quatre ans, j’ai appris : à tenir un agenda,  à être capable de découvrir  ce que j’aime vraiment , à construire une amitié -j’ai échoué plusieurs fois avant d’y arriver,  ayant eu  l’habitude de me lier à des personnes toxiques, reproduisant mon modèle relationnel familial  ; aujourd’hui, j’apprends tout doucement à  construire et entretenir des amitiés riches et équilibrées, respectueuses de l’un et de l’autre. A oser avouer mes faiblesses et à échanger avec vous. A transmettre aussi mes connaissances, mon expérience.

Ce quotidien là est très différent : il y a moins de clinquant, de grandes déclarations, de promesses grandiloquentes ; mais plus de chaleur, de sincérité, d’humilité, plus d’échange, de pudeur et rien ne se fait trop vite, je me sens acceptée telle que je suis; je sais vivre ma colère de manière respectueuse, je parviens à me souvenir des bonnes choses et à laisser mon compagnon vivre sa vie, je commence à accepter mon corps…

Ce quotidien là se déroule paisiblement jour après jour et la répétition et le rituel sont des éléments apaisants ; jour après jour, j’apprends à être plus sincère, plus juste, à oser dire ce que je ressens mais j’apprends aussi à respecter mes limites et celles des autres ; j’ai beaucoup à faire car il m’était plus simple auparavant de tenter de contrôler tout le monde autour de moi et de faire remarquer à mon entourage tous ses disfonctionnements … et j’accumulais ainsi les problèmes ne prenant pas le temps de les régler et en voulant à tous ceux qui m’en empêchaient …
Je sais maintenant que je n’ai plus à être paralysée par la peur, coincée dans le rôle de celle qui doit gérer les humeurs terrifiantes des grands et les consoler ; je peux maintenant enfin m’occuper de moi, apprendre à vivre ma vie.


Quand on en a fini avec le contrôle et l’intrusion, il faut faire face à un énorme chantier : notre vie est un vrai désastre ou tout est en bazar, où la logique, le bon sens et la stabilité manquent ; alors, courageusement, jour après jour, il faut remettre de l’ordre, se découvrir en acceptant de passer des semaines dans un état proche de la dépression profonde car à force de s’occuper des autres, on ne se connaît absolument pas et c’est si angoissant de se dire qu’on ne sait pas quoi faire ni par où commencer .
Ce chantier de construction personnelle, je l’appelle « la pratique exploratoire du quotidien » ; à travers un cheminement qui passe par les activités ancestrales de l’homme : se nourrir, s’abriter, échanger, se distraire, travailler … retrouver le contact avec ses valeurs. Apprendre à vivre.

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Gérer le doute avec le « faire comme si » pascalien.

23092010

lechemin1.jpgIl arrive que je me sente très forte, vivant presque des moments de triomphe en comparant tous mes moments de sérénité, mes relations plus riches, mes activités choisies et pleines de joie avec ces journées sombres des années passées. Et ce blog est un lieu qui m’apporte beaucoup, j’adore venir y écrire et il m’accompagne dans mes journées comme le grand-frère que j’aurais aimé avoir ou comme l’ami imaginaire de mon enfance, bref, ces moments-là sont exquis et à tel point que… l’outrecuidance fait que j’ose me dire : 

- » Enfin j’en ai fini avec cette foutue dépendance affective ! »

Et c’est vrai que j’en ai bien fini avec la phase chronique et dégénérative de cette maladie mais pour autant, il m’arrive encore fréquemment de vivre des rechutes ( j’en ai déjà parlé) ou plus humblement : d’être face à  un doute …

Ainsi, lorsque ces dernières semaines j’ai été témoin de la descente aux enfers d’une de mes amies vivant une rupture amoureuse dévastatrice, je me suis demandée : suis-je bien certaine de ma guérison ou n’est-ce qu’une rémission ?

Ce qui pourrait sembler pour d’autres une introspection maladive m’apparaît au contraire pour nous les DA comme une problématique permanente et fondamentale :

Comment vivrais-je  si cet autre que j’aime tant venait à rompre ou à mourir ?

Et donc ai-je eu raison d’avoir l’aplomb d’affirmer à cette amie en désespérance que je ne vivrais plus jamais ces souffrances intolérables, mortelles, consécutives à un départ perçu comme un abandon si d’aventure mon homme me « lâchait » ?

J’ai calmement affirmé à mon amie que j’en étais sorti non pour l’accabler davantage, la diminuer mais bien pour lui ouvrir la voie d’une solution possible autre que la mort. 

Car elle a vécu une relation dans laquelle un fossé incroyable s’est creusé entre l’amour profond et l’engagement intense qu’elle vivait de son côté du lien et de l’autre le rejet qu’elle a reçu : il a rompu pour une autre.

Dans ces cas-là, cela paraît toujours immonde. Car de l’extérieur il y a celui qui dans le couple s’est investit et celui qui a refusé cet investissement. Et pour des raisons qui semblent toujours dégueulasses. Lorsqu’un être meurt d’amour, l’autre a toujours le mauvais rôle. Il est illusoire de croire qu’il peut se barrer sans souffrir.
Une rupture est en effet toujours brutale pour celui ou celle qui ne la souhaite pas.

Mais l’intolérable commence lorsque dans cette rupture du lien, un être réalise qu’il avait construit avec l‘autre une relation dans laquelle sa vie était en jeu. Même celui qui quitte peut réaliser que sa vie était en jeu dans cette relation.


Cette dépendance extrême, je l’ai connu entre mes quatorze ans et mes trente cinq ans !

Donc, au moment même où je disais à mon amie, qui avait pris l’initiative de me le demander, que jamais plus je ne mettrai ma vie en jeu pour un homme, un doute a commencé à poindre sous la forme d’interrogations.
Vous savez, une petite voix intérieure, ironique, canaille, presqu’ une voix d’allumeuse, en tout cas la voix de la mauvaise conscience :

- Dis-donc, t’es vraiment sûre que si ton mec se barrait avec une autre tu serais aussi décontractée que maintenant ? T’es vraiment sûre que tu ne serais pas anéantie ?

Ces interrogations ont été aisément balayées car je suis certaine que je n’aurai plus jamais envie de mourir à cause d’un homme ou que je ne souffrirai plus jamais le martyre dans mes relations amicales ou amoureuses. 

L’incapacité à vivre sans l’autre, il s’agit de cette défaillance extrême que vit le DA. 

Il ne s’agit ni d’une théâtralisation, ni d’une exagération : il s’agit d’une défaillance.

J’ai appris à ne plus revivre des situations, des relations, à ne plus avoir de pensées automatiques nuisibles, à développer ma valeur, mon autonomie, à prendre conscience de tout l’amour que les autres m’avaient donné depuis ma naissance, à en faire un trésor précieux qui est à tout jamais à moi et j’y puise tellement dans les moments difficiles que je en peux plus me perdre. 

Et puis, il y a cette douleur intolérable que ma mère est en train de vivre depuis des années, ma mère qui est en train de mourir de cette incapacité à vivre sans mon père ; sa grande détresse -par pudeur je n’en livrerai pas ici les détails- m’émeut tellement et me révolte aussi que je ne peux plus attenter au cadeau qu’elle m’a fait en me donnant la vie. J’ai vu chez ma mère l’intolérable, l’indicible. Le seul enseignement que j’ai pu et voulu retirer de sa souffrance, son combat hallucinant et de son autodestruction, c’est de stopper le cycle familial en prenant soin de moi et de mes enfants.

Partant de là, j’aurais pu croire que toute personne anciennement DA est préservée dès lors qu’elle refuse de nuire à sa vie et de rester dans le déni.


Je me trompais : pour connaître la sérénité et vivre des relations épanouissantes, il fallait maintenant attaquer un chemin moins accidenté mais beaucoup plus exigeant : faire confiance à l’autre demande d’être capable de faire le pari pascalien : prendre conscience que nous avons tout à perdre en n’y croyant pas …

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Et faire confiance à l’autre demande un changement de point de vue radical : 

Et s’il était possible de vivre dans la continuité, sans coupures ou sabordages répétés du lien ? sans retrait prolongé ou fusion passionnelle ? sans être vidé de soi ? sans être ravagé régulièrement ?

Et si l’autre n’était pas ce salop mais un autre moi dont les tentatives même incohérentes ou inacceptables n’en restent pas moins émouvantes  dans ce qu’elles révélent de souffrance chez l’autre ?

Il faut alors aussi en finir avec le narcissisme qui accompagne fréquemment la DA. Pour masquer la faille intime se faire le spécialiste de l’apparence et de l’illusion. Echapper à l’intime. Vouloir être admirable. Offrir son extérieur et vivre un chaos intérieur permanent.

Faire le pari de la confiance, c’est être capable d’accueillir le doute en le détrônant de son piédestal ; il n’a plus droit de vie ou de mort sur nos relations, il n’est pas plus vrai que le reste.
Car dans la dépendance affective, le doute est permanent : alors ce qui est une position critique louable devient une tyrannie insupportable car tout est analysé, pondéré, rien n’est cru, la paranoïa détruit tout sur son passage et dans les formes extrêmes débouche sur des délires.

Or, étymologiquement, le doute c’est la peur ! Douter, c’est ne jamais savoir ce qui est vrai, c’est être en permanence dans l’incertitude, dans le vacillement, le vertige qui est par définition angoissant. Vivre dans le doute, c’est faire de l’angoisse sa demeure, c’est devenir fou à force de voir tout ce qui est mais sans lien, tout est côte à côte, rien n’est pondéré, nuancé .

Par exemple, si je regarde une femme dans la rue et que ma compagne s’en aperçoit,  elle ne voit plus que ce regard et rien d’autre. Ma compagne ne voit en moi qu’un traître. Car, pour elle, plus rien d’autre n’existe que ce regard. J’ai beau la regarder avec amour, elle n’est plus que dans le regard que j’ai eu pour l’autre femme.

Et ce doute là qui ronge les relations amoureuses, il me fallait encore l’admettre et le surmonter. 

Pour cela, j’ai pensé que le doute devait être contrebalancé systématiquement par une affirmation contraire : si je comprends que je suis victime d’une hallucination lorsque le doute surgit ( on peut même appeler cela un délire paranoïaque ) je peux apprendre à mettre en place une compensation : » le faire comme si « .

Melody Beattie en parle dans ses ouvrages parmi d’autres outils de méditation.

Il s’agit de faire comme si la relation n’était pas en danger. 

(Il ne s’agit bien sûr pas de devenir stupide et de ne pas tenir compte des signaux que le bon sens prend en compte, je n’incite ni à la naïveté, ni à l’imprudence )

A chaque fois que ce doute surgit, peur diffuse, appréhension déclenchée le plus souvent par un événement insignifiant pour la majorité d’entre nous mais pas pour les DA ( retard, regard différent, silence, changement d’habitudes, promesse de peu d’importance non tenue, désir absent pendant quelques jours, coups de fil plus espacés, présence d’autres personnes, soirée non partagée, dispute ou désaccord anodin etc), il s’agit immédiatement de lui opposer un « je fais comme si la relation n’était pas en danger et si tout était ok ».
Ainsi, dans le cas où mon homme a un retard imprévu, je fais comme si cela était ok, je peux alors calmement voir s’il est nécessaire que je l’appelle pour lui demander posément s’il sait à quelle heure il rentre ; je peux aussi le prévenir que je ne l’attends pas ; je peux même lui parler de mon inquiétude liée à un retard mais sans en faire un reproche etc 

A ce moment-là, la relation change entièrement de dynamique car je sors de la victimisation et de la persécution.

Au début de l’exercice, il s’agit de jouer un rôle. Mais très vite, la peur liée à la situation anxiogène s’affaiblit voire s’efface laissant enfin place à l’échange et au bien-être. 

Le faire comme si fonctionne donc comme un auxiliaire de confiance. Il vient contenir la peur et ne plus la laisser prendre toute la place. 

 

 

 

 




De la rupture et de l’errance comme modalité relationnelle: Le DA, une âme en peine.

14092010

FreedomLe terme de « dépendant affectif » peut apparaître à bien des égards comme une simplification et une caricature d’une problématique inhérente à la vie de tout être humain : comment concevoir d’entrer en relation avec l’autre de manière durable, authentique et avec soi-même également sans se laisser aller, s’ouvrir, se montrer vulnérable et prendre ainsi le risque de la blessure ?

Ainsi pour plusieurs d’entre nous la dépendance n’est pas mauvaise en elle-même, la dépendance n’est pas à rejeter, la dépendance n’est pas un appauvrissement ou une incompétence mais plutôt la marque d’un abandon de soi provisoire nécessaire à la création d’une relation de qualité, encore plus inévitable dans des relations amoureuses …

Nous en venons ainsi parfois dans les commentaires ici postés à nous affronter entre ceux qui rejettent la disqualification complète de cette dépendance, ceux qui revendiquent la beauté et l’expérience incomparable du fusionnel dans la première étape d’un couple, ceux qui ne veulent pas que le mot « dépendant affectif » viennent nommer leurs relations passionnées, ceux qui au contraire vivent leurs schémas répétitifs de manque et de souffrance comme insupportables… mais dans tous les cas, quelle est la véritable problématique ?
Car finalement, ici, qu’est-ce que je nomme « dépendance affectif » ou qui est nommé « dépendant affectif » ?

La personne qui ne parvient pas à construire des relations durables paisibles, sans drames, sans ruptures brutales, qui ressent le besoin de se protéger avec une carapace, de se blinder ou qui au contraire s’en remet entièrement à un autre et se retrouve ainsi fréquemment avec la sensation de risquer sa vie à chaque fois que l’autre prend de la distance …  Bref, la dépendance affective ne désigne pas ici la capacité à se montrer vulnérable et à s’ouvrir dans une relation équilibrée et de confiance .

Il se trouve que les personnes qui se désignent ou se reconnaissent comme DA vivent depuis très longtemps dans le morcellement, y compris intérieurement ; c’est comme s’il y avait toujours en même temps de la déchirure et le besoin de recoller les morceaux, deux forces antagonistes en perpétuel combat ; il peut d’agir de s’exposer dans des relations où l’on se vide, se déchire soi-même et où l’on croit que tout donner de soi est suffisant pour s’attacher l’autre fût-il totalement impossible de s’investir dans une relation équilibrée et paisible , c’est donc entrer régulièrement dans la danse avec un autre qui  vous pille et vous laisse exsangue parce que vous aurez tout mélangé et accepté pour être  certain(e) d’être irréprochable et de vraiment mériter cet amour, c’est se détester jour après jour et ne pas être capable de faire les choix qui nous conviendraient car un autre ou une autre risqueraient de nous en vouloir et de s’éloigner de nous, c’est mettre fin à…continuellement puis faire demi-tour par peur de … c’est tenter à tout prix de savoir ce que veut ou pense l’autre pour se rassurer et faire taire nos déchirements, c’est sans cesse décider de… puis changer d’avis car… et donc tout ce qui est brisure, rupture, déménagement, changement, tentatives, essais, esquives, ébauches, rêves, passions, s’enchaînent, c’est des amis vite construits, vite perdus… des bouleversements permanents subis ou provoqués dans l’espoir de mettre fin à un autre bouleversement, c’est la fuite en avant et le cercle des ruptures qui se met en place et petit à petit une immense fatigue qui s’ancre dans les corps marqués …
Ce vers de Baudelaire me semble bien décrire cette lassitude conséquence de cette sorte d’errance émotionnelle (parfois bien concrète dans les parcours de vie : compagnons, compagnes, ami(e)s, liens familiaux, lieux de vie, carrière professionnelle, loisirs …)  :

« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans »

Et pourtant, le premier pas est de se recoller soi. De s’unifier, de « s’identifier » … comme si à l’inverse de Narcisse, si notre reflet était d’abord celui de l’autre quand nous nous penchons sur nos vies et que ce reflet qui n’est pas le bon est en plus fluctuant achevant de faire grandir notre angoisse, frayeur inscrite dès notre aube enfantine lorsque nous faisions le cauchemar de nous réveiller, seul(e) dans un lieu inconnu ou terrifiant, métaphore  ? j’esquisse une hypothèse … métaphore de notre arrivée au monde qui n’a pas de sens lorsqu’elle n’est pas accueillie comme lieu de la construction d’un échange nourrissant entre ce nourrisson et les autres, entre ce nourrisson et sa famille… ce nourrisson dans lequel les autres se reflètent, incapables de le regarder pour ce qu’il est et ce qu’il a d’unique . Nier la naissance !? Une projection qui remplacerait une découverte. Et le film commence avec dans le rôle principal un individu qui se pare de toutes sortes de costumes pour faire plaisir à son synopsis familial mais qui s’épuise en représentations et se sent de plus en plus vide^et qui crie :

- Vite, un peu d’amour, en perfusion, à profusion, de l’effusion …

Et il ne parvient plus à rapiécer les trous de ses habits de gala, et à travers eux le froid s’insinue et affaibli , il n’est plus capable de rejeter ses loques, de choisir une bonne auberge et de s’y reposer un bon moment avant de repartir, vêtu d’habits à sa taille, chauds, moins fantasques mais si légers, si commodes …

 ALORS? QUOI ?????IL N’Y AURAIT QU’A SE SECOUER, QU’A NE PLUS AIMER DES PERSONNES INCAPABLES DE… ECOUTER LES « ON T’AVAIT POURTANT PREVENU QUE ?

NON!!!!!!

L’accueil qui  n’a pas été vécu comme tel par l’enfant ( sans qu’il ne s’agisse de chercher des coupables !), cet accueil doit être expérimenté par la personne en souffrance pour ne plus continuer à errer comme une âme en peine …

Apprendre à nous voir en pleine représentation dans l’espoir de gagner quelques miettes d’affection et puis, soudain, s’écouter,se former, se reposer, se créer un rôle juste, beau, personnel et enfin être vu, regardé, respecté comme l’acteur de sa propre vie, et quitter l’errance, l’errance subie, l’errance agonisante, quitter la quête du regard del’autre pour porter son regard sur sa vie intérieure et sur les autres qui savent construire un échange nourrissant, qui nous nomment et ne nous surnomment pas…

Sortir du rapiécé, du morcellé, du recollé, du cassé, du brisé, de l’instable, de l’imprévisible, de l’inconstant, de la trahison du coup de poignard dans le dos, sortir du déchirement, du tout et du rien : naître.

Prendre conscience, sortir du déni




Le Moi-Peau défectueux dans le couple pathologiquement fusionnel.

3092010

Le complexe du HomardOu il est question de carapace épaisse ou au contraire d’une enveloppe si fine poreuse, perméable et exposant à tous les dangers.

Pour les personnes dépendantes affectivement, la question des limites ou frontières est une problématique constante, toujours porteuse d’énormes souffrances.

L’adolescence n’aurait-elle pas pu remplir son rôle, n’aurait-elle pas eu lieu ? ne se serait-elle jamais fini ? (article à venir : adolescence et dépendance)

 Lorsqu’un couple s’établit dans la fusion et ne parvient jamais à s’en extraire, la souffrance est parfois inimaginable et même insoutenable lorsque l’un des deux vient à se confier. Il s’agit de jeunes couples qui partagent leur quotidien depuis deux ans et se mettent à se déchirer sans trouver le moyen de rompre ; de couples vivant depuis des dizaines d’années ensemble ayant vécu plusieurs crises mineures mais dont l’entrée dans l’âge de la retraite vient provoquer un chaos, le point commun est la quasi impossibilité à se séparer au moment ou tout l’entourage les en supplie. L’un des deux peut tomber gravement malade de cette relation épuisante et collante comme une pâte mal farinée. L’évolution est le plus souvent cyclique. L’issue est imprévisible : ruptures violentes,re-créationd’une relation non fusionnelle avec un accompagnement le plus souvent, poursuite des crises et du couple qui fait le vide autour de lui, les amis se lassant après de nombreux épisodes tumultueux…

Pourtant, il semblerait qu’aucun couple ne peut faire l’économie de cette étape ( Lectures conseillées :voir notamment La danse du couple de Serge Hefez, ed Hachette Littératures qui reprend le travail d’Anzieu sur le Moi-Peau, travail passionnant et fondamental dans l’approche de la dépendance.)

Le pathologique surgit quand la sortie du fusionnel est impossible. Parce que le caractère dépendant de l’un de l’autre ou des deux l’empêche ou l’avorte ou la fige : la dé-fusion est immédiatement refroidie …Ou alors le couple est immédiatement dissout. » Tu seras fusionnel ou je t’abandonnerai ! »

 L’étape normale fusionnelle dans un couple est donc différente car si elle sera suivie de crises, celles-ci ne mettront aucun pronostic vital en danger, celles-ci ne seront pas dramatiques ou extrêmement fréquentes, ni cycliques, le couple apprendra à retrouver ses marques qu’il avait auparavant bien acquises mais si l’un des deux ou les deux se lancent à corps perdu dans une relation réparatrice il n’est pas sûr que le couple puisse survivre, ses membres n’ayant encore jamais construit sereinement leur identité…

Et lorsque l’identité de l’un ou de l’autre est construite par un travail thérapeutique, il est fréquent que le couple n’ait plus aucune raison d’être…Car les défenses à mettre en place pour se reconstruire empêche souvent la spontanéité des échanges et tuent le plaisir. (Par exemple…)

Donc, dans cette relation d’extrême dépendance, comment l’identité de chacun est-elle abolie, empêchée ?

Tout d’abord, la personne alterne souvent entre deux positions radicalement opposées qui provoquent toutes les deux des effets désastreux sur la relation.Il s’agit d’ailleurs de deux positions interchangeables entre les membres du couple également.

D’une part, une volonté, presque mystique parfois, d’être entièrement « transparent » pour l’autre aimé, désir de se donner entièrement ou d’obtenir en échange de son propre don celui de l’autre,  désir de vivre une fusion parfaite, croyance en la possibilité d’un pacte de transparence :

« nous nous dirons tout, nous serons tout l’un pour l’autre », l’indissociation venant réparer et combler tous les manques et rejoignant, il est vrai les mythes des contes de fées. Enfin le véritable amour est au rendez-vous. Transcendant. 

Ce pacte est le plus souvent tacite -mais pas toujours, certains prononcent cet engagement et vont jusqu’à le faire devant témoins parfois :) -

[Il peut être d'ailleurs apparemment  unilatéral ce qui immédiatement sème immédiatement des souffrances relationnelles qui ne tarderont pas à lever. Mais dans ce cas, l'autre adopte exagérément le rôle du" carapacé" dont je parlerai ensuite ce qui montre une personnalité anti ou contre-dépendante... ce qui revient paradoxalement au même !  ]

Ainsi, très vite l’épreuve de réalité – vivre sa relation au quotidien- en dévoile – le comble pour un voeu de transparence- la monstruosité et la violence : être transparent, sans frontières, c’est n’avoir aucune consistance, c’est se vider se diluer, être envahi, envahir, perdre son identité, usurper une identité, renoncer à ses besoins , répondre à ceux des autres etc.

Les émotions implosent ou explosent ou les deux …

D’autre part, il peut subitement décider de devenir opaque, se carapaçant et ainsi  lorsqu’un membre de ce pacte diabolique l’écorne, le trahit, le rejette, tente de faire marche-arrière et de retracer son contour, de refermer ses portes,de repousser les intrusions, l’autre membre  se retrouve soudain paniqué,  ayant perdu accès à l’océan contenant, à l’identité partagée, cherchant comme un papillon de nuit à pouvoir entrer à nouveau dans la bulle de l’autre mais désormais, se cognant à ses limites réapparues, se blessant parfois profondément et éprouvant une rage et un désarroi intenses le tout enrobé d’hostilité, d’obstination et d’angoisse.

Quant à celui qui ferme les écoutilles – et il peut se produire une alternance, les deux membres de la relation  se rétractant tour à tour – il croule souvent sous la culpabilité. Il joue souvent le rôle de l’Enfant ( voir l’Analyse Transactionnelle pour ses positions de vie qui permettent de schématiser certains mécanismes de la dépendance) rebelle qui en cachette d’une mère trop intrusive gagnerait son identité en bravant les interdits et en masquant ses « frasques » maladroitement aux yeux de l’autre, voire en venant tout lui avouer d’un air accablé mais néanmoins en arborant un plaisir indiscutable… « Je suis un vilain ou une vilaine… » mais ce jeu m’a apporté du plaisir et qui a été plus fort que la culpabilité et l’interdit injuste posé par l’autre … autre préférant un amoureux sans pulsions et donc sécurisant, contenant, qu’un amoureux avec pulsions et donc incontrôlable, opaque,séparé, électron libre… Car s’il est dépendant il n’a pas bien appris à se différencier, il lui manque des compétences.

La carapace devenant de plus en plus épaisse si l’autre poursuit son travail de culpabilisation ou si le papillon transparent s’est trop cogné, pour éviter de mourir, il se fige dans la position de celui qui ne ressent plus rien. La carapace étant en quelque sorte l’envers de cette fine membrane perméable piste de danse de la fusion mais où tous les coups font mouche… la peau à vif ou la carapace étant deux modalités interdisant toute place à une relation équilibrée dans le couple qui sera tour à tour intrusif ou insensible, l’intimité étant toujours insupportable car connectant chacun des individus avec leur manque d’autonomie et d’identité. Vertigineux !

Cependant, les rôles pouvant s’inverser dans de telles relations,  il est finalement assez difficile de dire qui est le plus dépendant … Même si Monsieur Carapace et Madame Fleur de peau sont les positions les plus fréquentes, il est possible de jouer toutes les variantes de la pièce et même voir des figurants intervenir pour que le spectacle continue.

Cette description sur un ton léger permet de prendre un peu de distance avec un piège relationnel des plus terribles. Il est donc vraiment conseillé d’apprendre à nos adolescents à se construire un minimum avant de se lancer dans la vie d’adulte et nous ne pouvons à ce titre pas leur donner de meilleure leçon que celle de l’exemple d’un couple équilibré – modestement, tout couple ne fonctionnant pas dans des rôles figés, répétitifs, aliénants est recevable, nul besoin d’accéder à une illusoire et dangereuse perfection et à une analyse constante de ses conflits, le couple ne voyant même plus les enfants, ceux-ci étant priés d’attendre que les grands aient fini de panser leurs blessures …

Le complexe du homard de Dolto est une lecture conseillée à nos adolescents…ainsi qu’à nous adultes qui voulont refaire une partie du chemin et partir en quête de notre identité.

 

 

 

 

 

 

 

 




La gestion des émotions.

28082010

Batterie d'émotionsBatterie d'émotionsCela n’est pas un secret pour personne et encore moins pour un dépendant affectif : nos émotions nous gouvernent parfois voire souvent.

Mais quand c’est au point qu’elles nous  empêchent de vivre  heureux, que faire ?

D’abord, qu’est-ce que cela veut dire : empêcher de vivre heureux?

Disons que les émotions sont comme des chevaux sauvages qui nous conduisent hors des sentiers, qui vont dans tous les sens, qui ruent, viennent semer la zizanie dans notre pré relationnel !

Casserole émotionnelleIl ne faut pas être bardé d’ans ou de diplômes ou d’intelligence pour comprendre que quelque chose déborde et nous met dans des situations impossibles. Abîme nos plus belles relations en les piétinant.
Par contre, il nous arrive de nous rendre compte beaucoup trop tard que le cheval s’est emballé et de ne plus réussir à le maîtriser ; il nous arrive aussi de ne pas savoir reconnaître la race du cheval, voire de prendre pour un étalon ce qui n’est qu’un cheval de trait ou de confondre une vache avec une jument ( bon, ça y est mes métaphores équines vous emballent ?) …

En effet, faire le constat que cela déborde ne suffit pas à être capable de stopper le débordement.
au feuIl va falloir analyser les séquences émotionnelles afin de comprendre quelles situations précisément favorisent ce débordement. Il va falloir apprendre à nommer ces émotions, à voir ce qu’elles expriment, à vérifier que nous n’utilisons pas une émotion pour éviter d’en ressentir une autre … et à apprendre comment changer les séquences problématiques afin d’adopter de nouveaux comportements qui nous permettrons d’être plus à l’aise avec nos émotions et de faire en sorte qu’elles ne représentent plus un danger pour notre vie relationnelle.

De plus, il ne s’agit pas non plus de se mettre à censurer ses émotions, de les étouffer ou de les enfermer. Il s’agit au contraire de s’autoriser à ressentir pleinement ses émotions car paradoxalement les émotions démesurées sont souvent l’expression d’une difficulté à rester en contact avec ce qui se passe dans son corps et son esprit.
Je vais utiliser une métaphore pour illustrer ce paradoxe : il s’agit d’associer le bon feu à la bonne casserole. Si vous prenez un récipient petit et que vous l’associez à un grand feu, cela chauffe vite, trop vite, cela abîme le manche de la casserole et gaspille beaucoup d’énergie.
Si vous prenez au contraire une grande casserole et un tout petit feu, vous allez chauffer doucement mais trop doucement et vous allez vous impatienter, voire ne jamais réussir à faire cuire vos pâtes…

Si l’émotion est le feu et que votre capacité à accueillir l’émotion  est la casserole, vous avez compris qu’il faut soit réduire l’émotion mais ce qui est appauvrissant pour un être humain et dangereux car si le feu s’éteint, il est difficile à rallumer… de plus, s’il vous faut trop de temps pour réagir, vous risquez d’oublier la casserole sur le feu, de vous décourager, de faire fuir les incvités, de manger pas cuit…

soit il faut développer sa capacité à accueillir et gérer ses émotions… à ce moment-là ce qui est intéressant, c’est qu’on peut se permettre d’avoir davantage d’émotions et donc d’être plus vivant …

Paradoxalement, en effet, les personnes ayant des problèmes de casseroles, euh pardon de récipients à émotions, ont une batterie émotionnelle très pauvre et nous reservent toujours le même plat…

J’arrête la métaphore et je récapitule :

  1. S’observer
  2. Comprendre les situations qui déclenchent un débordement
  3. Nommer les émotions ressenties
  4. Vérifier leur authenticité
  5. Comprendre ce qui est touché en nous
  6. Chercher d’autres manières de gérer les crises
  7. Mettre en pratique ces changements de comportement
  8. Faire le point régulièrement
  9. Ne pas avoir peur des échecs
  10. Ne pas dramatiser
  11. Noter ce qui fonctionne
  12. Augmenter sa palette émotionnelle
  13. Etre capable de sentir l’émotion s’enclencher
  14. Sortir de l’évitement en s’appuyant sur ses réussites
  15. Rester au contact de ses émotions et ne plus perdre le contrôle
  16. Etre réconcilié avec ses émotions !

Je reprendrai chacun de ses points dans un article eponyme accompagné de conseils notamment de lectures utiles.

A vos casseroles! Batterie d'émotions

 

 




Psychologie de la solitude, G. Macqueron, ed Odile Jacob

26082010

Psychologie de la solitude, G. Macqueron, ed Odile Jacob dans Lectures utiles 9782738123329

Voici un ouvrage pour un questionnement salutaire et rédigé dans un langage clair, sans lexique obscur, qui permet une première approche de cette problématique intéressante.
En effet, la problématique de la solitude est au coeur de la Dépendance Affective. Il s’agit souvent de l’éviter à tout prix, quitte à poursuivre des relations toxiques ou à remplir son agenda en risquant le burn out…

Sans aller jusqu’à ces extrêmes caricaturaux, on ne peut faire l’économie de cette réflexion lorsque l’on souhaite quitter cet état de Dépendance…

Le questionnement de l’auteur occupe les deux premières parties de l’ouvrage :

  • Comment se fait-il que nous associions le plus souvent la solitude à des mots négatifs alors qu’elle est indispensable à la réalisation du « connais-toi toi même «   socratique ?220px-Gnothi_Sauton_Reichert-Haus_in_Ludwigshafen dans Lectures utiles
  • Quelles sont les différentes formes de « solitude/souffrance »  ? Trois sont évoquées : la solitude du célibataire, la solitude du marginal ( malade, isolé géographiquement, socialement, sans emploi…) et la solitude affective ou solitude qualitative : se sentir seul bien qu’avec les autres…

Une conclusion s’impose : pour sortir de ce rapport douloureux à la solitude, il faut apprendre à en faire une expérience humaine et donc essentielle.

Nous voilà donc dans la troisième partie du livre qui propose dans les chapitres 8 à 16 une approche de cet enseignement avec des propositions d’exercices concrets.
L’auteur en effet propose une approche comportementale et sa bibliographie fait d’ailleurs aux ouvrages de Linehan fondamentaux dans cette approche. Cette auteure a principalement travaillé à mettre en place un protocole de soins pour les patients « limites » ou « borderlines »  et elle aborde notamment la question de la gestion des crises ; elle travaille auprès de patients suicidaires et a beaucoup réfléchi à la mise en place d’un protocole permettant d’apprendre au patient à sortir de ses schémas répétitifs destructeurs. Elle fait appel à des équipes pluridisciplinaires regroupant thérapeutes, coaches, psychiatres, éducateurs, services à la personne…

G. Macqueron lui aussi propose des conseils pour gérer les situations de crise dans un langage clair et en ne choisissant que quelques exemples mais en les décrivant efficacement.

Il s’agit donc d’apprendre à gérer ses émotions pour ne plus se mettre en danger ou saboter ses relations ou se plonger dans des grandes souffrances ou devenir incapable de gérer ses responsabilités sereinement…

Dans le cas de la DA, la solitude est le plus souvent fuie… certains en plein déni pourraient donc affirmer que la solitude n’est pas leur problème, qu’ils ont plein d’amis … mais à y regarder de plus près tout ceci cache fréquemment une intense solitude affective et un réseau social éphémère, changeant, une réelle difficulté à investir le durable et l’équilibré…

En réalité, la seule perspective de la solitude peut provoquer la panique.

Ce livre sera donc aidant pour enfin apprendre dans un premier temps à sortir des crises que ,malgré toutes ses précautions, le DA à l’ emploi du temps de ministre ne peut certains jours éviter  : face à cette abominable solitude ne serait-ce que lorsque la personne aimée lui fait faux bond ou n’a pas de temps pour lui… (le DA vit un vrai drame d’autant plus fort que l’autre l’accuse de dramatiser) puis dans un second temps à apprendre à construire des relations d’une plus grande qualité et enfin : ne plus se fuir et apprendre à aimer rester avec soi, seul(e) !

Ce livre peut donc nous servir de tremplin pour expérimenter la grande aventure de la conquête de soi, enfin oser en se sentant accompagné, la démarche comportementale étant fondamentale dans la guérison de la DA.

Le DA n’a donc pas à gérer une anxiété sociale à proprement parler (le livre aborde  cependant longuement cette problématique en cas de nécessité) mais par contre, il doit apprendre à  sortir des relations fondées sur le besoin ou le reparenting (désolée, j’adore ce mot et pour le dire plus clairement, de manière un peu expéditive, c’est quand on prend la personne aimée pour son soignant) , relations parfois uniquement fondées sur cette solitude fuie et la solitude affective est donc le lot commun du DA qui a beau vouloir nous faire croire qu’il n’a aucun problème à se faire des relations…

Les chapitres 8 et 9 intitulés respectivement Repérer les situations problèmes et Apprendre à s’organiser nous invitent à faire un bilan des situations dans lesquelles le sentiment de  solitude risque de déclencher une crise d’angoisse. Il propose ensuite de mettre en place une organisation de l’emploi du temps pour éviter de vivre ces moments de solitude problématiques.

Cependant, si l’avantage de ce livre est de proposer une démarche pratique pour échapper aux crises, il faudra ensuite petit à petit engager une démarche pour se familiariser avec la solitude et pour la dédramatiser. Le risque – bien mis en avant par l’auteur d’ailleurs- serait de se préparer un emploi du temps trop chargé et les DA connaissent cette fuite en avant et ce sentiment d’urgence.

Cependant, les exercices proposés sont utiles car l’auteur conscient de cette dérive possible a proposé des situations qui mettent déjà la personne au contact d’elle-même dans un cadre reposant tout en évitant un contact trop brutal avec la solitude ( aller au sauna, se faire masser, cueillir des fleurs, écouter de la musique sont des exercices qui permettent d’éviter une confrontation immédiate avec la solitude , l’exercice étant de plus limité en temps).

L’étape suivante consiste donc à apprendre à entrer en contact avec soi. Le chapitre 13 propose une démarche d’accession à la pleine conscience dérivée du concept de Mindfulness cher à l’approche bouddhiste et aux thérapeutes comme Linehan qui en fait un pilier de son traitement. Il s’agit d’apprendre à être complètement conscient du moment présent, à entrer en contact avec ses sens et ses sensations en laissant défiler ses pensées sans s’y arrêter. On aura reconnu une approche présente dans le yoga, la sophrologie, la méditation.   Tout ce qui permet d’améliorer l’ancrage dans le présent est utile.

Cependant, ce livre ne permettra pas d’en faire un apprentissage guidé, il faudra pour cela choisir une méthode qui nous convient et lire d’autres ouvrages sur le sujet. Les textes de Krishnamurti sur la solitude sont d’ailleurs une excellente entrée en matière !

L’ouvrage permet également d’aborder la création de relations durables et équilibrées (chapitre12) et de gérer ses débordements émotionnels (angoisse, panique) (chapitre 13).

Nous voilà au coeur de ce qui est si prégnant et difficile à changer chez le DA !

Surtout lorsque l’auteur nous demande de commencer par faire un bilan des qualités de nos relations… alors que nous sommes souvent conscients de la pauvreté relationnelle de la plupart de celles-ci mais que nous sommes effrayé(e)s à l’idée d’y mettre un terme même lorsque la personne a dépassé nos limites, a foulé nos valeurs aux pieds…

On peut toutefois commencer par apprendre à se familiariser avec les 5 étapes d’une relation et les franchir sereinement ou pas mais sans les brûler comme nous en sommes si coutumiers. Les voici :

  1. inconnu
  2. public
  3. personnel
  4. privé
  5. intime. (voir livre pour les détails pages 210/211) (voir pour la théorie : Altman et Taylor, 1973, théorie de la pénétration sociale)

Il faudra également garder à l’esprit les affirmations suivantes :

-Je poursuis la relation si elle est agréable uniquement.

- Je risque des demandes respectueuses en évitant la passivité plaintive.

- J’apprends à régler les conflits dans la mesure où leur coût reste gérable.

- Je fais le serment de m’éloigner des relations nocives.

L’autre devra donc cesser d’être cet objet consolateur, ce doudou consolateur contre lequel on se met parfois violemment en colère comme l’enfant contre son jouet.

Un chapitre est enfin consacré à la gestion des émotions et je vous renvoie ainsi à un autre article dans le prolongement de celui-ci qui s’intitulera « Baromètre et bibliographie de mes émotions »… (à venir)

Pour prolonger votre approche de ce sujet fondamental, je vous conseille :

 (la gestion des émotions dans plusieurs troubles suit une approche comportementale appropriée également dans le cadre de la DA):

  1. Retrouver son équilibre de Dominique Page,ISBN 978-2-7381-1833-2,
    octobre 2006, 150 x 195,
    224 pages. 
    http://www.odilejacob.fr/0207/2284/Borderline.html
  2. Les troubles bipolaires, chapitre 6 : la phase de thérapie comportementale et cognitive, Année : 03/2009 Nombre de pages : 244, ISBN 13 : 9782100519156, http://www.unitheque.com/medecine/Les_troubles_bipolaires-28720.html
  3. Manuel d’entraînement aux compétences pour traiter le trouble de la personnalité état limite, Editeur  Medecine & Hygiene (editions) ISBN : 2-88049-129-0 , Nb. de pages : 215 pages , octobre 2000http://www.decitre.fr/livres/Manuel-d-entrainement-aux-competences-pour-traiter-le-trouble-de-personnalite-etat-limite.aspx/9782880491291
  4. De l’amour et de la solitude, Jiddu Krishnamurti, Éditeur : LGF, Paris Collection : Le Livre de poche 30182 Spiritualités Description : 251 pages; (18 x 11 cm) EAN13 : 9782253109877 http://www.mollat.com/livres/jiddu-krishnamurti-amour-solitude-9782253109877.html.
  5. Une chanson magnifique qui énonce le paradoxe de la solitude : « je ne suis jamais seul avec ma solitude » de Moustaki http://www.dailymotion.com/video/x2rfse_moustaki-ma-solitude_music

Bonnes lectures et audition ! 

 

 




Vite mon « jeu favori » ou l’instructive rechute…

23082010

blog.jpgElle arrive toujours, quand on s’y attend le moins, la rechute… 

On se croit guéri, devenu suffisamment fort pour ne plus revivre les mêmes schémas, ne plus tomber dans les mêmes comportements nuisibles, puériles, risibles parfois mais qui furent longtemps nos seuls moyens de gérer la crise sans nous foutre en l’air car le DA a des fois tellement mal qu’il ne ressent pas l’envie de mourir, non, mais il a l’impression d’être foutu, mort, enterré et spectateur de son agonie, l’horreur absolue quoi, là, j’avoue, j’utilise l’humour pour ne pas vous effrayer mais soit vous avez compris, alors inutile de préciser la description, soit vous me prenez pour une cinglée ou une fille qui dramatise et vous faites certainement partie de l’entourage d’un DA, venu ici pour tenter de nous  comprendre,  en vain  et nous invectivant  une fois de plus de  : « arrêtez votre cinéma, votre  mélo, votre psychodrame… pas encore mort(e), c’est la centième fois que tu fais ta valise, tu devrais la laisser à côté de la porte, on gagnera du temps ?  »

Oui, ce jour fatal de la rechute est inéluctable.

Et ce jour-là, on se précipite immédiatement dans la malle aux souvenirs en s’écriant : 

« Vite, mon jeu favori !!!! »

Ainsi, nous avons eu l’habitude – inconsciente le plus souvent- de jouer un rôle pour attirer l’attention d’une personne de notre entourage, le DA ayant besoin de beaucoup de preuves d’amour, constamment, et se débrouillant souvent pour choisir comme compagnon une personne avare de démonstrations affective, tiens, tiens, pas de hasard, il s’agit de perpétuer notre mauvaise estime de nous, et d’entériner notre manière de fonctionner si bien ancrer : « je ne suis pas aimable, la preuve… »

Alors, la rechute, un jour de fatigue, un jour où la garde est baissée, où les nerfs sont à fleur de peau et ou une autre personne en tirerait la simple conclusion qu’il vaut mieux aller se coucher, ou rester chez soi ou se faire un ciné ou ou ou … pas nous, nous nous offrons pour pas un rond une séance grandeur nature de méli mélo…

  »Vite, mon jeu favori !!!!!!!!! »

Par exemple, notre DA (prenons une femme, pour flatter les statistiques )dépensière compulsive et paradoxalement, malgré des milliers d’euros de crédits,  elle assure un max du moins elle contrôle tout dans son foyer, elle est  accablée de responsabilités, la pauvre, elle a choisi comme compagnon un éternel adolescent, qui s’achète des foules de gadget mais n’a aucune épargne, roule en vélo et lui laisse le soin d’entretenir la voiture , n’ouvre pas ses relevés bancaires et n’a plus de sou le quinze du mois,  lui emprunte parfois de l’argent alors qu’elle a un découvert abyssal, bref, la fille qui est paradoxalement devenue dépensière compulsive parce qu’elle était hyperresponsable et vivait depuis sa naissance dans une famille irresponsable… payer pour les autres, les autres lui faisant payer, payer à la place des autres, payer pour que les autres l’acceptent, payer, payer, vous me le payerez …

Et donc son jeu favori à cette dépendante affective ( les comportements compulsifs étant souvent des moyens de gérer l’angoisse mais aussi de tresser des relations inextricables avec son entourage) qui se sent rejetée dans sa famille  et qui se considère aussi comme co-dépendante ( on est souvent aussi dépendant de ceux qui sont irresponsables car dépendants…) c’est « regarde comme je suis une fille beaucoup plus irresponsable que toi, j’ai plus d’argent, j’ai des dettes, ne m’en veut pas, aide-moi… ».
En jouant ce jeu, elle protège l’autre joueur, lui redore son image, prend toute la culpabilité, la responsabilité du désastre, se met dans la position du paratonnerre. 

Des variantes du même jeu : la fille super étouffante qu’il faut quitter, ou trop jalouse, ou trop pressante… face à un homme qui fuit, qui a peur de l’engagement, qui est instable et qui profitera de ce jeu pour quitter l’autre qui suppliera et obtiendra que l’homme reste mais à quel prix, et pour combien de temps, sans que lui n’ait à se remettre en cause… et on peut interchanger les sexes bien sûr…

Bref, pourquoi ce jeu favori de la part du DA ?

Je parie que vous avez deviné : parce qu’ainsi il a un bénéfice caché : il obtient enfin toute l’attention de son joueur préféré qui justement autrement a tendance à l’ignorer, oui, l’autre, l’aimé(e), l’adoré(e) devient enfin gentil et prévenant pour quelque temps et cela permet au DA de surmonter sa crise, d’avoir sa dose d’affection même si souvent il a honte de son comportement de quémandeur.

Voilà le jeu. et depuis qu’elle marcjhe sur le chemin de l’indépendance, en gérant ses problèmes et en lui laissant les siens, notre DA se retrouve avec un homme souvent méfiant, froid, inquiet, en colère, parfois même dépressif, ayant perdu ses repères, obligé de se remettre en question…

Que faire alors ?

Surtout ne pas abandonner ce chemin vers l’autonomie, vers la juste responsabilité, vers la dignité. 

Si le jeu recommence, être indulgent avec soi, se regarder faire, écouter ses émotions qui finalement en disent plus long que le reste : quelles émotions n’arrivaient pas à sortir ? les repérer et réfléchir, après la crise, calmement au moyen de les gérer sainement, en remplaçant le jeu malsain par une prise de risque saine : la demande (article à venir).
Se prendre en charge tendrement et quitter le jeu sur la pointe des pieds…

Sans dramatisation, sans culpabilisation.

Et, chaque fois, sentir que cela devient moins violent, moins long, moins fréquent, qu’il arrive même que le jeu n’ait pas lieu. Ce sont des sales moments à passer qui deviennent des apprentissages d’amour ! Oui car souvent le jeu est là à la place de l’intimité. Alors, sortir du jeu, gérer les émotions, c’est s’offrir un passeport pour l’intimité et cette lutte n’a aucun prix.

Ainsi, petit à petit, le jeu s’estompe, quitte la surface relationnelle, devient un habit trop grand, un costume que l’on garde dans son armoire comme un souvenir d’enfance bariolé…

On peut approcher l’autre sans en mourir à chaque fois et au début, simplement laisser l’autre à ses responsabilités sans lui refiler les miennes ou prendre les siennes.

Puis, avec du temps entre ces deux ex-joueurs, la solidarité pourra sans doute se nouer et ils parviendront ainsi à unir leurs forces dans la même direction en partageant le fardeau, en portant ensemble et de manière équilibrée leur relation.

Des jeux de collaboration pourront ainsi remplacer les jeux de pouvoir.

En attendant, bon courage et n’oubliez pas de rependre votre costume bariolé dans votre armoire à souvenirs, il pourrait encore servir…

 blog.jpg

 

 




Affirmations.1. Stopper ses relations improductives.

21082010
  • Ces affirmations sont à cultiver, nourrir, imprimer, et elles doivent faire partie des phrases qui nous accompagnent chaque jour.
  • Elles sont éventuellement à personnaliser et leur rôle est de pouvoir venir se substituer aux phrases intérieures nocives qui viennent nous parasiter lors des « crises » que nous vivons ; elles peuvent aider à surmonter un moment intense de solitude, d’angoisse en étant des repères positifs auxquels nous pouvons nous référer en attendant que la tempête s’arrête.
  • Elles peuvent également venir nous encourager lorsque nous mettons en place un nouveau comportement, lorsque nous faisons quelque chose qui nous fait peur car inconnu.
  • Enfin, il est intéressant de les écrire sur des supports que nous créons, d’en faire des oeuvres d’art (pourquoi pas les peindre, les transférer sur un tee-shirt, en faire un collage, les mettre en musique… ).

 

  1. Je développe ma joie en multipliant ses sources.
  2. J’accepte l’être qui m’accompagne tel qu’il est.
  3. Je vis ma vie pleinement en être responsable.
  4. Je laisse émerger mes sensations douloureuses, je les accueille et les respecte.
  5. Je cesse toute tentative de contrôle sur les êtres qui m’accompagnent.
  6. Je dirige mes efforts vers moi.
  7. J’abandonne le recours à des situations excitantes pour échapper à mes angoisses.
  8. Je ne laisse à personne le pouvoir de me ballotter affectivement.
  9. J’aborde calmement les vrais problèmes en parlant de moi et non de l’autre.
  10. Je cesse toute dramatisation .
  11. Je sors de la position débilitante de victime.
  12. Je considère une vie équilibrée comme une vie enrichissante.

 







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